‹ Les femmes savantes; comédie en cinq actes. Ed. nouv., à l'usage des classesChapitre 70 sur 99 · ACTE IV, SCÈNE II. 7 S · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II. 7 S

PHILAMINTE

L'impertinent!

Souvent nous en étions aux prises :

Et vous ne croiriez point de combien de sottises...

CLITANDRE, à Armande .

Hé! doucement, de grâce. Un peu de charité, Madame, ou, tout au moins, un peu d'honnêteté Quel mal vous ai-je fait et quelle est mon offense. Pour armer contre moi toute votre éloquence ; Pour vouloir me détruire ^ et prendre tant de soin De me rendre odieux aux gens dont j'ai besoin ? Parlez, dites, d'où vient ce courroux effroyable ? Je veux bien que madame en soit juge équitable.

ARMANDE

Si j'avais le courroux dont on veut m'accuser. Je trouverais assez de quoi l'autoriser; Vous en seriez trop digne, et les premières flammes S'établissent des droits si sacrés sur les âmes. Qu'il faut perdre fortune et renoncer au jour Plutôt que de brûler des feux d'un autre amour*. Au changement de vœux nulle horreur ne s'égale : Et tout cœur infidèle est un monstre' en morale,

CLITANDRE

Appelez-vous, madame, une infidélité

Ce que m'a de votre âme ordonné la fierté ?

Je ne fais qu'obéir aux lois qu'elle m'impose;

Et si je vous offense elle seule en est cause.

Vos charmes ont d'abord possédé tout mon cœur:

11 a brûlé deux ans d'une constante ardeur :

11 n'est soins empressés, devoirs, respects, services,

Dont il ne vous ait fait d'amoureux sacrifices.

Tous mes feux, tous mes soins ne peuvent rien sur vous,

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