UT
sort^ car toute cetteincertitùde me tue. . .
Si elle ne m'aime pas^ je la quitte^ je fuis, je vais... Où irai^ si elle ne m'aime pas? que ferai-je sans sou amour et loin d'elle?... Adieu, Paul. En parcourant la dernière page de cette lettre, où je me leurre encore de quelque espérance d'amour , ne répéteras-tu pas ce que je t'ai entendu dire si souvent : « Aimer une femme c'est être doublement fou ; d'abord parce qu'on l'aime ; et ensuite parce qu'on se flatte d^en être aimé. »
Ma prochaine lettre t'apprendra si je suis assez malheureux pour n'être plus déraisonnable que sur le premier point.
LElTt RE XVII.
^Pii PMW0 im tii#ttt#*
Jeudi 6oir^ madame de Montalte et son cher fils nous avaient débarrassés de leur personne pour en aller réjouir quelque lourd propriétaire du voisinage. Mon onçleseulnous tenait compagnie au salon .
Je dé^niê et rodoiitMiriiiàtiBait où ^u^ toç il quitterait U ohaial^re« . * Un téte^ tête ay^ Marie ffî^avaittoiqourscaaêéUae frayeur extrême^ Cepetidaat^ et comme je te Tai écrite je voulais luidir^ mon attibur et lui demander ^elle le partage* v .
Marie li^it l^Itettres à Smilie d^D^ mduràer (DràEK>u^lier H ) i mo'a oncle aifflait en tambourinant 8ur les vitres , et ukiÀf là tète penchée sur les cl^nets^ j'attisais le £eu pour me donner une contenance»..
Tout à coup mon onde quittç la fenêtre^ rçîgarde sa fille et moi, puis écla^ tantd-unrire crud : « Vous avez Fair de deux trapistes qui font péniteBÎGe ou de deux amoureux qui se bpudeat^nousdit-r il^eiitre cousins on doit être plus gais que cela^Qu6 diable avez- vousl'un et Fautre? ^
Marie laissa tomber son livre. . • Moi , je ne ssÔB ce que je fis... Mon embarras
était au comUe. Me» Ifetirréncoiïte^èpeiit les yeux de Marie /irjui détourna la tête avec un empressement où je ne vis rien qu'un efifroi mêlé de surprise
u JX ftiut rire, mes en&ns, continua mon oncle. La gaieté c'est la sieinté^ comme dit la chanson. Allons/ ma fille, chantenious quelque bonne drôlerie potïr nous distraire... ))
Elle se leva pour aller à son piano; moi, poussé par mon trouble, je me levai pour sortu\ ]>ans ce moment un domestique parut et dit à môù ônclë que se» maçons (il feit rdever une partie du mûr de son parc— Cçst ainsi qu^il nomme deux arpens <d[e verger > enclos de pierres sèches) avaient fini leur journée et souhaitaieint de lui parler. Il nous quitta bien vite, en recommandante sa fille de chanter, malgré son absence.
J'hésitai quelques minutes entre mon
Bniour et ma honte ^ Le premier l'emporta. Je restai dans le s.alon, et même je me sentis.assez de* courage pour m'approcher d'elle...
Cependant^ assise devant son piano grand ouvert, elle feuilletait ses cahiers (le musique, sans s'arrêter à aucun.
Je me tenais debout et silencieux derrière sa chaise. A la fin, 'lasse de feuilleter sans doute, elle abandonne ses cahiers de musique pour laisser courir ses doigts sur les touches du pianOi . .
« Marie, li|i dis-je... chère Marie... »
Insensé ! Je voulais lui £edre l'aVeu de mon amour; et cet aveu je le lui jetais de manière à ce qu'elle ne l'entendît pa^i. . .
son nom se perdait dans le bruit de l'instrument. . . Mais ce bruit de musique me donnait de la hardiesse.
Je murmurais encore : « Marie, chère Marie. . . » quand , cessant de jouer , elle
se leva en toute hâte , et se dit à haute voix, sans avoir l'air de s'être aperçue que j'étais ià : « Où est donc mon père?.. Ah!
mon Dieu, j'entends une voiture..* Cest peut-^tre madame de Montalte qui revient du château de P** !»
Madame de Montalte ! C'est Armand qu'elle voulait dire, mais elle n'osa... O Paul, XHeu te garde de la jalousie !
Elle courut à la porte du salon ; madame de M<mtalte et son fils entraient. A la vue de ce dernier , un feu terrible mt traversa k poitrine; je m'ëlançai comme un furieux, et^ en passant près de lui, je Te heurtai avec violence. Hti'y prit pas garde, tant il était aise de revoir Mark , que n^dame de Montalte embrassait déjà avec toute la tendresse d'u&e mère. . «
Que te dirai-je de plus ? Marie sait que je l'aime. Tout en moi lui a révélé Une passion que vainement je voudrais taire^ .
«Ik n'ignore rien de mes tonfirances^ M tu vois avec quelle froideur ellç me mute, et de qud air em^fM'eâsë die court au^ie^ i^nt^ Vautre!
je ne sais quand, mais un jour^ un jour oii rexcès du malheur m'aura rendu toute mon ënergie, je lui dirai : « M'aimezvoira? »et 8iellemerépond:<tC'estunautre qu^f aime, » ce jour-là, Paul, tu pourtts croire à mon repos. J'aurai cessé de vivre.
Mais elle est encore bien jeune, i^'estil pas vrai ? ne peut-elle pas se méprendre sur ses véritables sentimens pour ce fils de madame de Montalte? et par la smte ne peut-^le pas me rendre, à moi, un peu de cet amour dont je lui fais vta si entier abandoli ?
D^ j^aicesséde la reprendre aussi fné<quemment que je disais. C'est à peine ai je lui reproche ses études futiles, son ci^ ractèriB frivole; à peine si je nie permets
de lui dire:((Marie^ vous avez tort.» Sans l'approuver quand elle fait mal, je ne la blâme plus que par mon silence; Pourquoi ne me saurait -elle pas gré un jour des sacrifices que jem'impoae? Pourquoi enfin ne me jugèrait-elle pas plus digne qu'un écolier, d'être le compagnon de. sa vie? Je suis un bomme^ moi, et la femme que j'aurai , on l'bonorera parce que je la rendrai bonorable.
IMais, bêlas! ce nesont pas des bpmmes, desn^aris qu'il faut aux femmes, ce sont desaman&I.. ,
Irài-jd^ parfumé de louange , la fadeur sur les lèvres et le bouquet à la inain , lui soupirer dès chainsons amoureuses? Iraije lui dire, d'un ton galant, que sa chevelure est. belle, que ses yeux sont doux, que rien n'égale la blancbeur de sa peau? Mais, pour elle et pour moi, je rougirais d'un pareil r^ç, et la jeune
^S5 fille assez sotte pour n'aimer en moi que le flatteur de son visage^ je la^ mépriserais trop pour lui donner mon cœur avec ma main.
Non, dussé-je en mourir dé douleur, Marie ne sera jamais ma femme, si pour l'obtenir , il fout que je sois le complaisant passionne de ses vices et l'adulateur stupide de sa beauté.
Mais, je te le répète, la nature lui a donné une raison saine et forte , que l'éducation seitle a tournée au mal. Avec des soins , du temps, il ne serait pas impossible... Malheureux! ne lui reste-t-il pas toujours son cœur qiie rien n'émeut, son cœur dur et froid comme marbre !
Paul, je t'en conjure, ehseigne-inoi comment je pourrais vaincre cette détestable passion; tu m'auras donné une seconde vie; et, comme Dieu, je te bénirai !
LETTRE XVIU.
S**, ♦•' jaufier.
Bonne^ très-bcmoe et très-jupidiUgftiite ))xme^ cojiuxie je mejetterpisà ton cpu, «'il n'ptait pa« à cent lieues 4^ moil.,, allons, tu le. veux, et je me tais. Bf^is au moins, par pitié, par soulagement pour
mon corar , daigne remplir de toute la trigtesse imaginable, de tous les cria de repentir possibles, ces quatre lignes que je laisse en blanc. . ; . . ,
Cela dit, je reprends mes habitudes rieuses , les seules où je me sente à Uàiae.
Je pleuré fort mal. Ne lé trouves-tu pas?
Enfin, tu l'avoues donc? tçn dber Henri est Joio d'être un homme amiable! c'est heureux vraiment que tu en conviennes ! Mais puisque tu me Tarbandonnes, ne cf ains rien , je vais te l'aocommoder de h bontie feçon. Eooi|tô*
D'abord, je n'ai jamais v^ d'homme plus d^orientë , plus hors du sens oqoh mùn; il bat la campagne, diancelle sinr ses jaimbes ivres et cherche vainement oùrepo$er sa paqvrertéte, qûiextravagnte.
que c'est un miracle. A la place de ta nièce^ je serais fort embarrassée de mon cœur> si quelqu'un daignait raffoler de moi avec cette frénésie-là. Quand la philosophie s'avise de se mêler d'amour, elle est plus folle que personne. Représente-toi la sagesse avec les yeux hagards, les lèvres pâles, je ne dirai pas les cheveux hérissés, car la sagesse de ton Henri a des cheveux noirs qui boudent fort joliment; mais enfin représente-toi la philosophie deSocrate ou de quelque autre, se. frappant le front, poussant des soupirs énormes, se promenant. à grandie pas 9 se démenant, criant, pestant, pleurant, et tu auras une fidèle image de ton neveu le philosophe par amour. Si. ta dernière lettre ne m'avait éoinplétement éclairée sur son caractère (ear, auparavant, et malgré tout ce que je m'étais vantée de savoir , je n'étais pas encore
^29 bien sûre de mon feit)^ je t'avoue que ma perspicacité^ d'ailleurs si fragile , eut feilli de nouveau en cette occasion. Je n'aurais pas compris le plus petit mot à sa manière d'aimer. Il lutte comme un beau diable pour ne pas se laisser aller à son penchant.*^ mais son penchant l'entraîne; et, comme il ne peut résister , sa mine est impayable de fureur comique : elle est toute rebroussée.
S'il ne se corrige de la. philosophie, son amour combattu pourra bien faire peuîf à ta niëce, trop naïve pour lui savoir gré d'une passion qu'il rend maussade et brusque par excès d'amour-propre. Ah çà, que veut-il, et quelles idées sont les siennes? quoi ! aimer lui parait chose trop basse pour la dignité de son sexe ! Ah > mon Dieu! voyez donc ce fier homme ! mais c'est la première fois que j'entends dire de pareilles impertinences»
estril fou^ ton cher neveu? et si laméme fentaiMe prenait aux femmes ? Si, comme dix, nous allions nous mettre en tète que l'amour est chose trop basse pour la digmfeé de notre sexe!... Le monde en verrait de belles!
Sérieufemeoat ton neveu s'est fourré ces diimères dans le cerveau?... c'est impossiUe. Mais, ma chère Sophie, cet homme4à vient de la Chine ou des antipodes. Il n'est ni de notre pays ni de notre siècle. Je le raionce pour ton neveu. Et tu dis que ce sont là les mœurs . d'tme grande partie des jeunes gens de répôque ? je leur en fais mon sincère compliment. Us sont fort aimables, tes jeunes gens de l'épo(Jue. Vous pouvez bien les garder à Paris; je n'irai pas les y chercher. Quelle sottise ! âh! ils prétendent que nous ne valons pas la peine d'être aiméeà! c'est honnête. Et que nous
^31 reprôchent-il» donc, s'il vouspl&tt?...
notre jolie figure ?
De bonae foi, l'idée m'en ferait rire aux larmes, si ta nièce ne s'était chargée de nous venger de cet affiront en la personne de M, Henri. Elle lui fera payer cher Son audaicë. Il l'aime éperdument. . .
et^.. y^ né crois pas qu'elle l'aime du tout,... comme amoureux, s'entend.
Non qu'il ne soit spirituel et même beau. Mais il est d'un sérieux à faire mourir d'ennui quatre fois par jour; avec cela>légèremient insolent dans ses propos. Hier, peu s'en fedlut qu'il ne me dit quelque grossière injure, parce que je soutenais qu'un homme dmt sat*voir danser. — Eh ! madame, s'est-^il écrié tout en colère , le siècle grave oit nous vivons ne peut descendre à de pa-* reilles futilités^ bonnes tout au plus pour des femmes! Que penseriez-vous d'un
députe qui danèe avec grâce? -r- Qu'il doit parler de même , lui ai-je répondu; et parce qu'un député danserait comme il parle, le gouvernement n'en marcherait pas plus mal , à ce qu'il me semble.
Si tu avais vu le regard furibond qu'il m'a kncé, tu m'aurais crue foudroyée;point. — Je riais comme une folle.
Franchement, ce bourru doit s'estimer heureux de t'appartenir ; je le forais damner comme un païen qu'il est en amour. Mais je le ménage et je l'aime à cause de toi, moins cependant que je n'aime sa jolie cousine. Le caractère de celleK^i est charmant. C'est la bonté même. Obéi^ante à son père , affectueuse envers nous, généreuse pour son cousin dont elle excuse les emportemens inexplicables pour elle, Marie a toutes les qualités du cœur. Je l'ai plusieurs
foU întorrogée avec adresse sur ses sentimens pour Henri, et jamais je n'en ai pu tirer que cette rëponse : « Mon cousin est un homme, moi je ne suis qu'un enfant; il ne m'est pas plus permis de juger ses idées que son caractère. Au près de lui que sui»-je? il connaît le monde ; moi, toute jeune j'ai perdu ma mère, et je ne sais rien de la société ni de ses usages. Mon éducation se borne à peu de choses. Lui, au contraire, c'est un homme savant sur tout. Quand il parle , je l'écoute, je l'admire même. Je suis fière d'avoir un cousin si instruit. Je donnerais tout au monde pour qu'il fut mon frère : il me reprendrait, et ne me gronderait pas; car s'il me gronde, cela me fait de la peine et je pleure... mais en cachette ; je sais qu'il n'aime pias à voir pleurer les femmes. Cep^^dant, quoiqu'il me dise, je ne lui en veux pas.
Sim» dpute c*eët par intérêt poar moi, qu'il aie faitd^ remctntrances; iev^mdirais seutendent qu'il meW^t avec moin^ de colère : sa colère peut feire croire à d'autres qvi'U n'est pf s bon. »
Pauvre petite ! quelle naïveté ! mais surtout quel bon sens et ^uel bon cœur!
Aujoord-hijii encore... Mats c'est aujourd^bui le premier de l'an , ma dière Sophie! je t^embrasse un million de fois pour ee jomvlà et pour tous les jours inutiles que j'ai passés sans te voir. . .
Je reviens à Henri. Dès la veille au soir y je lui avais demandé, en plaisantant, s^il s'humaniserait jusqu'à me sou-
(i) Nous ayons retranché de cette lettre , déjii fort longue , tous les complimens nécessités par la circonstance du premier de Vhu. {Notedfi ff Éditeur.)
hftiter la bcmne année. -— Usage ridicule!
a-^il murmuré tout in».
J'ai insi^. U m'a tourné le dot.
Cç niattn> il descend pour déjeuner à 9 heures. Noud étions tous réunis :
M. Barcey^ sa fille, mon Armand et moi^ ies deuK joues entei» rongea de mes étreiines. Un peu plus , ton ou^ bUeux mais galant beau-^frère y laissait ses lèvres.
Hfttf i mtre , et nef parle pais pHus de jour de l'an que si l'année n'avait jamaia eu ni commencement ni fin ^ Mais méÀ^ autunt pour le foire endiidbkr que pi^ur ne pas laisser périr les bonnes traditi^MpitS^ je hii fais ufte belle révérem^ c^'iJl à bien soin de ne pas me rend^ (je t'aasure qu'il me déteste) , et, sans lùî don- Mr le temps de se reiEXinns^tre^ jcJ lia jette «mon compliment de bMitie année au visage. Le voilà bknaot. Il bidbutie,
recule, «e tourne ver8 la porte, et est prêt à fuir y quand je cours à lui et que^ pour comble d'^nbarras, M. Darcey lui tend 9^ deux grosses joues de la façon la plus naturelle qui se puisse voir. Le péril était inévitable ; alors il s'avance courageusement, embrasse son oncle, et rien déplus. Tout est dit. Marie, j'imagine, attendait son tour qui ne vint paa; et moi, qui n'attendais rien, je reçus un coup d'œil farouche que j'interprétai par an ; « Vous me le paierez, madame. »
Je suis bonne débitrice; je lui rendrai tout ce qu'il voudra; aussi, ne me regar^ dant pas comme battue, je kti plantai entre les doigts un gros bouquet de fieurs nouvellement écloses dans la serre de M. Darcey ; après quoi je poussai mon homme à Marie. •
' — Allons, monsieur, lui dis-je, of-
irez donc on bouquet à votre cousine !
c'est le moins que vous puisiez ferire.
Marie le regardait^ affligée de sou impolitesse. Les beaux yeux^ presque en pleurs , de cette douce en£ant Fattirèr rent à la fin 5 il fit quelques pas vers eUe, qui se mit aussitôt en posture de recevoir un baiser avec son bouquet d'étrennes...
Il ne lui donna que le bouquet. N0U9 eûmes beau faire et beau dire, rien ne prévalut contre sa ténacité. M. Darcey trouva la chose fort drôle, moi je. la trouvai fort extraordinaire; mon fils fort impertinente.
Mon fils, embrassa ta nièce pour la venger ; sorte de réparation qui excita au dernier point la bonne. humeur de M. Darcey. Je n'ai dis pas autant de ton neveu. Quanta Marie, je t'avouerai > .entre nous, qu'elle ne parut pas fâchée de
rëchaoge. Armand ne lui déplsât pas ab-
solumeût. ie croia m'en èyre a|)erçtte;
mais ce aurait folie de penser à ce ma*
riage. Ik sont trop jeunes l'un pour
l!autre.
Adieu ^ chère amie; mon fils et ûioite remercions àe nous avoir fait connaître tes bons piarens de S'^'^'^. Nous sommes ici comme chez nous ^nous y vivons sans gène; et, chose rare, nos hôte» ne nous importunent pas même de politesses, ce qui, d'habitude, est le mauvais c^ des mœiirs hospitalières de nos provinces* Mon fils chasse ou pèche ; je me promène ou j'écris, sans que personne ait Pair de s'en apercevoir. NotKSSort««», <^est biten; nous reatroaa , ce n'est ni nfteax ni pire, c'est égaleinent bien. Tout ce que* bous faisons est vu du même o^l amiicd^ Le voisinage est peuplé de bons^ campai gnards , à qui d^à pous avoua £aii visite.
Tout ce inonde nous a reçufi à bra* ouverts; enfin nous passons à. S*** ua hiver charmant et aussi gai iju'on pourrait le passer dans une grande ville ^ Paris excepté, parce que tu Thabites.
Ne va pas t'imaginer que je ^ dise là une flatterie pour obtenir plus aisément mon pardon d'un gros péché que jç me suis mis (avec tant d'autres) sur laco*H science; péché dont f ai long-temps hésité à te faire Taveu, et que^cependant il faut te confesser, puisque aussi bien c'est toi, la première, qui me Tas fait commettre et connaître. Non^ M. Darcey n'est pas un philosophe systématique, non, il a'est poipt et ne fut jamais un homme profond ou malbeurepx. Oui, tu as raison contre moi; oUi, je suis une sotte. — Eh bien , es-tu satisfaite mi^ntenant ? ai-je assez reconnu mes torts? et votre orgueil , madame , sç peut-il con-
tenter de l'humiliation où descend mon ainour- propre de génie observateur, comme il vous plaisait de nommer mon peu d'esprit j avant que vous n'eussiez fait cette sublime découveirte, « que je n'obserte jamais mieux que lorsque je n'observe pas du tout. »
Mais, en dépit de toi, en dépit de moimême qui veux bien avouer mon erreur pour ce qui concerne M. Darcey ^ je continuerai d'observer à ma vieille manière , persuadée: que le seul moyen de voir les choses, c'est de les regarder. Je ne me rappelle plus qui a dit cette bêtise avant moi. Mais je ne connais pas de bêtise moins bête, et je m'bbstine à la prendre pour règle de conduite. Tu m'as envoyée ici pourvoir : je regarderai.
Ton neveu aime, et il n'est pas aimé; je l'ai vu.
Ma tâche serait accomplie si l'amour
Ui
de ce pauvre garçon était arrivé au dernier terme de sa fièvre ; mais il. n'est pus encore au bout. Il £aut voir comment tout ceci finira. Pour ma part, j'ai hâte de feuilleter ce roman jusqu'à ta, dernière page 3 elfe sera des plus pathétiques, le vois Marie enlevée; l!insouciant M.Darcey frappé d'apoplexie foudroyante ; Henri traqué par des gendarmes ; un tribunal; mon fils et moi appelés comme témoins ; Marie déclarant à la face de Dieu et des hommes que. . . Alors un inconnu se précipite aux pieds des juges : un cri s'échappe de la foule ; l'inconnu se lève ; on a reconnu. . . qui ?. . . — Qui ? le ne le sais pas plus que toi , mais j'attends. Ce sera magnifique.
En attendant , Marie ne se doute de rien. Son esprit est aussi tranquille que son cœur. Charmante fille! heureux l'homme qu'elle aimera! Vraiment je
commence à plaindre Henri. Mais atissi <te qtiej df Dît se pelrtnét-iï d^avoîr iiné àî iitiperl^ente opinion de sôii séite et une 91 mauvaise opinion du n^tre? Sa couainene Faime pai; c^éstbieû foit: Adîteu.