ENT
ten. — D'où la traduction donnée par Piehl (Inseript. hiérogl., 2° série, p. 29) : «maison de productions.
OT Cuassrvar, Le Temple d'Ed'ou, , I, p. {o7-ho8.
®1 [bid., 1, p. 88 et pl. XL à. Dans ce tableau , Ja hutte est figurée, de façon tout à fait anormale, devant le dieu.
6) S'il faut en croire M. Lexa (La magie Te (à Égypte antique, 1995, Ï, p. 194 (index) et Il, p.56), Min serait appelé «maître de $bn.t» dans un papyrus magique démotique de Leyde. :
Cuassinar, Le Temple d'Edfou, 1, p. hog-ho8. | :
GS) Perrie, Koptos, pl. XX; Gmrriru, ibid, p. 20 : «lord of joy in the shrines: Serue, Urkunden der griech.-rôm. Zeit, p. 64; Roren, ii gén. Musée Caire, Naos, n° 70031, p. 116. |
(9 Cuassinar, Le Temple d'Edfou, I, p-. 22, col. 7 et 55.
(9 Jbid., 1, p. 72.
« ne Würierbuch der aegypt. Sprache, \V, p. 218.
Tous ces exemples, dont on pourrait sans doute allonger encore la liste, prouvent à l'évidence la valeur $kn.t pour la hulte cylindrique ou conique, avec ou sans parvis, flanquée du mât aux cornes de bovidé, que nous voyons presque loujours représentée derrière le dieu ithyphallique sous ses diverses manifestations : Min, Min-Amon, Amon-Afin, Nin-Kamoutef, Min- Amon-Kamoutef l}, Amon-Min-Kamoutef, Min-Ré, Min-Ré-Kamoutef, etc.
Mais 1l existait aussi un autre objet, également en relation avec le dieu ithyphallique et pareillement nommé $hn.t®}, C'était l'appareil assez compliqué que nous voyons se dresser entre le dieu et le Pharaon sur les tableaux représentant, depuis la XVIII" dynastie jusqu'à l'époque plolémaïque . une cérémonie spécialement consacrée à ce dieu.
Celte cérémonie, dont la signification ne nous apparaît pas encore lité: ment, a été conservée, à ma connaissance, en sept exemplaires :
a-b) Au temple de Louxor, deux représentalions, époque d'Amenophis III (Dansssy, Notice du Temple de Louxor, p. 32; Gaver, Le Temple de Louxor, pl. X; pl. LHT et p. 86);
c) Sur la face extérieure du mur sud du pe lemple de Karnak, époque de Ramsès IL (W. Max Mürcen, Egyptological Researches, 1, pl. 42 et p. 34- 35);
d-e-f) Au grand temple d'Horus à Edfou, à trois reprises, époques de Ptolémée IV et de Ptolémée X : Cnassinar, Le Temple d'Edfou, 1, p. 375- 376 et pl. XXXIb; — IT, p.56 et pl. LB; — L., D., IV, 4o Det Text, IV, p. 59);
g) Enfin au temple de Dendérah ( Description de l'Égypte, Antiquités, IV, pl. 25; Mamerre, Dendérah, À, pl. 23; W. Max Mücuer, Epyptological PRE IT, p. 34 et Egyÿptan Mg fig. 135, p. 138 et p. 406, note 57).
(7 Legrain (Bulletin de Inst. françg. d’Archéol. orient., XI, p. 32) a rattaché le nf F à ï sehenou à Amon et y a vu Île sanctuaire de Karnak où le dieu vivait dans la solitude. on | . ® Je ne suis pas convaincu de l'exactitude de la distinction enlre un terme masculin éhn, désignant la hulte conique, et un terme féminin ékn.t, désignant l’objet que nous allons étudier plus loin, telle qu'elle a été établie par le Würterbuch de Berlin
(IV, p. 218).
En présence du dieu ithyphallique est dressé une sorte d'échafaudage aux cordes (?) duquel grimpent des hommes coiffés de plumes d’autruche, dans lesquels on a voulu voir des soldats et que les légendes explicatives de cette représentation nous disent être des nhsiou, c'est-à-dire sinon des nègres, du moins des Nubiens.
Sur la nature de cet appareil spécial on n'esi pas absolument d'accord. M. Wiedemann y a vu une Kletterstange (mât auquel on grimpe) (M, tandis que M. Daressy l'a appelé tour à tour un mt), puis une espèce d'échafaudage ®. Max Müller l'a identifié à un pole (poteau); Spiegelberg a hésité entre une Stange (mât, poteau) et une Later (échelle) 5}, tandis que Maspero s’est prononcé en faveur de léchelle(®, et que M. Sourdille n'a pas | hésité à se servir du terme mât de cocagne (). M. Junker se rallie à Weitklettern (mât de cocagne) #) el MM. Erman et Grapow, plus prudemment, emploient le terme ÆKlettergerüst (appareil où lon grimpe). Mais si la nature exacte de l’objet peut prêter à discussion, les légendes accompagnant les diverses représentations à Louxor, Karnak, Edfou et Dendérah, ne laissent aucun doute en ce qui concerne son nom. Les formules servant, pour ainsi dire, de titre à ces représentations sont Îles suivantes :
(9 Herodots zwettes Buch (18q0), p. 370.
® Notice du Temple de Louxor (1893), p. 32.
O1 Annales du Serv. des Antig., IX (1908), p. 68.
® Eryptological Researches, 1, p. 34-35.
6) Recueil de travaux, XVII (1895), p. 99.
() Jbid., note 6.
®) Hérodote et la religion de l'Égypte (1910), p. 210 et 304. Je cite ici le passage de la page 210 : «Le détail de son (de Minou) culte nous est peu connu; nous savons toutefois que la fête de sa sortie, lorsqu'on le promenail processionneliement hors de son temple, se célébrait en grande pompe depuis les temps les plus anciens jusqu'à l'époque hellénistique : encore sous le règue de Plolémée Sôter on s’y livrait à des exercices de gymnastique terminés par une ascension à un vér ‘ilable mât de cocagne. On ignore à quels faits de l'histoire divine se rapportaient ces bizarres exercices.» En réalité, à supposer même qu'il se soil réellement agi là de scènes de gymnastique el de montée à un mât de cocagne, ces scènes paraissent bien n'avoir eu aucune espèce de relation avec la fête de la rsortien de Min, el le rapprochement tenté par M. Sourdille est purement artificiel.
( Fiches du Wôrterbuch de Berlin, que j'ai consultées en il 1929.
6 Wôrterbuch der aegypt. Sprache, IV, p. 218.
freeen
a) À Louxor, où la scène est deux fois représentée, on à : NE pes (LÉ L ZT À Ÿ (Gr, pl. UN), e PE LRQ (Gaver, pl. X) : «dresser la Shn.t (du taureau ?) pour son père afin qu'il donne la vie comme Ré à jamais »;
b) A Karnak, la formule est détruite:
c) À Edfou, on a : +] etc. et AZ: 1;
d) Enfin à Dendérah, on a 11% 77m: et aussi, dans la légende concernant Min, NE Def, æ | 4) «le bois (c’est-à-dire l'appareil en bois) est dressé pour rendre augusle ($b2k) sa forme (c'est-à-dire la forme du dieu)».
En dehors de cette formule, l'appareil en question apparaît également sur une des trois représentations d'Édfou dans le titre = À «seigneur du A » attribué au dieu (L., D., IV, 42 b).
Donc l’échafaudage ou mât de cocagne dressé ($“k') en l'honneur du dieu Min s'appelait $in.t, ou peut-être aussi #hn.t > «la $hn.t du taureau ». M est peu vraisemblable, en effet, que le taureau 4e, précédant le mot éhn.t, puisse être interprété comme le déterminatif de ce mot.
Cette $hn.t ne semble avoir été, en somme, qu'une seconde forme de Îa hutte conique ou cylindrique qui portait le même nom. Dans la cérémonie spéciale à laquelle participaient les Nubiens, représentant les régions étrangères à l'Égypte dont Min était originaire et où son culte avait été introduit, dès l'époque protodynastique, avec tous les attributs et accessoires caractéristiques de ce culte, l'appareil mobile que dressaient ces Nubiens était destiné probablement à rappeler le plus important de ces attributs, la hutte-sanctuaire du dieu. L'identité des deux objets paraît être, en effet, confirmée de manière frappante par un passage du long texte que Sir Flinders Petrie a relevé dans la chambre spécialement consacrée au pays de Pount (d'où Min, on le sait, était arrivé en Égypte dès l’époque protodynastique) au.temple de Ptolémée XIIT Aulète à Athribis de Haute-Egypte. Sur cette hutte conique, identique à celles qui existaient encore sous la XVIII dynastie dans le pays de Pount Ü}, le passage d’Athribis dit expressément que Piolémée XIII a fait élever pour «Min-Ré, seigneur d'Apou,
O0 Cf. Navze, Deir el Bahari, pl. LXIX-LXXI.
haut emplumé, roi des dieux dans Îa chapelle de la lune, bon dieu de Pount» l'édifice er |4 Shn.t k3, c'est-à-dire «la chapelle du taureau» : ss un 1 Hd L'équation ve, k el ‘er { TT ou | ver | l Û Ca des diverses représentations de Louxor, d'Edfou et de Dendérah, est, à mon avis, convaincante : la hutte-sanctuaire $ln.f et l'apparcil auquel grimpent les Nubiens représentent une seule et même chose sous deux formes un peu différentes, et cet objet unique est en relation intime avec l'animal consacré au dieu de la génération, le taureau.
Ce laureau, nous aurons l’occasion de le voir, dans un épisode ultérieur de la cérémonie de la «sortie» de Min, était solennellement promené avec la statue anthropomorphe du dieu, puis, selon toute probabilité du moins, immolé à la fin de cette cérémonie.
Nous avons noté, d'autre part, que Min était souvent surnommé }>-mwt.f,
«taureau de sa mére», où À mnmn muvl.f, «taureau fécondant sa mère».
Ce taureau symbole du dieu expliquerait donc tout naturellement les deux faits suivants :
1° La colonne surmontée des cornes de bovidé Ÿ, qui est fichée en terre à proximité de la hutte-sancluaire de Min à partir de la XVIIT dynastie;
2° La même colonne représentée en compagnie de deux autres objets, au sommet de la plate-forme qui surmonte l'échafaudage ou mât de cocagne. L'un de ces deux autres objets offre précisément le même aspect d'une façade de chapelle qu'affecte également le support sur lequel se dressent les plantes caractéristiques de Min @), Ce que l'on a interprété comme une sorle de concours sportif aurait-il donc été, en définitive, beaucoup mieux que cela : une cérémonie éminemment sacrée, destinée à faire revivre dans
sa forme archaïque l'antique sanctuaire du dieu, tel que l'avaient conçu
les primitives populations étrangères du sud-est? J'émets celte hypothèse pour ce qu'elle vaut et serais heureux de la voir discutée.
G) Perte, Athribis, pl. XVIIT A. CF. p. 18 la traduction Walker «the shrine of the bull (?}».
@ Voir au chapitre suivant.