LETTRE XXIV
îOj^ mahumjf Siafhu C^imhm à l^txtxu
Paris , 5 janvier.
Vous paraisses^ faire bien peu de cas de mon amitié, Henri.; S'il vous est indifférent de m'affliger, dites-le-moi^ ce sera dti moin^ une occasion pour votre tante de lire une de vos lettres. . . Ingrat !
en quoi donc ai-je mérité votre silence ?
me croyez-vous suffisamment rassurée sur tout ce qui vous touche, parce que votre ennuyeux ami le mélancolique s&r^ venu, de votre part, m'apprendre. que vous vous portez bien et que vous m'aimez toujours ? pensez-vous qu'après cela il ne me resté plus rien à désirer et qu'à vous il ne vous reste plus rien à faire? Mais si vous vous portez bien, et si vous m^aîmez toujours, Henri, c'est de VQus à moi , et sans intermédiaire , que ces bonnes choses devraient être dites. Il n'est pas une heureuse nouveUe qui , en passant par la bouche de votre lamentable ami , ne prenne aussitôt je ne sais qnelle physionomie fun^re.
Quand il entre , M je ne nife tâtais bien de la tète aux pieds, rien qu'à le voir, }e me croirais morte. Il semble porter sur sa longue figure le dfetiil du gwire
17T faum^în. Délitrez^moi <fe ce hAtàme împosl^ir^ au nom du ciel! H d}te»^ moi vous^mém6 ce que vous votiiez que je sadie. Surtout .ne me diasimuksc nen...€drai^ez^voU8 de m'ouyrir Totre coeur? mnis y Henri y quoique dit ans d'âge nous séparent à peine ^ vous . le savez, je suis pour vous une mère;.. ^ soyez donc confiant et juste ! descendez des hauteurs de la philosophie pour ai^ mer ceux qui vous aiment. Ce que vous faites n'est pas bien. La plus jeune des sœurs de votre mère devrait êiti'e la confidentç de. torutes vos joies , de toutes vos peines. Ai-j© jamais eu rien de caché pour vous? ne vow ai^je pas regai^ toujours Bftoins comme mon neveu. que comme mon ami ? Pourquoi ne me reo*' dez'^^^s pas confiance pour confiance?
parce que nous avons eu souvent de pe»
tîtes querelles sur la puissance respec** I. ^2
tive de notre sexe , faut-il , «i vow. aviez quelquejFois tort sur un point, que vous m'en teniez une éternelle rancune? Te- TLeZyfaroucheHippolytey avouez franchement votre défaite. Vous avez rencontré à. S*** certaine personne qui vous a fait changer d'avis sur les femmes. Vous nous reconnaissez enfin quelques qualités. Vous excusez sans peine nos petites faiblesses. Vous nous trouvez belles , bonnes,, aimantes. Il ne vous paraît plus indigne d'un hoiiime de vous enflamma à de beaux yeux. Notre frivolité vous enchante. Notre coquetterie seule peut-être vous désespère encore; mais, convenez-en , vous nous aimez ainsi, et, toutes folles que nous sommes , vous ne nous changeriez pas contre les sept sages de la Grèce. . . Henri , si j'ai deviné juste, ne m'en veuillez pas, et si je me suis trompée, pardonnez-moi! je suis
nnefaiUe Jèmme y qui reconnaît £ran-' ckementâeft t0it3 et cfcii vt)u3;aime msi^ gré les vètre». V .
Mon mari vous embrasse. Je ne puis nûeax faire que de suivre son exemple.
Tous les matins, monsieur Henri, on passe dans votre bibliothèque et l'on en époussète sôi-mème les livres, qui, sans cela, jauniraient à vued'œil. Les femmes sont encore bonnes à quelque chose. . .
Je vous charge, et, au besoin , je vous ordonne^ en ma qualité de tante, de baiser *pour moi ma jolie nièce sur les deux joues. . . Adieu, monsieur; me bonder<pz-vous encore? Vous né m'avez pas même écrit pour le jour de l'an , et nous voici au 5 janvier ! C'est bien mal. Votre cousine a été plus honnête et plus aimable qu^ vous ; elle n'a point oubUé sa
pauvre tante... Henri!... Marie!... O mes enbnB, Diem veuille que tout le bonheur gue je vous souhaite s'accomplisse!