‹ Les ferments métalliques et leur emploi en thérapeutiqueChapitre 51 sur 69 · LE TRAITEMENT DE DIVERSES MALADIES AIGUËS ET CHEONIQUES · texte numérisé non relu

LE TRAITEMENT DE DIVERSES MALADIES AIGUËS ET CHEONIQUES

I, — Fièvre typhoïde* — Scarlatine,

Nous passerons rapidement sur les autres affections traitées par les ferments métalliquies.

Sur 10 cas de fièvre typhoïde^ dont 9 graves, il y a eu un décès par pleuro-pneumonie, soit 10 p. 100 de mortalité. Mais je me garderai de tirer une conclusion quelconque, d'abord parce que le nombre des cas est trop restreint ; puîsj parce qu'ils ont été traités concurremment par les bains froids, aidés de ma thérapeutique habituelle {1) et que les ferments métalliques ne sont intervenus que comme traitement de superposition.

Mais leur action sur la température est indéniable ; ils en provoquent presque toujours l'abaissement après l'avoir élevée dans les heures qui suivent Tin j action. L'effet sur la tension artérielle est observé aussi dans la plupart des cas.

(1) ÂLBEïiT BoBïN, Lffçons de dînîque et ds thérapeutique méâicaUtt Paris, 1889,

, Enfin, la durée de la maladie est peut-être quelque peu diminuée, puisque la défervescence a commencé du seizième au vingt et unième jour, et la convalescence du vingt-deuxième au vingt-huitième jour. La durée totale de la maladie, dans ces cas presque tous graveS; a oscillé de trente-cinq à quarante-deux jours.

Toutefois, ce qui rendra toujours délicat remjploi des ferments métalliques dans la fîivre typhoïde, c'est que, dans certains cas, tout en élevant de 1 à 2 ceatimètres la pression, artérielle, ils paraissent accélérer le poub ou, tout au'moins, avoir sur le cœur une action dépressive qu'il m'est bien difficile de préciser.

Toujours est-il qu'en principe, ils paraîtraient avoir des inconvénients quand le pouls est petit et rapide et quand on soupçonne une complication myocarditique.

De même, je pense qu'en général, ils ne doivent être employés qu'avec prudence dans les maladies aigries de longue durée.

ILn conclusion, la fièvre typhoïde n'est pas justiciable du traitement pai- les ferments métalliques. Ils ne ^auraient être employés qu'au moment de la défervescence, pour en diminuer la durée et hâter le début de la convalescence (1).

^1 ) Cette conclusion de mes observations personnelles ne parait p» concorder avec celle^de M. Gaillard {Société de Biologie, 10 mars 1907) qui -sfi loue de l'emploi des ferments métalliques dans cinq cas de fièvre typhoïde chez des enfants de douze à quatorze ans. Mais je maintiens roes rûserves en ce qui concerne les adultes.

Je n'ai que deux cas de scarlatine. Le premier, dont l'observation m'a été fournie par le D' R. Blon- DEL, est un enfant de huit ans, atteint de scarlatine grave avec épistaxis répétées et albuminurie dès le début de la maladie. Angine intense avec fausses membranes streptococciques. Le quatrième jour> T. 39<^,8. Le cinquième jour, 40,2. Le sixième jour 40^,7, délire, état général très grave; on fait imé injection de ferment argent. La température tombe le lendemain à 39^ le surlendemain à 38°. L'enfant guérit sans incidents.

Le second cas est celui d^un homme de trente ans dont la maladie sembla évoluer normalement; mais au décours de celle-ci, il survint une otite purulente double^ avec élévation subite de la température à 40^,2 et douleurs horribles. Après deux injections de 5 centimètres cubes d'hydrosol argentique, la température tombe à 37^,8; lestympans déchirés livrèrent passage au pus, les douleurs disparurent ; le malade guérit et recouvra l'ouïe.

Ce fait est à rapprocher de l'observation faite plus haut, à propos d'un cas d^ otite purulente, surv(înue au cours d'une pneumonie, et tous deux tendent à légitimer l'emploi des ferments métalliques dans les suppurations aiguës de V oreille moyenne (1).

(1) Voyez page 131.

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