CHAPITRE V
LE TRAITEMENT DU RHUMATISME ÂBTICULAIRE AIGU, D£ SES COMPLICATIONS VISCÉRALES ET DE QUELQUES PSEUDO-RHUMATISMES INFECTIEUX.
I. — Le trait émeut du rhnmatiâme articnlalre aigru par les ferments métalliques.
J'ai eipoaéj dans le précédent chapitrej les effets des fermenta métalliques dans le traitement de la pneumomej et l'on m'a objecté aussitôt que la pneumonie avait une évolution cyclique et que la chute thermique brusque qui suit si fréquemment l'injection des ferments métalliques, pouvait être mise BUT le compte, non du traitement^ mais de la défervescence normale.
J'avais répondu, d'avance^ à cette objection, en montrant, d'une part, l'identité qui existe entre les actes chimiques de cette défervescence normale et ceux qui traduisent Taction des ferments métalliques sur les échanges généraux et respiratoireset d*autre part, la précocité de cette défervescence thérapeutique. En outre, je fournissais une statistique
qui est la plus favorable, peut-être,, parmi celles •connues jusqu'à présent.
Dans le traitement du rhumatisme articulaire aigu , par les ferments métalliques dont je vais m'oecuper ^n ce Chapitre, on ne peut plus invoquer l'évolution cyclique de la maladie, et les faits que je vais exposer démontrent, sans contestation, au moins l'action de ces agents, non seulement sur la température, mais encore sur l'évolution de la maladie.
J'ai traité 25 cas du rhumatisme articulaire aigu non compliqué, 29 cas compliqués de cardiopathies, puis 13 cas diversement compliqués que \2 réunirai ^ous une rubrique générale.
Dans le premier cas qui fut soumis à mon observation, le sujet recevait 4 grammes de salicylate de soude depuis deux jours, sans effet. On suspendit le salicylate pour administrer une injection de 10 centimètres cubes d'argent qui fit baisser la température et diminuer les douleurs, sans suspendre réellement la maladie, puisque après vingt-quatre heures, tout reprit de plus belle. Alors, j'associai l'injection d'a^ gent pratiquée tous les deux jours, avec 4 grammes de salicylate de soude, par doses de 0^%bO toutes les trois heures, et ce traitement eut, en quatre ;ours, raison de tous les accidents.
Puisque ferments métaUiqueSj d'une part, et salicylate de soude, d'autre part, paraissaient conduire aux mêmes effets, quelque dissemblable que soit leur mode d'action, il m'a paru rationnel de les employer
concurremment, dès que le malade se présente à l'observation. J'ai toujours agi de cette manière sur mes 67 cas de rhumatismes divers, et les résultata furent très satisffitisants, puisque tous, sauf un, guérirent plus rapidement qu'avec le salicylate de soude employé seul.
Et si faible que soit la mortalité du rhiimatisTne articulaire, il n'est pas indifférent de noter que, but mes 67 cas, dont 36 gravement compliqués, il n'y a eu qu'undécès, survenu le dix-septième jour de la maladie, chez un homme de trente-cinq ans qui, dos 1*' ilôbtit de sa troisième attaque de rhumatisme, fut pris d'endopéricardite infectieuse avec double pleurésie, dyspnée à cinquante-deux respirations, congestion pulmonaire double, et à l'autopsie duquel on trouva » en dehors des lésions précédentes, une endnrfirdite végétante des valvules mitrales et sigmoïdos et une pleurésie interlobaire suppurée.Cinqinjections avaient été pratiquées sans résultat, sans préjudice an salicylate de soude et des divers traitements nécessites par les prédominances symptomatiques.