LE TAUREAU BLANC
[mmédiatement en avant du roi s’avance un taureau; la légende verticalement tracée devant lui, | | ee | kB hd, nous dit que c'est un taureau blanc, eLil est effectivement peint en blanc. Ce taureau porte sur la tête, étroitement encasiré entre ses cornes, le diadème osirien, consistant en un disque solaire surmonté de deux plumes qui se touchent presque et sont recourbées à leur partie supérieure, k . Cette coiffure est en tout point semblable à celle que porte le taureau | = #s Boukhis ou Bakis sur les stèles récemment découvertes au Boukheïon d’ HÉROS par l'Egypt Exploration Society). :
[1 porte, en outre, sur la nuque une longue bandelette rouge encadrant son cou et dont les deux extrémités retombent de façon rectiligne, parallèlement l'une à l'autre, de chaque côté de son poitraïl. C'est évidemment cette bandelette que le texle-programme désigne sous le nom de 7 T m3 «pièce droite et rectligne». Rougé n’a pas compris ce mot, el M. Daressy J'a rendu par le terme assez vague de marque. Ce m> était placé, suivant le lexte-programme , sur le côlé gauche du taureau, el 11 ne saurait avoir quoi que ce soit de commun avec le fouet nil que brandit le dieu Min au-dessus de sa main droite, avec lequel Rougé l'a confondu. D'après le T mi’, déterminé par la tête de phénix, signifierait la tempe (die Schläfe), exacte-
Wôrierbuch der acwyptischen Sprache (IL, p. 24), le mot pas Pur
(® Sur les relations entre les taureaux blancs d'Hermonthis (Bakis) et de Thèbes (Montou) et le taureau blane de Min, voir Lerépure, Sphinx, VIIT, p. 10-11. — Voir également ci-dessus, p. 83.
ment la partie comprise entre l'œil et l'oreille; il est donc probable que le m>° du taureau d'Osinis et de Min était un insigne que l’on plaçait sur la tempe gauche de l'animal; peut-être était-ce une marque pour indiquer qu'il était destiné à être immolé.
Le taureau, .nous le savons, était l'animal consacré à Osiris; d'où la coiffure osirienne que nous voyons sur sa tête. Osiris était, en effet, considéré comme un roi ayant jadis réellement vécu sur la terre et dont la mise à mort, sous les traits d'un taureau, symbolisait les forces de la nature qui mouraient périodiquement, et dont la mort était la condition indispensable de toute renaissance et de toute vie nouvelle.
Or nous avons vu, d’autre part, que Min (et également son équivalent thébain Min-Amon, Amon-Min ou Amon tout court) était très souvent surnommé }3-mwvi.f «laureau de sa mère». Rien d'étonnant donc à ce qu'il soit ici représenté par un taureau. Min n'est-il pas à Edfou expressément appelé vs JB nfr «beau taureau » , et n'est-il pas également à Kalabchah nommé © = #4 pe © x ) Je nht «puissant laureau » 1, c’est-à-dire taureau aux vigoureuses qualités génératrices(%)? Le taureau sy imbolisait donc, non seulement Osiris, mais aussi l'activité sexuelle, fécondante et génératrice du dieu ithyphallique sous ses noms divers, ct pour que ce dernier participât effectivement à la fête célébrée en son honneur, dont on escomptait les plus heureux effets pour la fécondité de la terre et la richesse des moissons , 1l était de toute nécessité que le sang de l'animal incarnant la vitalité du dieu fût répandu et coulât à flots en présence du Pharaon. D'où le rite du sacrifice du taureau en fin de cérémonie ().
(® Crassnar, Le Temple d'Edfou, I], p. 97.
® Gaureaen, Le Temple de Kalabchah, 1, p.162 et Il, pl. LV, A. — Je ne crois pas qu'il faille attribuer une grande importance, en ce qui concerne les relations de Min avec le taureau, au fait que cet animal est représenté, parmi d’autres animaux et symboles, sur les statues archaïques du dieu qui ont été trouvées en 1894 par Sir:
FI. Petrie à Coptos.
® Voir ci-dessus, p. 138 et suiv.
© Lefébure (Sphinx, VIT, p. 11) a rapproché ce sacrifice (hébain du faureau blanc de Min lors de la «grande sortie» du dieu à l’époque de la récolte de printemps de certains bas-reliefs du culle Mithriaque «où la vie sort du taureau sacrifié en forme d’épis lerminant la queue de l'animal».