LETTRE XLIX
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Toulouse, ce 1 6 aTiil.
Emporté par un amour sans firein, abattu de fatigue, perdu de raison, indifférent pour mes amis, cruel envers moi, criminel envers tous, je fuyais de-' mandant à ^étranger l'oubli de tout ce I. 23
que j'avais connu, de tout ce que j'avais aimé. Pardonnez-moi : j'étais malheureux. . . à présent je le suis un peu moins.
Un hasard, que je remercie, m'a feit rencontrer dans cette ville l'homme que j'aime le plus après vous, Paul Duhamel. Sa présence m'a feit un peu de bien. J'ai compris , en l'embrassant, que l'amitié peut être une consolation aux douleurs les plus funestes. O ma bonne et chère tante , vous' ne saurez jamais tout ce que j'ai soufiEert, tout ce que je souffre encore 1 car je vous le dis à vous , parce que vous m'aimez; mais, au nom de tout ce qui vous est cher, ne le dites pas à d^ autres...
Tous mes efforts, pour arracher de moi un amour détesté, n'ont fait que l'enraciner plus profondément... je le sens croître et grandir de jour en jour , d'heure en heure... près d'elle, j'aimais
et je «ottffrais moins... j'ai eu tort de la ftiir . . * — f ri eutortl . . mldanè le croyez pas , ma tailte ï ce qoe j'ai fidt, j'di du le Mvty e^1[^ta[' eut é(é de ma part non «€i9lemeiit£ôlie> mais criaie* Cette femme est indigne de mon aâioiir.4# Yornanè pouvez comprendre t^ut ce c|u'ii y a. de fausseté, de coijttelterte > d^nopudeiit dans Famé de cette jeune fitte^/^ hvéc une voix 6i douùe > uh visage si heavt^ dea yeiix si pleins de.bontéy qaà. Croirait <]u'elle foulait aux pieds la dëpeiiee^ et que Famoor dies {dalisira ârivoles ëga^it ^sjt dAela pérfi(ëe de sa feinlie sagesse!;.. Trop longKtempa ]'ëî été sa dupe^ trop loAg<*4;eiErpsi^ aveuglé par une passion fk^ Uif^y j'ai pu croire que, par amour pot^r mtoi^ elle se déciderait à corriger les vi^ ces de cette édinoation où la plmpéâ^t d«s femmes; . . Mais pardon. . v j'ouidie 4 (fui je parle, et qnoiqile bien souvent vous
soyez conyenue avectïioi qu'il reste beaucoup à &ire dans Téducation lâchement dégradée de votre sexe, je dois me souvenir que vous ayez pris maintes fois, ccmtre mes raisonnemens , le parti des hommes , de ces hommes qui , pour vous dominer plus aisément, vous ont amollies par des travaux serviles ou des plaisirs infâmes! . . Non, pas une de vous ne se doute de toute la haine implacable qu'elle devrait porter aux hommes... Pauvre Marieî quand j'y songe ! ce n'est pas elle qui^est coupable, elle qui certainement, avec une éducation plus noblement dirigée, eût appris à mépriser ce qu'elle estimé , à estimer ce qu'elle dédaigne ! et moi, qui la fuis et la repoussé, moi, j'eusse trouvé son «prit ouvert à mes leçons, comme son cœur à mon amour!..
Au lieu de cela, il faut que je pleuré et sur elle et sur moi ! ^ ma tante, pour-
S61 quoi œ'avez-voHS enyoyé en Auvergne?
je passais des jours si tranquilles près de vous! comme je le^ regrette ces jours de vives querelles^ mais^ de chaude amitié, où tous deux , seuls , a^sis sur votre sopba, nous nous emponions, moi de la tète, et vous du cœur! ces bonnes dis-putes , où vous aviez quelquefois tant de raison à force de sentiment, je me lès rappelle maintenant plus que jamais; et plus que jamais je souhaite de les voir renaître... Tenez, quand Paul m'a dit :
« Ta tante est inquiète , elle m'a écrit pour savoir ce que tu étais devenu ; elle est impatiente de toi, ton silence la désole,» alors, je ne vous le cache pas, mon premier mouvement a été de courir à Paris , de nie jeter à votre cou , de vous demander pardon pour tous me& torts envers votre bonne et franche amitié... mais une réflexion pénible m'a;
reti^u*.. Marie est TOtre nièoe/ et dai)6 les traits de votre figure / dans le ^oi^ même d« votre voix , il y a cartains rappbvU eatn vous et une femiaoïe que je ne dâia pas aimer ^ et qu'il faut que j'ou^ filtë..«Ypus me reverrez guéri^ ou vous aë me reverrez plus. Adiea^ md bonne et a^otueusf amie^ pendeâr quelquefoijK