LETTRE PREMIÈRE
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Paris, ce jo octobre 483*.
Très-certainement, je n'entends rien à la philosophie, mon cher neVeu ; j'y suis d'mie ignorante parfaite, et cependant convenez qu^ilmefautune certaine force d'âme pour supporter tout à la I. i
fois et votre absence et votre oubli , cette absence du cœur qui est encore plus cruelle que l'autre. Revenez, où écrivez-moi, car il s'agit de choisir. Je veux vous ou vos lettres. Ingrat! comment vous est-il possible de m'oublier à ce point? Non, Henri , vous n'êtes pas juste. Vos parens d'Auvergne^ tout excellentes gens qu'ils sont, devraiecit^ls Femporter dans votre affection sur une tante qui vous a presque servi de; mère? Que faites-vous donc làbas qui vous occupe si fort que vous sembliez ne plus vous ressouvenir de rien!
Savez- vous qu'il y a bientôt trois mois que vous êtes parti ? le sa vez-vous ? Mais vous ^jfpz toif^ oublié , naçme yps intérêts les plus cfeef s !.., E$t-ce du fond. de VM^ vergne que vous espérçss obtenip.à V^vjs ^tte plaçj^ de pr^^ffisgeur de philoso^îe où ten^ieat toutes vos «sp^ramjes ^t ks
miennes; plaee opie voua n'aiures pas , saytOB^enr ràr:^ pour peu que voas vous ofafiikmîfzàdemeurerphulcmg^inpe chez mon beau-£rèpe« Â cpim 9oagei>^Vou8 ?
Sout cda n'a pas l'ombre de raison ^ et pots rester six semaines sans m'ëcrire { et encore qaellea lettres ! des lambeaux de phrase, des détails dont je n'ai que &ice, quelques mots sur la neige y d'autres motssur le brouillard qui coiffeéter-* nellement les montagnes ! Vous m'apprenez là de belles choses ! Croyez-vous que moi, en Auvergne, et vous à Paris , je ne trouverais en mon pauvre cœur de £^iime^ que des montagnes et des brouillards avoués dire? Npn^ monsieur^ jeyous entrçâendraisde moi, de ce que je pense, de ce que je fais. ,. Parlez-moi comme je vous parlerais, Henri , ou bien dites que V40U8 ne m'aimez [dus^: je saurai , une fois pour toiiites, à quoi m'en tenir : je me rë*
signeraià vous aimer toute ^ùle.. . Adieu^ monsieur^ je ne sais vraimeat pas pourquoi je me mêle^aicOTe d'être votre tante.
Je devrais vous abandonner à vos parens d'Auvergne, puisqu'ils remplacent sibien en vous tout le reste de votre famille.
Mais non, vous avez beau faire , je n'abdiqué aucun de mes droits sur votre personne ^ et, je vous le déclare , j'attends votre réponse poste pour poste.
Vous n'êtes pas malade , j'espère ? il ne me manquerait plus que ce chagrin.
Adieu, rassurez-moi bien vite.
Mon mari est furieux comme moi de votre silence. Il vous embrasse avec co^ 1ère. ^o\y faible femme j j'y mets un peu plusdedouceuretje vousembrasseavec. . .
j'aurais bien envie de ne vous embrasser avec rien du tout; mais, quand vous êtes seul coupable, pourquoi me punirais-je?
Mille amitiés tendres à mon beau-frère et à Marie.
Mais vite^ vite ^ une beUe ^ bonne et longue lettre , entendez-vous ! on ne se joue pas ainsi de l'inquiétude des gens qui nous aiment.