VIII. — Résultats statistiques
Il me reste maintenant à donner les résultats statistiques du traitement de la pneumonie par les ferments métalliques. Sur les 95 cas que j'ai traités, il y a eu 82 guérisons et 13 décès, soit 13,68 p. 100 de mortalité. Celle-ci est une des plus faibles que l'on
ait jamais enregistrées. Elle est même la plus faible et de beaucoup, si l'on considère que sur ces 95 cas, il y avait 47 cas très 'graves, et que tous ces pneumoniques étaient des malades d'hôpital, entachés, pour la plupart, d'alcoolisme et traités, le plus souvent, à une période déjà avancée de leur maladie.
Voici quelques détails sur les 13 majades qui ont succombé :
1® H., 26 ans. — Entré le 7® jour. Pneumonie gauche, défaillance Cardiaque. Injections de manganèse les 9 et il® jours ; injection d'op le 13® jour. Mort le 16« jour.
2« H., 54 ans. — Entré le 3® jour. Pneumonie base droite, avec délire violent, crachats ju^ de pruneaux. Une injection de manganèse le 4e jour, injections d'or les 5 et 6® jours. Mort le 7® jour.
3« F., 45 ans. — Entrée le 7e jour. Pneumonie du sommet droit, péricardite aiguë. Injections d'or les 8®, lO®, i2e, i4e, 16® jours. Mortle 17e jour.
4e H., 32 ans. — Entré le 3e jour. Pneumonie des lobes moyen et inférieur du poumon droit, congestion de la base gauche, foie infectieux, péricardite sèche, reins brightiques. Injections de palladium les 4e et 5e jours. Mort le 7® jour.
5e H., 38 ans. — Entré le 4® jour. Pneumonie droite. Injections d'or les 5e et 6e jours. Défervescence normale le 6® jour. Mort subite le l^e jour en pleine convalescence, par embolie de l'artère pulmonaire.
6e H., 35 ans. — Entré le 6e jour. Pneumonie du sommet gauche, alcooolique. Injections de palladium les 7«, 8e, 9e jours. Mortle iQe jour.
7e H., 45 ans. — Entré au 7e jour de la maladie. Pneumonie du sommet droit et de la base gauche. Délire alcoolique. Albuminurie abondante. Une injection d'argent le 9e jour. Mort le il® jour.
8e H., 50 ans. — Entré le 8e jour. Pneumonie sommet droit. Myocardite. Délire alcoolique. Une injection d'argent le lOe jour. Mort le 14e jour.
9e H., 32 ans. — Entré le 6e jour. Pneumonie sommet gauche, albuminurie considérable. Délire alcoolique. Une injection d'argent le 7® jour. Mort le 8e jour.
lOe H., 18 ans. — Entré le 8e jour. Pneumonie sommet gauche. Péricardite généralisée avec grand épanchement. Injections d'argent les iQe, 12e et 14e jours. Mort le 15e jour.
lie F., 75 ans. — Entrée le 10® jour. Pneumonie de tout le lobe infé*
rieur gauche. Injection d'argent le il® jour. Mort dans la &oitée
du 11® jour.
12« F., 35 ans. — Entrée le 6® jour. Pneumonie double, Injuctions
d'argent les 7*, 8©, i2e et 13e jours. Mort le 15® jour. 13» F., 45 ans. — Entrée le 6® jour. Pneumonie du sonujuîL p^aucht;.
Alcoolisme. Albuminurie considérable. Injections d'art'ent les
9® et 10® jours. Mort le 12® jour.
Notons que dans cette statistique, on a lait figurer tous les cas de mort quels qu'ils soient, entre autres deux malades amenés moribonds à riiopital et ayant succombé, l'un le surlendemain, Tautris le lendemain de son entrée (n^ 9 et 11). D'autre part, sur ces 13 cas suivis de mort, 10 n'ont commencé à être traités régulièrement qu'après le cinquième jour de leur pneumonie.
Pendant les années 1899 à 1903, il est e titré dans les hôpitaux de Paris 14624 cas de pneumonie, ayant donné 4 348 décès, soit 29,6 p. 100. Le pourcentage annuel de mortalité le plus élevé à été atteint en 1901 avec 36,2 p. 100 ; le plus faible es^t celui de 1903, avec 23,6 p. 100. Notre statistique, qui ne porte que sur des cas hospitaliers, l'emporte Joru; de beaucoup sur le chiffres les plus favorv^bles dr lelte période, avec son taux de 13,68 p. 100. EUr [un te hhv un chiffre assez considérable pourj^ qu'on puisse Itii accorder la valeur d'une moyenne, d'anhnil (pie nos 95 cas s'échelonnent sur une "^période siîiiilaire, puisqu'ils ont été recueiUis de 1901 à 1907 (1 j.
(1)M. H. Barbier, à l'occasion de ma communication a la Sffùu^f'^ de thérapeutique, le 21 décembre 1904, déclare avoir ihbâervi^ bs modifications les plus nettes dans le traitement de quiïlqtTus nûS di^