IX. — Schéma thérapeaUqae de la pneumonie
Tous les faits précédents, y compris l'autopsie de mon cinquième malade, démontrent que les ferments métalliques n'ont pas d'action sur la lésion pneumoràque elle-même, mais bien sur ce que l'école de * Montpellier appelait la fièvre pneumonique. Ils stimulent les réactions de la défense organique contre l'intoxication et ses produits, en activant l'évolution hydratante et axydo-réductrice qui transforme ceux-ci, les solubilise et réduit leur nocuité. Ils sont un moyen d'aider la vis medicatrix, de la renforcer, de la provoquer peut-être ; mais, en raison des éléments multiples dont est faite la gravité de la pneumonie, ils ne sauraient constituer un procédé de traitement absolu et unique.
Leur utilité consiste uniquement en ce qu'ils agissent comme l'organisme lui-même dans sa défense normale. Ils superposent aux réactions vitales et personnelles de celui-ci, une activité parallèle qui
pneumonie, chez des enfants, et sur ce que Ton nomme maintenant Vétat infectieux.
M. le Professeur Corteso a présenté récemment à V Académie royale de Médecine de Madrid, à l'occasion de mes recherches sur le traitement de la pneumonie, 5 cas de pneumonie très graves qui, traités par les ferments métalliques, se terminèrent tous par la guérison. Au cours de la discussion soulevée par cette communication, le professeur Monso Samedo et le D' Espina rapportèrent l'un 11 cas et l'autre 3 cas traités par le même procédé et qui firent leur défervescence entre le sixième et le septième jour, soit, ^au total, 19 cas de guérison.
se traduit par la disparition plus rapide des symptômes généraux corrélatifs de l'infection.
Mais, ils ne doivent pas faire négliger les autres moyens thérapeutiques dont l'expérience a démontré l'efficacité sans toujours parvenir à l'expliquer. Aussi^ ne seront-ils qu'un des éléments du traitement de la pneumonie, traitement que je vais tenter de formuler pour les cas exempts de complications dues au terrain de la maladie ou à l'atteinte prédominante d'un organe important, comme le foie ou le cœur, ce qui implique aussitôt des indications particulières qui devront être remplies parallèlement à celles qui résultent de l'évolution même de la maladie. ^ Ce sont ces dernières seules que je vise en ce moment.
Si le sujet atteint de pneumonie est un individu vigom'eux, pris en pleine santé, avec une figure vultueuse, un pouls plein et fort, une température élevée, une dyspnée vive, on lui pratiquera, tout d'abord, une saignée au bras de 300 à 400 grammes, dans le but de faire une légère déplétion circulatoire, mais surtout de favoriser les échanges respiratoires, ce qui diminuera d'autant la dyspnée. Dans tous les autres cas, on s'abstiendra des émissions sanguines.
La saignée est de beaucoup préférable aux ventouses sacrifiées, si fort à la mode aujourd'hui et qui sont un des termes de la pratique courante dans la grande majorité des services hospitaliers. Je sais bien qu'on les ordonne plutôt aux malades qui ont un violent point de côté ; mais, dans ce cas même, elles ne lui
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vaudront jamais l'immédiat soulagement que donne l'injection sous-cutanée d'un demi ou d'un centigramme de chlorhydrate de morphine. D'autre part, en ce qui concerne leur action sur les échanges respirçLtoires, celle-ci est beaucoup trop minime pour influencer sérieusement la dyspnée quand elle atteint de grandes proportions.
En même temps, prescrire une potion de Todd avec 60 grammes de rhum, à prendre par cuillerée à soupe toutes les deux heures. Comme alimentation, lait et bouillon, en insistant spécialement sur le lait, dont il sera pris de un à deux litres en vingt-quatre heures.
Comme la dose d'alcool contenue dans les 60 grammes de rhum est insuffisante chez beaucoup de sujets et spécialement chez les malades d'hôpital, on complète la quantité nécessaire et correspondant à environ 100 grammes de rhum, soit en ajoutant une cuillerée à café de cognac à chaque tasse de lait, soit en donnant des grogs ou du vin de Champagne coupé d'eau.
Matin et soir, jusqu'à la défervescence, le sujet prendra un cachet avec 0^%30 de bichlorhydrate de quinine. ' .
Le lendemain de la saignée, ou dès le début de la maladie, si l'on ne pratique pas de saignée, on donnera 0'^%40 de calomel, en 4 paquets de 0^',10, pris à une heure d'intervalle, de façon à provoquer une dérivation intestinale qui se traduit par deux à