ACTE V, SCENE III
Les livres cadrent mal avec le mariage,
Et je veux, si jamais on engage ma loi,
Un mari qui n'ait point d'autre livre que moi.
Qui ne sache A ni B ', n'en déplaise à madame,
Et ne soit, en un mot, docteur que pour sa femme.
PHILAMINTE, à Chrysale.
Est-ce fait? Et sans trouble ai-je assez écouté Votre- digne interprète ?
CHRYSALE
Elle a dit vérité I
PHILAMINTE
Et moi pour trancher court toute cette dispute, 11 faut qu'absolument mon désir s'exécute.
(Montrant Trissotin.) Henriette et monsieur seront joints de ce pas. Je l'ai dit, je le veux ; ne me répliquez pas, Et si votre parole à Clitandre est donnée. Offrez-lui le parti d'épouser son aînée.
CHRYSALE
Voilà dans cette affaire un accommodement.
(A Henriette et à Clitandre.) Voyez; y donnez-vous votre consentement?
HENRIETTE
Hél mon pèrel...
CLITANDE, à Chrysale.
Hé! monsieur!...
BÉLISE
On pourrait bien lui faire Des propositions qui pourraient mieux lui plaire : Mais nous établissons une espèce d'amour Qui doit être épuré comme l'astre du jour. La substance qui pense y peut être reçue, Mais nous en bannissons la substance étendue',
1. La même forme de proverbe se retrouve en latin : « Hoc discunt omn«s ant« alpha et bêla puellœ. » (Juvénal.) <i. On s'aperçoit que Bélise a lu Descartes.