‹ Les ferments métalliques et leur emploi en thérapeutiqueChapitre 36 sur 69 · LES FERMEÎ^TS MÉTALLIQUES · texte numérisé non relu

LES FERMEÎ^TS MÉTALLIQUES

trois selles diarrhéiques, sans diminution de la diurèse.

Vingt-quatre heures après l'administration du calomel, on pratique la première injection souscutanée de ferment métallique (10 centimètres cubes d'or, d'argent, de platine, de palladium, etc.). J'ai eu l'occasion d'employer souvent l'organosol magnésien à la même dose. Cette préparation m'a paru quelquefois plus active, mais elle est fort délicate à préparer, ce qui rend son emploi moins pratique. Quant aux hydrosols métalliques que j'ai étudiés, ils ne semblent guère différer dans leur activité. Cette injection sera renouvelée toutes les vingt-quatre heures. Les injections devront être pratiquées aux alentours du foyer morbide, en laissant la place nécessaire pour appliquer plus tard le vésicatoire dont il va être question. Dans les cas très graves, je conseille V injection intraveineuse de 5 centimètres cubes de la solution de ferment métallique.

Le lendemain de chaque injection, on donnera le soir, un cachet avec O^^SO de pyramidon qu'on fera suivre, à dix minutes d'intervalle, d'un autre cachet contenant 0»%40 à 0^'',60 de bicMorhydrate de quinine. Cette association médicamenteuse, prise dans ces conditions, a pour effet de déterminer des sueurs profuses, parfois extrêmement abondantes et nécessitant plusieurs changements de linge qui devront être faits avec les plus grandes précautions pour éviter un refroidissement.

Enfin, vingt-quatre heures après la première ou la deuxième injection, mais, en tout cas, pas avant le quatrième jour de la maladie, on appliquera, au niveau de la région atteinte, un large vésicatoire de 10 cm. sur 10 cm. bien camphré, qui ne sera maintenu que huit heures, après quoi on le lèvera avec précaution, en recouvrant la surface cutanée déjà rouge et irritée, avec un large cataplasme de farine de graine de lin, sous lequel les bulles se formeront sans douleur, pendant que l'on évite ainsi l'irritation cantharidienne des voies urinaires.

Ce schéma réalise ce que l'on peut appeler le traitement fonctionnel de la pneumonie, tel que je le comprends, puisque aucun des éléments qui le constituent n'a la prétention d'exercer une action curative directe, dans le sens classique et organicien du mot. Aucun d'eux ne vise l'étiologie ni la pathogénie de la maladie, pas même le calomel qui n'est donné ici qu'à titre d'évacuant et de dérivatif, sans qu'il soit attaché aucune valeur à des effets antiseptiques dont autrefois j'ai démontré l'inanité (1).

Cette thérapeutique ne vise pas la maladie ; elle s'adresse exclusivement aux réactions fonctionnelles de l'organisme à l'encontre de la cause morbigène et de ses conditions d'attaque. Nous savons que le pneumonique se défend en portant à leur maximum

(1) Albert Robin, Considérations sur l'antisepsie interne. Mercure et broncho-pneumonie, Bulletin de V Académie de médecine, 16 février 1892.

les actes d'hydratation oxydo-réductrice dont ses tissus sont le siège ; nous savons que les globules blancs prennent, dans l'accomplissement de ces actes, une part importante, et sans aller plus loin, ni chercher à interpréter ces phénomènes, nous nous bornons à accroître les processus hydratants et exydo-réducteurs, ainsi que l'activité leucocytaire.

Nous savons qu'avant la crise pneumonique, les échanges respiratoires tendent à s'élever, ce qui est en rapport avec la plus grande intensité des oxydations à cette période morbide, et nous aidons cet acte spontané de l'organisme par une émission sanguine. Le bichlorhy drate de quinine, à la dose de 0*^30, est un simple tonique général. En l'associant au pyramidon, à partir du quatrième jour de la maladie, on prépare la crise sudorale qui se manifeste habituellement aux approches de la défervescence..

Réduit à ces proportions de corrobant de la i^is medicatrix, et aidant simplement le malade à se guérir, ce traitement fonctionnel n'a pas la prétention de résumer toute la thérapeutique de la pneumonie. Mais il en représente l'élément fondamental, autour duquel viendront se grouper, le cas échéant, les diverses médications qui peuvent être nécessitées par la survenance d'une complication, par une anormale prédominance symptomatique ou par les particidarités de la lésion elle-même.

On ne manquera pas d'objecter que la pneumonie est une maladie à défervescençe brusque et à évolu-

tîoîi cyclique et que les cas traités d'après le système précédent, n'ont fait que suivre la loi commune.

Il est facile de répondre à cette objection.

En eiïet, même .dans les cas simples, la déferveseence n*a lieu que fort rarement avant le huitième jouîj tandis qu'en nos cas, elle s'est produite le plus souvent avant cette époque. Puis, la faible mortalité de ma statistique, malgré qu'elle contienne 47 cas graves, plaide encore en faveur de l'action efficace du traitenient. Enfin, la constance des abaissements thermiques après les injections, et la rapidité de la défervi^sc^^'tice constituent encore des arguments cliniques qui ne sont pas sans valeur.

Je montrerai d'ailleurs, dans les chapitres^ suivants, en parlant du traitement des complications cardiaques du rhnmatistne articulaire aigu et des méningites non tnlx^rculeuses par les ferments métalliques, que ceux-ci agissent dans ces maladies de la même manière que dans la pneumonie, et l'on ne saurait invoquer ici l'argument de l'évolution cyclique.

Cette similitude d'action permet, en outre, d'émettre une hypothèse fort plausible puisqu'elle se trouve jusstifiée par les faits. C'est que le procédé employé |)ar Torganisme pour se défendre contre les toxiiiifec lions relève d'actes qui peuvent être divers dans leurs origines et dans leurs manifestations, mm^ flunb Taboutissement ultime est une exagération deb [ibcnomènes d'hydratation oxy do-réductrice qni interviennent normalement dans les processus

de désintégration et l'évolution terminale des matières albuminoïdes, ainsi que l'a magistralement démontré M. Armand Gautier.

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