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X. — Les fermenls mélalliques dans la broncho-pneumonie

J'ai soigné 14 cas de broncho-pneumonie secondaire, tous très graves : 6 ont succombé, soit 42,8 p . iOO .

La première était une femme de quatre-vingts ans, atteinte de broncho-pneumonie grippale, qui moiirut moins de vingt-quatre heures après son entrée à l'hôpital.

Les 2®, 3® et 4^ étaient encore des broncho-pneumonies grippales, à noyaux disséminés dans les deux poumons, chez des hommes de trente-quatre et soixante-huit ans, et chez une femme de cinquantequatre ans, qui furent régulièrement traités et succombèrent, l'unie vingt-unième jour, les autres les cinquième et neuvième jours.

Les 5® et 6^ avec une pleuro-broncho-pneuinonie double de même origine (femmes de trente-huit et quarante-deux ans) moururent les onzième et douzième jours.

Les 8 cas de guérison furent quatre hommes de quarante, quarante-cinq, quarante-huit et cinquanteneuf ans, atteints de broncho-pneumonie grippale grave, et un homme de cinquante-trois ans avec une broncho-pneumonie au cours d'un mal de Bright,

e1^ qui fit sa défervéscence le sixième jour, après deux injections d'organosol fnanganésien. Viennent maintenant trois femmes de trente-trois, trente-six et soixante-neuf ans, aussi très gravement atteintes.

Tracé no III. — F., 69 ans, — Broncho-pleuro-pneumonie gri]

L'une d'elles (soixante-neuf ans) fit sa défervéscence le neuvième jour, après deux injections d'or. Après neuf jours d'apyrexie, elle fit une rechute très sérieuse, avec 40^,1, qui céda, en sept jours, à deux nouvelles injections d'argent (Tracé noiii) .

Le nombre des cas traités est trop minime, et leur

gravité a été trop exceptionnelle, pour que j'en puisse tirer quelque conclusion statistique. Mais il est à remarquer que les ferments métalliques semblent moins actifs dans les broncho-pneumonies graves, en ce sens que les réactions urinaires et' surtout la formation du culot de nitrate d'urée s'y observent plus rarement que dans la pneumoine franche, si grave soit-elle.

XI. — Action de quelques sérums thérapeutiques sur l'évolution de la pneumonie.

Il était nécessaire de rechercher si tous les agents qui ont pour eflFet d'activer les phénomènes d'hydradation et d'oxydo-réduction dans l'organisme, manifestaient chez les pneumoniques les mêmes effets que les ferments métalliques. ,

A priori, l'identité d'action de ces agents {sérum antidiphtérique, sérum normal du cheval, lacto-sérum de R. Blondel) avec celle des ferments métalliques, permettait de tenter cette recherche sans aucun risque, d'autant qu'on connaît déjà les résultats si curieux et si encourageants que Talamon a obtenus dans le traitement de la pneumonie par le sérum antidiphtéritique. L'événement a justifié mes prévisions.

Que l'on traite des pneumoniques avec le sérum antidiphtéritique, le sérum normal de cheval, les diastases de la levure ou le lacto-sérum, la réaction

urinaire est calquée sur celle des ferments métalliques, avec une intensité maxima pour le sérum antidiphtéritique et minima pour le lacto-sérum.

La déferçescence se produit presque toujours brusquement. -Elle semble aussi avoir été plus précoce qu'avec l'expectation et les traitements classiques, ainsi qu'en témoignent les chiffres suivants :

Epoque de la défervescenge dans 13 cas de pneumonie.

Matin du 5® jour. — 1 cas (sérum antidiphtérique). Soir du 5« jour. — 3 cas (sérum de cheval).

Matin du 6® jour. — 3 cas (1 sérum de cheval, 1 diastase de levure, 1 lacto-sérum)

Soir du 6« jour. — 1 cas (sérum antidiphtérique).

Matin du 7® jour. — 3 cas (2 sérum de cheval, 1 diastase de levure).

Matin du 8® jour. — 1 cas (sérum de cheval).

Soir du 8« jour. — 1 cas (sérum de cheval).

Elle s'est donc produite dans 8 cas sur 13 avant le septième jour.

Dans 3 cas, il y eut, après la défervescence, des poussées fébriles qui cédèrent aussitôt à une nouvelle injection. La polyurie de convalescence fut tardive dans plus de la moitié des cas. Toujours, les symptômes physiques d'auscultation persistèrent plus ou moins longtemps après la chute de la température.

Les tensions artérielle et capillaire augmentèrent de 1 à 3 centimètres dans la plupart des cas, sauf dans ceux traités par le lacto- sérum où elle ne subit pas de variation régulière avec tendance du côté de l'abaissement.

Sur 15 cas traités, il y eut 2 morts, soit 13,3 p. 100, L'un des malades, âgé de cinquante-quatre ans, alcoo-

lique, traité par le sérum de cheçal, fit une ébauche de défervescence le neuvième jour, puis la fièvre reprit, le cœur devint irrégulier, et la mort survint le vingtcinquième jour. On trouva, à Pautopsie, une grosse collection purulente à la partie antérieure du lobe inférieur du poumon gauche, et une collection plus petite à la base droite. Tout le reste du lobe inférieur gauche était en état d'hépatisation grise et presque diffluent. Il y avait aussi une péricardite suppurée avec dégénérescence avancée du muscle cardiaque. Dans le second cas traité par le lactosérum, il y avait une néphrite pneumococcique avec 6 grammes d'albumine par litre d'urine. La mort survint le dixième jour, avec des phénomènes typhoïdes.

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