LETTRE XXX
Pari*, ce 17 janvier.
J'ai 1 honnir de prévenir madame dç Montalte que ma position n'est plus ténable. Privé d'argent et privé de mon fils, c'est plus de malheurs que je n'çn peux endurer. Madame de Montalte doit
le comprendre. Il y a six mois que je la laisse tranquille , et cette contrainte me pèse. Si je consens à vivre loin d'elle, au moins qu'elle ne me prive pas des caresses de mon en£mt. Madame de Montalte n'ignore pas les sacrifices affireux que je m'impose depuis- quinze ans dans l'intérêt de ce qu'elle nonime son repos, son honneur, sa réputation et de ce qu'elle veut bien nommer encore l'avenir de mon fils. Il me semble qu'un père a certains droits que nul ne peut méconnaître. Plus éclairée sur ses véritables intérêts, madame de.Montalte, j'espère, me renverra tout de suite mon Armand. Je répugnerais à employer contre elle les moyens judiciaires. Cependant si ellemê refuse, il faudra bien en venir là. Il est trop pénible pour un père de n'avoir pas son fils près de lui.
Je n'ai qu'un morceau de pain, mais
Armand doit le ]partager avec l'auteur infortune de ses jours. . .
Je salue madame de Montalte^ et j 'embrasse mon cher fils.
J'attends de vous^ madame y une lettre prompte et précise.
P. S. Mon adresse est : rueBleue^ n" >l, M. le comte St. "Félix.
Affranchissez votre lettre , s'il vous plaît.