‹ Les ferments métalliques et leur emploi en thérapeutiqueChapitre 17 sur 69 · V. — Les effets des diastased org^ailiques sur la nutrition · texte numérisé non relu

V. — Les effets des diastased org^ailiques sur la nutrition

Comparop;^ piainte^ant les modifications subies parles échanges respiratoires avec celles qui portent sur les échanges généraux.

Il semblerait, étant donnée la diminution ^e tous les modes du chimisme respiratoire, cju'une évolution parallèle dût se produire dans les échanges généraux. Nous venons de voir qu'il n'en est rien, puisqu'on regard d'une diminution de l'oxygène total consommé variant de 5,79 à 15,29 p. 100, l'azote total de l'urine augmente de 13,28 p. 100, l'urée de 14,99 p. 100 et les matières ternaires de 101,07 p. 100. Et notons ce fait important que l'azote total et son coefficient d'utilisation s'élèvent alors que l'oxygèrne consommé par les tissus diminue de 49,20 p. 100 dans un de* nos cas et que, dans l'autre, une portion de l'oxygène destiné à former de l'acide carbonique, c'est-à-dire à brûler les ternaires, a dû être emprunté à l'organisme lui-même.

Ce fait enchaîne deux conséquences.

La première, c'est que, comme l'a parfaitement établi Armand .Gautier (1), la majeure partie des tissus est non pas directement oxydante, mais oxydoréductrice et que la cellule animale, comme la végétale, peut' par elle-même et en dehors de toute excitation apportée par l'oxygène, fonctionner comme une cellule bactérienne anaérobie. Ces phénomènes de réduction se passent à l'intérieur même de la cellule, q\ ce n'est qu'ultérieurement que les produits encore oxydables, dérivés des albuminoïdes des protoplasmas, tels que le glycogène et les graisses,.

(1) Armand Gautier, Leçons de chimie biologique normale et pathologique, 2« édition, p. 733. Paris, 1897.

subiront à la périphérie de la cellule où ils s'accumulent, la transformation définitive qui les amène à l'état d'acide carbonique et d'eau, en même temps que les ternaires de l'alimentation et ceux qui proviennent de l'organisme lui-même.

Tous ces actes, quels qu'ils soient, ont pour agents des diastases formées par la vie cellulaire. Ils affectent donc un rapport direct avec la quantité ou la qualité des diastases que cette vie cellulaire est apte à engendrer, et cette aptitude, que les diverses conditions pathologiques ne peuvent pas ne pas influencer en plus ou en moins, apparaît comme un élément sur lequel la thérapeutique devra exercer son action, si l'on connaît, d'une part, le sens de sa déviation, d'autre part le moyen de la diminuer ou de l'exalter.

Et cette deuxième conséquence apparaît que les diastases extraites de la levure possèdent soit directement, soit par le renfort qu'elles apportent, le pouvoir d'activer les propriétés réductrices de la cellule vivante, de favoriser l'utilisation de l'azote organique, en améliorant l'évolution qui le porte à l'état définitif d'urée, et de diminuer les oxydations des ternaires en restreignant l'apport de l'oxygène.!

L'examen des échanges généraux permet encore d'introduire d'autres conclusions, à savoir que les diastases organiques augmentent /a /orma^ton etV élimination de V acide urique, ce qui est corrélatif d'une plus grande activité leucocytaire et par conséquent d'une nutrition activée des organes riches en nucléine ; qu'elles dimi-

nuent la déminéralisation organique et la quantité de matières minérales nécessaires à la mobilisation dePazote ; qu'elles accroissent Tacidité réelle de l'urine, ce qui est en rapport avec la désalcalinisation du sang produite par l'excès de ternaires incomplètement oxydés qui s'éliminent, pour une part, à l'état d'acides salifiés par les bases des plasmas; enfin que suivant les cas, les effets de diastases se manifestent, avec leur maximum d'intensité, soit pendant la période des injections, soit pendant les jours qui les suivent.

Ajoutons encore, à titre d'indications d'attente^ et en nous fondant sur une seule observation, que V activité biliaire semble augmenter, que le coefficient d^oxydation du soufre diminue d'abord pour s'élever ensuite, et que la diminution du coefficient des fermentations putrides paraît annoncer que les fermentations génératrices d'indol, de scatol et de phénol sont en sensible diminution. La chaux et ses rapports augmentent ; la magnésie et ses rapports diminuent.

L'étude des échanges généraux confirme et complète les notions déjà fournies par l'examen clinique des urines.

On se souvient qu'elles révélaient déjà une grande augmentation de l'urée et de l'acide lœique. Mais il est un autre fait qui mérite notre attention, c'est que les produits indoxyliques sont engendrés, du fait des diastases, en quantités parfois énormes.

Comment expliquer leur genèse en de pareilles

proportions?

On ne peut invoquer ici les fermentations digestives, puisque l'examen du clpmisme stomacal ne révèle aucune modification pendant et après les injections des diastases organiques et que les fonctions intestinales ne subissent, de leur fait, aucun trouble appréciable. Il faut donc se résigner à admettre que les diastases induisent dans le mode de désassimilation plus rapide qu'elles imposent aux albuminoïdes, des modifications spéciales dont les produits indoxyliques sont l'un des termes, comme si, par exemple, ces produits étaient les témoins de l'activité des processus d'hydratation oxy do-réductrice dont ils serviraient — dans le cas où cette hypothèse serait vérifiée — à mesurer l'intensité. A l'appui de cette vue, ne savonsnous pas déjà qu'il se forme de l'indol, origine ^es indoxyles, dans la décomposition de l'albumine par les cellules anaérobies?

Les produits indoxyliques. s'éliminent conjugués, en partie^ avec l'acide sulfurique sous la forme d'indoxylsulfate de potasse, et pour le reste, combinés à l'acide glycuronique. Comme, dans mes analyses, la quantité de l'acide sulfurique conjugué, loin d'augmenter sous l'effet des injections dQ diastases, diminue au contraire, d'une manière indéniable, il est de toute nécessité que les produits indoxyliques s'éliminent alors copules à l'acide glycuronique.

Or, quelle est l'origine de cet acide glycuroiàçue?

D'après Armand Gautier (1), « la glycose qui se produit dans l'économie, tend sans ce§se à disparaître

en se transformant en acides divers, malonique, tartronique, oxalique, etc., dont les radicaux conjugués à l'urée donnent des corps de la série urique, tandis qu'une plus grande partie encore s'oxyde sous forme d'acide carbonique et d'eau ou se change en graisse. Mais lorsqu'on fait absorber aux animaux certains produits, tels que les phénols, phénétols, camphre, chloral, chloroforme, etc., qui, tous, ont la propriété d'arrêter le mouvement nutritif et la destruction par oxydation des principes des tissus, on voit apparaître dans les urines, unis à la potasse, une série d'acides provenant de la soudure de ces composés à un radical emprunté à un acide remarquable, l'acide glyeuronique C®H*®0^ qui représente la glycose où un atome d'O est venu remplacer deux atomes d'H (1) ».

L'acide glyeuronique serait donc, comme les corps indoxyliques, un élément d'origine anaérobie, puisqu'il se produit dans des conditions qui retardent les oxydations et que l'atome d'oxygène qu'il contient en plus que la glycose, ne provient pas de l'oxygène inspiré. Il n'y a rien que de rationnel à penser qu'engendrés dans le même acte, ils se conjuguent aussitôt. Et nous trouvons dans ces faits la confirmation de ce que viennent de nous apprendre les échanges généraux et respiratoires, au sujet du mode intime d'action des diastases organiques.

(1) Armand Gautier, Leçons de chimie biologique normale et pathologique, 2« édition, p. 263. Paris, 1897.

Enfin, les mêmes faits vienneht ruiner, une fois de de plus, l'invraisemblable théorie qui attribue aux produits indoxyliques une origine hépatique, et en fait un symptôme de l'insuffisance fonctionnelle du foie, quand, au contraire, tout s'accorde pour accorder aux diastases organiques une action stimulante sur les fonctions de cet organe.

VI. — Action des diastases de la levure sur la constitution du sang:.

Le sang a été examiné dans sa composition chimique et dans sa constitution anatomique.

Le Tableau n^ V condense les moyennes des dosages pratiqués chez nos deux sujets.

Du côté de la composition chimique, nous notons une augmentation du résidu total, portant égalesur les principes organiques et inorganiques, puis une élévation de l'hémoglobine et de pouvoir amylolytique.

En ce qui concerne la composition mx)rphologiqiie, les hématies ne varient pas et les globules blancs diminuent. La formule leucocytaire varie dans le sens d'une augmentation des polynucléaires et d'une diminution des mononucléaires. Il est nécessaire d'ajouter que les analyses chimiques et les numérations globulaires ont été pratiquées après une période d'injections de huit jours de durée.

Tableau N» Y. — Action des diastascis de la levure sur la constitution du sang.

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