LETTRE XLV
9€ wuû^um€ Siùfhu <l^umh0n k iiuib«nt^ h»
Paris, 29 mars.
Je n'avais plus qu'une seule espérance , et ta lettre me l'ôtê sah§ pitié !
Il vous a donc été impossible de suivre ses traces plus loin que Montauban ! que sera-t-il devenu? et combien il doit souf-
frir seul et enfermésombrement ddns sa douleur ! pauvre Henri ! Mais dis-moi , est-tu certaine que les iuforijiations aiertt été bien prises ? D n'y a pas qu'une diligence dans une ville , il y en a deux , trois et quatre souvent j écris de nouveau , je t'en conjure 5 il ne peut pas toujours être en route ; il £aut bien qu'il s^bunie quelque part. . . Mais j'y songe ! . . et s'il était testé à Montauban ! cda n'est pas plus . invraisemblable qu'autre chose.
Comment l'idée ne t'en est-elle pas ve^ nue à toi-même ? Il est vrai que Mon^ tauban n'a riead'assez remarquable pour que Henri se soit arrêté là plutôt qu'ailleurs?... à moins que la fatigue de la route, le mauvais état de sa santé ^ le chagrin... quie sais-je? Puisque son nom, à partir de Montauban, n'est inscrit sur aucun registre des diligences , pourquoi douter qu^il habite cette ville? Écris au
maire , aux autorités quelles qu'elles «oient ^ écris à tout le monde, ma bonne Thérèse. . . Il s'agit de son bonheur; car tti comprends bien tout ce qu'a de cruel sa position présenté et tout ce que nous mettrions de j oie dans ce pauvre cœur malade , en lui disant : (c Marie t'aime !» Lé vois-tu prendrela poste et accourir en Auvergne, le visage rayonnant d'allégresse et les bras tendus vers Marie , vers Marie , dont il est aimé! . .Thérèse, je t'ensupplie, vite de nouvelles informations. Je t'assure que les premières ont été mal prises; car tous ces gens^là n'ont aucun intérêt à trouver Henri. Que leur importe un étranger qui passe tristement dans leur ville? lui deniandent-ils la cause de sa tristesse? et si, par hasard , une femme lui en fait la question , cette femme peutelle l'aimer assez déjà pour lui dire:
« Maintenant que je sais votre amour,
apprenez-moi votre nom, afin que je le murmure à Dieu , le soir , dans mes prières...»
C'estun étranger,. Tbérèsç, pense à cela. En quelque lieu qu'il soit , personne ne peut s'intéresser à lui comme toi et moi pourrions le faire : moi parce que je SUIS la sœur de sa mère, et toi parce que tu eslameilleureamiede salante. Adieu.
Aime-moi aussi fort ^u'il te plaira; je te défie de m' aimer jamais plus fort que je ne t'embrasse.
Souviens-toi que Henri n'est pas malheureux tout seul et que j'attends. Un de ses amis, sur lequel je comptais pour avoir de ses nouvelles (puisqu'ils étaient en correspondance suivie), vient de quitter Paris sans m'informer du lieu où il va. Il semble que tout s'oppose à ce que Henri sache qu'il est aimé. Aussi, pourquoi ne m'écrit-î! pas! '
LETTRIS XL VI.
S**, 40 aTril.
Je me wis rappeléf ort à propoéj qu'un mien parent est employé dans les ccintri-' butions indirectes àMontauban.En conséquence j'ai dépêché une belle lettre au cher cousin, qui m'a répondu: qu'après avoir cherché dans tous les hôtels.
ôam tou$ h$ êahn&p dans toutes les chambres^ dans toutes les rues de la ville^ il n'a rien découvert quixes^mble, en quoi. que ce soî^ à la personne de Henri. LeBbprean^dediligences^lescon* ducteurs de carriole ^ les postillons de patacbes, tout cela a été yw, interrogé , fouillé) et le résultat de cette nouvelle inquisition c'est que ton neveu e#t partout^ excepté à Montauban. J'en «uU affligée pour toi , nw chère Sophie , maif il &ut bien cependant que tu t'en coim)les, Puisque Henri ne daigiœ écrire ni à |;oi ni à son onçle> il estJt supposer que sa dpuleur , égale à sa passion, Vk^t pa3 touilrà-fait aussi grande que tir te l'imagines. Autrement il s'inquiéterait , il VjOttdrait sjiyoir , il dei^apderait à toi des fôrmes, à sou oncle ou è moi d^ détails sur la jeune fill^ doiU il a pu ae séparer avec tant de rudesse...
5iÔ
Je t'ai déjà dit que sa conduite et celle de Marie ne sont que tënèbi^es pour liioil intelligence; plus je veux expliquer leurs feçôns d'aïgir , soit avant la rupture /^oît depuis là rupture, plus ntm idées s'embrotiillent, plus F^plicatiôn que je cherche s'éloigne et me fuit. Lé temps ^ je Fespèrè, m'apportera les lumières qui me iritoquënt. Le temps, Sophie, je te l'ai déjà recommandé conîme tiri dieu; je te le recomiriande maintenant comme un fanal. Lui îseul peut jeter quelque jour sur un amour que toi et moi n'avons vu peut^tre qu'à travers l'ombre épaisse de nos préventions. . :
Avant peu je t'en dirai des nouvelles* Jusque-là contente-toi dé savoir que ta nièce est dJnne gaieté qui donnet^ait à toutes les femmes l'envie d'être abandotmées par leurs amans.,.
LETTRE XLVH.
9t . mahume S^ùflxu ^amhtht k mtûbamt he
[ans, ce
^3 avril.
Tu es insupportable. Tes lettres sont des énigmes. Avec toi on ne sait jandais s'ils faut rire ou plctirer; espérer ou craindre. Tu ne t'inquiètes •pas plu» des émotions que tu fais naître, que si l'on
était de marbre. L'essentiel pour toi, c'est de paraître savoir ; et comme tu te retranches prudemment derrière un style de prophète, tu crois toujours pouvoir en sortir k tod honneni^, lorsque l'on te prie de parler clairement et que, suivant ta coutume , tu ne sais plus un mot des grands mystères que tu disais si bien connaître... Voyons, qu'y artr-ijL encore! et qu'as^tu vu de. ai étrange? après toiiCce <|ue tu m'as écrit toi-même , après la maladie si longue et si funeste de Marie; après la fuite précipitée de mon neveu, Marie n'aimeraitelle pas, ou bien serait-ce Henri que tu soupçonnerais d'indifférence pour sa ooosine?
Aiiraia4u dëcouvOTt e&fin Iftcaufte qui a pcodmt leur vttpt«ire , et .cette cause U aermtrelle uae pirenvie certaine d^ froî*?
deùr de lut envers elle, on d'elle e»vw$
lui?... Au nom du ciel, explique-toi donc, car toutes tes lenteurs mystérieuses me font mourir !
n est bien imDi^'dpQi)9l)le à toi de me faire des demi-confidences, quand tu sais qu'entre mes incertitudes et ta confidence, entière, il s'écoulera six grands, jours, six jours d^un cruel malaise.
iO
'...il .