‹ Les femmes vengées, Volume 1Chapitre 25 sur 39 · AI · texte numérisé non relu

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le monde remarque les privations nou-velles qu'il va me falloir endurer, aujourd'hui que l'instruction de mon fils ^ devenu graiiid , absprbera tous mes reye* nu^;>je leur dirais que^ mon dessein, est de m'aller ^nse>ip^elir dans une grande ville oii*nul neme cofinàit, etoii jepeuae ne manger rien de huit jours, sans eveitr ter ni les soupçons ïii la sotte maUgûitë de personne; je leur. dirais qu'à l'heure qix je parle je pa^se mon hiver dans une affreuse campagne y au, milieu des nei^ ges ; que je consens à nie rendre importuné à des étranges ; que je m'efforce d'^yer mes hôtes pour payer l'asile et le pain qu'ils nous donnent; et qu'en- &n je me condamt\e à recevoir ime hospitalité blessante , dans là seule vue d'économiser pour l'instruction de mon fils^ dont je veux.feiire un avocat > un défenseur des malheureux^ua

hbnnète homme enfiB^ car Fliabttude de protéger le iiialbear doitrondre lei^cBor ho^; €% quand j'aur^ dit tout cela è dtes juges y vous croyez i|U'iU auraient le c&fav ^ me séparer de mon fils ! '

Mais vous- le sa vea; bien y et auési en dbuse2-^ydus. d'une faç(m:crueHê|bi jenq TOUS laisserai pas le plus* ^etit pnkext^ de i^ire un ^dat ^ de: xsous 'di^bônorei; ea m'appflanji^ devant les tribàn;s»«x k j^ vous envoie ^e l'argent , car, c'^est» Bt* sâM doute ce^quei vous demanda. ^(|b vous envoie cinquante écus;- et afin qoe:iT)oiud ^'en âgnori^ et que mes sacrifices me fassent trouver digne de votre silence , je vous pif é viens que cette sommes rjetranchée de mes revenus , me met dans là dure nécessité de rie pas quitter^ de six s^fltiaines a,u moin3. , )a n^isqi^ pii jç suis ; et cependant des circonstances impérieuses nie faisaient une loi d'en sor-

tir. Vous dire ma position^ vou» ne là comprendriez pa8. Mon départ était fixé au 25^ dans deux jours ^ et quoique /par une lettre que je reçois à l'instant , Ja personne intéressée à mon départ me supplie de restisr (i )^ je ne vous dissimule pas que je m'en serais allée. Mais on me presse de ne point quitter FÂuvergne^ et j'ai l'air de céder à des instances de pure politesse. La vérité ^ c'est que je cède au besoin de réparer, en ne dépensant rien, les cinquante écus que vous arrachez si cruellement à mes craintes de femme et de mère. . . Ah ! monsieur, Dieu vous par- Ci) Il est quéstioDi sans dolite ici de bi réponse de madame Cambon à la lettre où madame de Montake lui annonçait sa résolution de quitter S*** sous huit ou dix jours; cette réponse , qui n'a pas été retrou- Tée , est peu regrettable, puisque ce passage de mar dame de Montalte nous. fait ccmnaitre dans quel tena madame Cambon lui a^ait écrit.

HT donne ! . . car^ ^ lae fprcaat à reJMer ici , \om me feites maqquer à touit.ce qu'il y a de plus «aintaur la terre : à mes devoirs envers une amie... Puisse votre cœur en être ému çt vous inspirer la bonne penséç de me laisser pleurer le présent , sans vouloir y ajouter jamais les terreurs de Tavenir !

Me reprendre mon fils ! mais vous ne pouvez avoir dit cela sérieusement !

Qu'en feriez-vous? quelle éducation, quels principes sauriez-vous lui donner ?

quel exemple lui mettriez-vous sous les yeux ? le malheureux en&nt ! Allez , monsieur^ toute femme que je suis ^ je Fai élevé comme il convient à son sexe :

il est tort , intelligent et noble de cœur.

Je l'ai instruit à ne jamais prononcer le nom de Dieu et Je ses parens qu'avec respect ; je lui ai appris à pleurer sur les maux de ses semblables ; j'ai façonné son

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ame à l'aim>ur dôlavértu , «on coirps à la rigueut àeé jgâison^/soii esprit à la culture des luttes : cîTOyez-moî, f en ferai un homme; et ^ s'il ne suit qfue nies conseils , je lé reiidrai digne d'un sort meilleur que celui de sa malheureuse naère, .

LETTJaS XXXIU.

Pçiris*, ce 6 fé^rrier.

J'ai mis dans la balan(3e ton intérêt tfal)Ord, ensuite mon dëgoùt à te conseiller en une conjoncture aussi ridiculetùétit lïifeërai^ qtfe celle où je te vois : j'ai trouvé ton intérêt plus fort que ma

répugnance : mon dégoût flottait léger

dans le plateau.

Voici donc ce qu(e j^ai à te dire :

Deux portes , dont Tune est sûre et l'autre douteuse, se présciitent pour sortir de l'amour : la première , c'est le suicide (la porte sûre); la seconde, la fuite.

Maintenant , si la vie me paraissait valoir la peine que Fon prend pour se FAter, je te dir'ais : entre chez un armurier, achète un bon pistolet , de la poudre, des halles ; monte en voiture , cours au bois de Boulogne, choisis un endroit écarté (ou grimpe sur une haute montagne , puisque tu habites F Auvergne), enfin donne-toi .mille soucis et inille tracas pour ta délivrer d<^ toua soucis et de tous ti:aqas , et pour.t'ai^achcr upe eiisr tence aussi însignifiwite à consec-verqu'à perdre...

Je te dirais encore de prendre la porte du suicide^ sÀ vivre et mourir n'ëtaient pà8 mèu^e chose... mais à quoi bon échanger k nuit pour les ténèbres,. le vide pour le néant? Et à quoi sert de niourjr lorsque vivre doit importer si peu?

Donc, tout bien pesé, c^est la fuite que je te conseille.

L'absence te rendra ta raison 3 séparé de ta maîtresse, tu redeviendras maitre de toi; tu te retrouveras fort et entier; tu apprécieras à sa juste valeur cette passion stupide que Ton nomme amour , et de laquelle on peut justement dire en parodiant ce vers connu :

De prés c'est quelque diose, et de loin ce n'est rieo.

Va le plus loin que tu pourras. Adieu.

Pauvre ami ! quand je nous considère

l'un et l'autre, toi me demandant un

peiuèdeià*i'amopr et moi te V tadrquaiit , je, ne puis m'empècher 'de Itansts^ k« épaules. /Quelle pitié que* Fhomme î qqelte pitié que la^sagesse! quelle pitié què^toi et moi!

' Dam notre abjection, Dieu seul poui^ rait nous élever au-dessus de nos prdpres misses, ^i; désillusîoiinés quen^us sommes , il nous était pei*mi$'enfcore dfe opoife-à son existetice y nous eiifems déses^rés d'un sièGle iApîe , qui b6ùs à toîut ôté, même lès consola tiOEte dç Fef* reur! ' .

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