‹ Les femmes savantes; comédie en cinq actes. Ed. nouv., à l'usage des classesChapitre 94 sur 99 · ACTE V, SCÈNE IV. lOi · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IV. lOi

Que pour les criminels.

ARISTE

Il a tort en effet :

Et vous vous êtes là justement récriée. Il devrait avoir mis que vous êtes priée, Par arrêt de la cour, de payer au plus tôt Quarante mille écus, et les dépens qu'il faut*.

PHILAMINTE

Voyons l'autre.

CHRYSALE

« Monsieur, l'amitié qui me lie à monsieur votre frère me fait prendre intérêt à tout ce qui vous touche. Je sais que vous avez mis votre bien entre les mains d'Argante et de Danion, et je vou^ donne avis qu'en même jour ils ont fait tous deux banqueroute. »

Oh ciel ! tout à la fois perdre ainsi tout mon bien !

PHILAMINTE, à Chrysale.

Ah I quel honteux transport ! Fi ! tout cela n'est riea. Il n'est pour le vrai sage aucun revers funeste; Et, perdant toute chose, à soi-même il se reste. Achevons notre affaire, et quittez votre ennui'.

{Montrant Trissotin.) Son bien nous peut suffire et pour nous et pour lui.

TRISSOTIN

Non, madame, cessez de presser celte afTaire.

Je vois qu'à cet hymen tout le monde est contraire ;

Et mon dessein n'est point de contraindre les gens.

PHILAMINTE

Cette réflexion vous vient en peu de temps;

Elle suit de bien près, monsieur, notre disgrâce '.

TRISSOTIN

De tant de résistance à la fin je me lasse,

J'aime mieux renoncer à tout cet embarras,

Et ne veux point d'un cœur qui ne se donne pas ♦.

i. Cette raillerie d'Ariste paraîtrait déplacée, si le malheur qu'il annonce était un malheur réel.

2. Les tragiques du seizième et du dix-septième siècle ont constamment employé ee mot arec le sens de vive afflictiun, qu'il a ici (Etym. : in odto.)

Les chréliens... — Parle donc: les chrétiens... — Je ne puis. — Tu prépares mon ame à d'étranges oimiis.

(Corneille, Pohjeucte.)

3. Disgrâce, malheur: « J'ai le cœur au-dessus des plus lières disgrdcet. ■

CORNBltLE, Cid.)

4. La seconde partie du rôle de Trissotin ne vise plus l'auteur du sonnet & la princesse Uraoie ; Cotin était un honnêle homme, comme Boileau l'a déclaré,

ICa LES FEMMES SAVANTES.

PHILAMINTE

Je VOIS, je vois de vous, non pas pour voire gloire, Ce que jusques ici j'ai refusé de croire.

Vous pouvez voir de moi tout ce que vous voudrez, Et je regarde peu comment vous le prendrez ; Mais je ne suis point homme à souffrir l'infamie Des refus offensants qu'il faut qu'ici j'essuie. Je vaux bien que de moi l'on fasse plus de cas : Et je baise les mains à qui ne me veut pas '.

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