‹ Les femmes vengées, Volume 1Chapitre 6 sur 39 · LETTRE IX · texte numérisé non relu

LETTRE IX

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Paris, ce k» iH>venibi^.

Tu le veux, j'y consens. Oiji, ma lettre t'est parvenue tout juste au moilient où tu t^ disposais à quitter Cusset} la campagne te plaît beaucoup en hiver; tu aimes avec passion les brouillards et I. 5

la neige d'Auvergne; tu n'es pas femme à te dévouer pour moi; si tu m'obliges, c'est le hasard qu'il feut que j'en remercie; tu montais en diligence sans savoir où la diligeflcè dèVâit tt conduire...

Alors est venue ma lettre et tu as dit au postillon : « Prenez la route deS***,» et le postillon a pris la route de S***. Qu'estce que cela te feisait ?

IHmstémel intotettsel vmikrir m'étér tout le plaisir de ta tlMOûnaissance I saistu bien que c'est de l'ëgoïsmé cela, et que rëgoftiwe &t lin vice?

Mais ne te fôche pas ; ma reconnaissance ne te poursuivra pas long-temps malgré toi , et déjà même je suis ingrate :

tous mes remercîmens sont faits : je n'ai plus rien ^ t'offrir qu^une grande quérelléi Oh! raâ pauvî^e antie , comme ta iTi^àrrangeis M. Da^i^ey î la belle besogne que tu me (ais là 1 si tu iH^âccom-

moâtsê tout mon tnènde de eette façon, jéêiiiê perdoeî Là natnrê t'a douée d'un certain eBprh d'observation , j'en conviens avec orgueil , mais cet esprit d'ôb* servation, depuis que je teTai fait découvrir en toi , tu ne le possèdes plus cju'à peiné; ...en fédaîtant , jefài égarée. Tu apporta h }ug^t une attention réfléchie qtii ntnt h tes jnge^^ens. Pardonne-moi»

bonne Thérèse, mais c'est que réellement tu trouvais bien plus vil^ la vérité^ loriH que tn ne la cberdiais pa». . . Oublie , s'il t'est possible, le don qui te tient de nature; ne transforme pas ton beuremt in^nct en un grave métier, ou bien , à forée de regnrder profondément^ tas yeui verront trouble, et îl t'arrivem en toutejS ehoaés ce quit'arrr^ podr wmm innocent beaur^irère, homme starédncxàti^eomme sana ei^it^ee dont tu fais, toi, la moitié d'un grand pUlmo^

phe à grand système, cachant je ne sais quels terribles malheurs sous une gaieté factice. Rien n'est plus feux , je t'assure.

- Daï*cey est un brave hoinme naturellement gai, chez qui le rire a précédé l'intelligence. Il rit d'instinct , et , se sentant heureux comme cela (mais non à cause de cela, comme toi et lui vous vous le. figurez à tort), il provoque tout le monde au tire , persuadé, par ce qu'il croit éixé sa propre expérience , que le bonheur est dans la grosse joie où il s'a* bandonne. . .

' Tiens-toi poui^ bien avertie, et surtout n'abuse pas de ton talent observateur pour juger, avec cette profondeur dérai- ACHinable, les deux jeunes gens qui m- intéressent. Nous en serions dupes l'une ^ l'autre, et la vérité qu'il m'importe de MToir , s^«a irait en naensongès.

6& Tu me demande» quinze jours, ua mois ; je ne m'y oppose pas; mais, au moins ^ que tes observations tombent juste. En attendant, ne. pourrais-tu, ^ Henri montre réellement quelque goût pour sa cousine , exciter celle-ci à lui rendre un peu d'amour? Je t'ai déjà dit les raisons qui me font vivement désirer ce mariage. Mon vœu le plus cher, c'est qu'ils s'épousent, pourvu cependant que Marie soit femme à foire le bonheur dé son cousin. Le caractère de cette enfont promettait d'être bon : Fest-il ? Henri Taime-t-il sérieusement, et chez lui neserait-ce pas la tête plutôt que le cœur qui aurait pris feii ? Réponds à toutes ces questions , pardonne à mes inquiétu^ des y. excuse les torts de ton aînée qui se permet de te dire que tu es pétrie d'es* .

prit d'observation , quand tu n'observes pas y et écris-moi le plus souvent possl-

TO

lil^ de ce» bonaee et ioni^uee lettres où ton 3tyk enjouë, vif^ «^uitîUaiit, me rappelle $i bien 1^ vivacité de tes gestes et U mokHké àe ta ]çl\e figure.

. Mille amitiés à Darcey. J'einbrasi9 M^rie. Je baude très ^ sérieuseineat M. Henri , dont je ne reçois plus de nw velles que par son ^nnuyeu; ami le mé^^ lancolique. A propos , te doutes-tu de ce que c'est qu'un mélancolique de %A ans?

— Pas le moins du monde ^ je gage.

Pauvre ignorante ! on yoit bie» que tu es de province et que tu en seras toute ta vie ! Au reste y personne y ipojns que mpi, nç peut t'en savoir miauvids gré* Conti^ pue d^être provinciale, va, ma boin^qe Thérèse, c'est ce que tu as de wiieu$ à Éaire. On rit de bon ccéur dans vos provinces; mais h Paris on ne voit que des figures tristes et maussade, y compris la mienne, excepté cependant les jours

7f trop rares où Ton m'apporte une lettre de toi. Pèse cela. Ma gaieté dépend de h prestesse de ta plume. TailIe-la en conséquence et donne-lui des allés.

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