ACIE II, SCENE VII
Vaugelas n'apprend point à bien faire un potage ; Et Malherbe et Balzac, si savants en beaux mots, En cuisine, peut-êlre, auraient été des sots.
PUILAMINTE.
Que ce discours grossier terriblement assomme ? Et quelle indignité, pour ce qui s'appelle homme, D'être bu'isé sans cesse aux soins matériels \ Au lieu de se hausser vers les spirituels ! Le corps, cette guenille, est- il d'une importance, D'un prix à mériter seulement qu'on y pense ? El ne devons-nous pas laisser cela 2 bien loin ?
CHRYSALE
Oui, mon corps est moi-môme, et j'en veux prendre soin. Guenille, si l'on veut ; ma guenille m'est chère.
BÉLISZ.
Le corps avec l'esprit fait figure, mon frère : Mais, si vous en croyez tout le monde savant. L'esprit doit sur le corps prendre le pas-devant ^ ; Et notre plus grand soin, notre première instance, Doit être à le nourrir du suc de la science.
CHRYSALE
Ma foi, si vous songez à nourrir votre esprit, C'est de viande * bien creuse, à ce que chacun dit : Et vous n'avez nul soin, nulle sollicitude Pour..
PHILAMINTE
Ah ! sollicitude^ à mon oreille est rude : Il put étrangement son ancienneté ^
1. Cf. Perse. Sat. II. « 0 curvaee in terras animas et cœlestiura inanes. »