SAS
au bout de deux ans , aux prises avec la misère , je sus encore venir à votre aide et ne pas vous laisser mourir de faim... Mais y croyez-le y vous n'avez pas reçu un denier de moi qui fût pris sur les besoins de mon fils ; c'étaient mes privations et non les siennes qui secouraient votre juste malheur. Vous vous en doutiez peut-être y mais moi je ne vous en parlais pas; et si itiaintenant j'élève la voix , si je vous dis ce que j'ai fait pendant toute ma vie^ et si je vous reproche, à vous, ce que vous avez fait pendant toute la vôtre , c'est que votre lettre m'a poussée aux dernières violences... • Me reprendre mon fils! mais oubliezvous qu'il m'appartient par vingt ans de douleurs ! oùbliez-rvous que j'ai un cceur, du sang , des bras , et que je suis mère? Non, monsieur^ vous ne fere? ja-
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maïs cela. Vou« n'êtes pas assez ijruel pour me ravir ce que j'ai acheté par tant de souffrances T D'ailleurs , suis-je donc une esclave, et la société, les lois dont t'ous me faites un épouvantai!, ne me protégeraient-elles pas contre vos injustkes? Vous donneraient-elles, à vous, qui n'êtes son père que par hasard , ce qu'elles me refuseraient à moi , qui suis sa mère par amour, par dévouement, par sacrifice de toutes les heures ! Je ne vous l'abandonnemis pas quand toutes les lois humaines et divines me crieraient qu'il faut vous le rendre. Mais personne n'aurait cet horrible courage d'arracher un en^nt à sa mère. Je dirais aux juges tout ce que j'ai souffert, tout ce que je souffre encore, et ils meie laisseraient, mon pauvre enfant; je leur dirais que cette année je quitte ma ville natale , où il m'est impossible de vivre sans que tout