ACTE II, SCENE VI
PHILAMINTE
0 cie' 1
BÉLISE
drammaire est prise à contre-sens par toi ; Et je t'ai dit déjà d'où vient ce mot '.
MARTINE
M"a foi !
Qu'il vienne de Chaillot, d'Auteuil ou de Pontoise, (^ela ne me fait rien.
Quelle âme villageoise I La grammaire, du verbe et du nominatif*, Comme de l'adjectif avec le substantif, Nous enseigne les lois.
MARTINE
J'ai, madame, à vous dire Que je ne connais point ces gens-là.
PHILAMINTE
Quel martyre I
BÉLISE
Ce sont les noms des mots ; et l'on doit regarder En quoi c'est qu'il les faut faire ensemble accorder.
MARTINE
Qu'ils s'accordent entre eux, ou se gourment^, qu'importe?
PHILAMINTE, à Bélise.
Eh, mon Dieu ! finissez un discours de la sorte.
(A Chrysale.) Vous ne voulez pas, vous, me la faire sortir ?
CHEYSALE.
(A part.) Si fait. A son caprice il me faut consentir. Va, ne l'irrite point ; retire-toi, Martine.
PHILAMINTE
Comment ! vous avez peur d'offenser la coquine ?
1. Oa se demande ce que pouvait bien être la science étymologique de Bélise, quand on songe aux échantillons que nous avons de celle de Ménage. C'était lui qui tirait le mot rat du latin mus: « On avait dû dire d'abord mus, puis muratus, puis ratu<, enûn rat. »
2. C'était ainsi qu'on nommait alors le sujet : « Quand un verbe a deux ncminatifs, doit-il toujours être mis au pluriel? » (D'Olivet.)
3. Le sens primitif de gourner est mettre la gourmette à un cheval De là donner des coups au visage, pui» donner des coups.
Vous lui parlez d'un ton tout à fait obligeantl
CnRYSALE.
{D'un ton ferme.) {D'im ton plus doux»)
Moi ? point. Allons, sortez. Va-t'en, ma pauvre enfant.