XII. — Conclusions
1^ Après les insuccès de la sérothérapie et des traitements étiologiques et pathogéniques, la thérapeutique de la pneumonie en est encore réduite à l'expectation dite armée qui n'est que la médication du symptôme dominant. Mais l'étude des échanges généraux et respiratoires permettant de saisir au moins quelques-uns des modes de défense de l'organisme et, en tout cas, l'un des mécanismes intimes de la crise curative, fournit les éléments d'un traitement naturiste, suivant là conception hippocratique.
2° Au moment de la défervescence de la pneumonie, il se produit des décharges d'urée et d'acide urique
qui précèdent souvent (décharges précritiques) la chute de la température, en même temps qu'augmente le coefficient d'utilisation de l'azote.
3^ Ces phénomènes, loin de coïncider avec ime augmentation parallèle de» échanges respiratoires, marchent de pair avec une diminution de ceux-ci. Ils n'exigent donc pas la consommation d'une plus grande quantité d'oxygène.
4® La crise pneumonique spontanée a donc, pour l'une de ses conditions immédiates; sinon pour cause, non des actes d'oxydation directe, mais bien des actes d'hydratation oxydo-réductrice qui expriment le mode réactionnel de défense de l'organisme à rencontre de l'agression pne^umoccocique.
5® Les ferments métalliques qui augmentent l'azote total, l'urée, l'acide urique, le coeflScient d'utilisation azotée, tout en diminuant la consommation de l'oxygène, et qui, par conséquent, accroissent non les~oxydations directes, mais les actes d'hydratation oxydo-réductrice, agissent donc dans le même sens que l'éfifort curateur spontané de la nature dans la pneumonie et peuvent servir à le provoquer, à l'accroître ou peut-être à le suppléer.
6® L'observation a démontré qu'ils n'avaient pas d'action sur la lésion pneumonique elle-même. Ils n'ont d'effet que sur l'élément toxi-infectieux et superposent aux réactions vitales et personnelles de l'organisme, une activité parallèle qui se traduit par une disparition plus rapide des symp-
LES PERMENTS MÉTALLIQUES. 147
tomes généraux eorrélatifs de cette toxi-infection.
7° Ils ne sont donc que l'un des éléments du traitement de la maladie, mais ils en représentent, en quelque]^sorte, le point central autour duquel viendront se grouper, le cas échéant, les diverses médications qui peuvent être nécessitées par la survenance d*un^ complication, par une prédominance symptomatîque exagérée, ou par les incidents de la léfflon elle-même.
8^ En dehors de ces médications dans les cas où elles sont légitimées, le traitement de la pneumonie par les ferments métalliques réclame des adjuvants qui sont : la saignée suivant les cas, puis le calomel à dose fractionnée, administré une seule fois, l'alcool , à dose modérée, le bichlorhydrate de quinine à petites doses qu'on associe au pyramidon à partir du quatrième jour de la maladie ; enfin, le vésicatoire à partir du cinquième jour.
9® Les ferments métalliques déterminent assez régulièrement des abaissements de la température, une réaction urinaire spéciale et une légère élévation de la tension artérielle.
10® Sur 95 cas traités par la méthode précédente, dont 47 cas très graves, la mortahté n'a été que de 13 cas, soit 13,68 p. 100. Dans 70 p. 100 des cas, la défervescence se produit avant le huitième jour.
11<* Le traitement semble moins actif dans les cas de broncho-pneumonie secondaire grave; 14 cas,
tous très graves, ont donné 6 décès, soit 42,8 p. 100 de mortalité. ^ ^
12<> Les ferments métalliques s^emploient en injections hypodermiques profondes, à la dose de 10 centimètres cubes, ou en injections intraveineuses de 5 centimètres cubes dans les cas très graves. La nature du métal paraît indifférente. Les injections doivent être commencées dès le quatrième jour et continuées tous les jours ou tous les deux jours, environ, suivant les cas.
13<^0n peut facilement systématiser dans lapratique courante, l'ensemble des actes thérapeutiques qui constituent le traitement complet de la pneumonie.
14® Il existe une grande similitude entre Taction des ferments métalliques dans la pneumonie et les effets de quelques sérums thérapeutiques,^ tels que le sérum de cheval, le sérum antidiphtéritique, et le lacto-sérum de Blondel.