COMMENT ADMINISTRER LES FERMENTS LACTIQUES
— La médication lactique doit être raisonnée, elle à pour but de réaliser l’ensemencement de l'intestin; elle devra le faire en ménageant la réaction gastrique. Avec les formes sèches, cette réaction est respectée, surtout si Le ferment est ingéré une demi-heure avant les repas, alors que l'estomac est vide. De cette façon il aura déjà quitté l'estomac au moment des repas. Leven et Barret ont montré que l’eau sucrée ne séjourne pas plus de vingt minutes dans un estomac vide.
Par contre absorbé immédiatement avant, au cours ou à la fin du repas le ferment lactique restera dans l’estomac toute la durée de la diges-
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tion et risquera de modifier la réaction gastrique en produisant sur place de l'acide lactique aux dépens du sucre des aliments. Considérations bien mises en lumière par le docteur Boucard.
FERMENTS LACTIQUES ET RÉGIME. — On à voulu faire du régime végétarien un satellite de la médication lactique. Cette médication ne comporte à vrai dire aucun régime spécial.
Le ferment lactique s’accommode très bien des albuminoïdes animales, il en exige même pour se bien développer. Le lait qui est un des milieux les plus favorables pour lui ne contient-il pas la caséine en proportions considérables ? D'autre part n'est-il pas nécessaire de peptoner les bouillons pour obtenir de bonnes cultures lactiques ?
Le traitement par le ferment lactique ne nécessitera donc pas la suppression absolue de la viande. On aura sans doute bénéfice chez les intoxiqués à réduire les proportions du régime carné et même à supprimer la viande, les œufs, le lait tout au moins dans les cas aigus et pendant quelques semaines. Mais il faudra se garder dans la plupart des cas de prolonger indéfiniment le régime strictement végétarien qui après avoir donné une amélioration notable amène souvent un état de dénutrition avancé qui aggrave la situation du malade. Nous n'Ignorons pas qu'il est des sujets qui s'accommodent merveilleusement du régime végétarien, mais c’est là une exception et le clinicien doit tenir compte des habitudes individuelles et ancestrales qui ont adapté nos glandes digestives au régime mixte et
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ont donné à notre organisme des exigences dont il est nécessaire de tenir compte.
Nous conclurons done avec le D° Boucard « quant au régime disons seulement qu'il n’est pas nécessaire qu'il soit strictement végétarien comme on à voulu le prétendre. On s’inspirera avant tout de l’état pathologique du malade pour l'instituer et on évitera de tomber dans un absolutisme dont la clinique ne saurait s’accommoder. Il sera néanmoins utile de conseiller dans une mesure raisonnable l’ingestion de matières sucrées et de féculents qui sont les aliments du ferment !».