LETTRE XII
9jr nuihnmg S^cifhu Cumh0n k ma!b»mf^ ht
Paris» i6 décembre.
Je ne suis pas contente de toi. Ta lettre du ioy que je reçois à Tinstant, me chagrine à cause de la petite humeur mocjueuse où tu te laisses aller en parlant de Henri. Si tu ne l'aimes pas ^ est-
veune raison pour te rire de SQpmoniie?
n y a du persiflage dans ta ihanière de raconter là scène du jardin. Et puis, si tu Teux que je te le dise, tu le juges avec Une prév^ition injuste et nfauyaisç. L'idée foUe que tu té £ais qu'on nepeut pas Taimer influe sur l'opinion que tu portes sur lui comme sur sa cousine, en ce qui se rittadbetaux événement sectefs dn Ksœur. Si tu te le réprésentes tout d'afoord insensible et haïssal)le, comment pourras-tu^ jamais/ soit qu'on l'aime t)u qu'il aime , découvrir au juste la vérité?
Ton esprit prévenu rob^curcira malglDé Févidmioe. Henri a seè «défauts: scbs doute; qui. n'a pas les siena.? lipAisil ne faut pas non plus le faire, pis (|u'il n'^$ , et lui refuser tout droit à l'amour d'une femme. Ne serait-il ni jeusaem beau, qu'il plairait encore à tiertaines. persooines assea raisonnabks pour [M^fierer auK
avantages physiques uneintelligence vive et forte. Ma seule crainte , c'est que Marie ne soit pas de' ces personnes-là , et que Henri ^ à son tour, après Favx)ir aiinëe. pour «Ton joli visage, ne cesse de r^âmer, en baii^ie de son caractère. Mon Bien, Thérèse, «ffbrcé-toi donc de les rendre aimans l'un pour l'autre. Ce mariage me comblerait de bonheur. A la manière dont tu racontes la petite aventure dû jardin , il m'est impossible de rien assurer; mais «cependant je suis toute disposée à croire que Marie n'a pas cessé de plaire à son cousin, et que Tinnocente Marie elle-même pourrait bien avoir le cœur endommagé, . . Assurément la prévention t'aveugle. -Que n'étais-je à ta fenêtre, que neles ai-je: entendus et vus à ta place, je saurais^ tout maintenant!
N'importe , certain passage de ta lettre en dit plus que toi sur l'amour de Marie.
Dans le baiser qu'elle t'a donné comiiie preuve de la révérence qu'elle t'eût faite si elle t'eût remarquée, je croîs voir une petite ruse de jeune fS\e tremblante qui enveloppe bien vite son mensonge dans une embrassade. .. Dieu veuille que tu n'entendes rien h ton métier et que la pauvre petite soit une menteuse !
Veille^ mais sans regarder ni d'un œil prévenu, ni d'un oeil trop attentif. Trop d'attention éblouit la vue. Je te le répète, laisse-toi aller à ta bonne nature, oublie le rôle que tu joues et enfin ne te mêle d'être sorcière que pour deviner, si tu peux, à quel point je te serai reconnaissante si tu contribues à ce qu'Henri s'éprenne assez de sa cousine pour en vouloir faire jsa femme. Adieu, pauvre amie, adieu, serfe-moi bien fort dans tes bras, j'ai besoin d'être aimée. . .
Digitizeti byVjOOQlC