‹ Les Fêtes du dieu MinChapitre 37 sur 68 · C. — COMMENTAIRE · texte numérisé non relu

C. — COMMENTAIRE

(1) Ainsi que nous avons eu déjà l'occasion de le noter plus haut, le «négre de Pount» jouait un rôle actif dans a cérémonie qui nous occupe. Nous ne pouvons douter qu'il s’agit bien d’un prêtre (ou peut-être plutôt d'un chanteur) de couleur noire. [l est à supposer que ce n’était pas là simple parlicularité locale, mais que dans les villes autres que Thtbes où elle était célébrée, la cérémonte de [a «sortie» ‘de Min comptait au nombre de ses participants au moins un individu de ebuleur noire.

Les. contrées de lest et du sud-est sur lesquelles Min avait d’abord régné el d'où son culle était parti à la conquête de l'Égypte (désert arabique, rivages de la mer Fouge, pays de Pounit, Éthiopie, peut-être aussi Arabie) n'étaient assurément pas uniquement peuplées par des nègres; , mais une forle proportion de représentants de la race noire devait certainement contribuer à leur population. Aussi Min. qui, toujours et jusqu'aux plus basses époques, fut associé dans la pensée des riverains du Nil à ces loinlaines contrées de ses origines, était-1l considéré comme le protecteur et même jusqu'à un cerlain point comme Île créaleur, le père des nègres ‘?). Ceux-ci furent associés à son culte par des relations qui, à la vérité, n’ont pas encore été clairement définies, mais qui, en tout cas, paraissent avoir été réelles et assez étroites. °

C’est ainsi que nous voyons les nègres jouer un rôle important dans la cérémonie de la montée au mâl dressé (portique de gymnastique (?)) que l'on célébrait en l'honneur du dieu ithyphallique à certaines occasions.

Œ) Dans un texte qui a été publié par Lefébure en 1893, Horus, évidemment considéré dans sa fonction ithyphallique et par suite assimilé à Min, dit en s'adressant aux nègres : «Je me suis masturbé pour vous el je me suis soulagé par une foule de nègres issus de moin.(cf. Le Cham et l’Adam égyptiens, in Transactions of the Society of Biblical Archæology, vol. IX, p. 169) |

@) Cuassinar, Le Temple d'Edfou, I,-p. 56 et pl. XL D.

Sur l'exemplaire de cette cérémonie qui est représenté sur la paroi oucsl de la deuxième salle hypostrle du temple d'Horus à Edfou (époque de Ptolémée IV), la légende de ce tableau porte Î il — Ts |] (lire ) ter Le. = | ie | ÿ Es ériger la bn. son pére Min qui donne le pays Nègre pour satisfaire son cœur +. Sur lexemplaire de celle même cérémonie qui nous à élé conservé au pronaos (salle B de Marielle) du grand temple de Dendérah, Min en l'honneur de qui elle est célébrée porte, entre autres üitres, celui de \ (our pe À 2e Ei Pl « Horus fort qui jelle à terre les nègres , qui est le premier en Nubie-.

Le dieu 1thypballique était même parfois représenté avec un visage noir : par exemple sur un bloc de la “XIL dynastie, trouvé à Coplos el conservé à Manchester (ef. Perne, Koptos, p. 11 4e pl. Al. n°5), -— sur nn basrelief du Metropolitan Museum of Art de New-York (Max Mie, Eoypliai Mythology, p. 138), — el au temple d'Ipsanboul {L., 2, EI, 104 = Text, V,p. 141). | |

C'est peut-être également en sa qualité de dieu des nègres que le similaire de Min, Amon, est peint en bleu (couleur souvent confondue avec le noir) sur un bas-relief du règne d'Amenophis IT (cf. Pnisse n'Avennes, Histoire de l'art égyptien, 1, pl. 16; Roscuen, Lexikon der griech. und rôm.

Mythologie, au mot Ammon; Max Mëcren, Egyptan Mythology, p. 129).

(2) L'épithèle «en lapis-lazuli véritable » est-elle employée ici au sens propre et sommes-nous autorisés à croire que la statue du dieu élait réellement peinte en bleu? Je serais d'autant moins disposé à le croire que les formules récitées par le «ndgre de Pount» ne paraissent pas s'adresser à celle statue, mais bien plutôt au taureau blanc qui personniliait le dieu dans la partie de la cérémonie à laquelle nous sommes arrivés : le petit texte que je commente en ce moment n'ajoute-t-1l pas, en effet, immé- diatement après les mots «lapis-lazuh véritable» la phrase significative : «combien puissant est lon visage lorsque lu es en Jorme de taureau A: NO n

L'épithète «en lapis-lazuli véritable», qui semble donc avoir ici un sens

( CuassinaT, Le Temple d'Edfou, M, p. 56 et pl. XL 4. ®) Manierre, Dendérah, 1, pl. 23.

surement mélaphoricue U. se retrouve «ans l'hymne adressé À Min par le fl [ \ | } roi Ptolémée X sur le pylône du temple quil a crigé à Athribis de la Haute-

Éoypte w Perne, Athribis, pl AXXI\, col. 15, et traduction Walker, ibid, pre RTL ITS pe 1 an

La

+ __n d lot, FU seigneur Àpou el seigneur de Saw, lapis- véritable .

A . Le traducteur de ce passage a rendu par «the thrue La lazuli ru . of Sochmel»; mais Île mot Av semble bien n'avoir rien à voir avec la déesse Sakhmet; le déterminatif <= indique qu'il s’agit du verbe $lkm «être puissant», et nous sommes probablement en présence d'une nouvelle épithèle de Min commençant par ce mot. Les mols qui suivent l'adjectif us m3 «vrai, vérüabler demeurent done incertains. Mais ce qu'il est intéressant de noler, c'est que Min, au lieu d'être «vx vrai lapislazulir, est identifié ici avec la pierre précicuse elle: même : 1l est se vrar

lapis- luzuli».

N'oublions pas, d'autre part, que Min était originairement le dieu des régions minières du désert arabique, où l'exploitation des pierres précicuses (émeraude, turquoise, lapis-lazuli, etc.) a été de tout temps très active. Il ne serait donc pas impossible que nous soyons ici en présence d’une allusion à ce caractère essentiel du dieu ithy phaltique.

3) La stèle n°.911 British Museum (époque saïle) s'exprime d’une façon analogue : |T Ÿ AUR Pa nr = DT S À «salut à

s vers — us am 11

où, Horus! Tu es venu sur (sic) les pays étrangers, ayant été nommé en quahté de roi universel, el lu as revêtu la parure de Ré». [1 s’agit ici d'Horus, mais nous savons que ce dernier ne faisait qu'un avec Min, et c’est en raison de celle contamination par Horus) que Min a été de. bonne heure promu au titre de «ro: des dieux » ou «roi de tous les dieux», c’est-à-dire de dieu

U) Elle est, en tout cas, sans aucune relation avec l'épithète suivante attribuée à

Amon dans l'hymne de Darius I à Hibis (Grande Oasis) © “hi = à Vu iZ= =

«façonneur des pierres précieuses noires et de couleur clairer (cf Baucscu, Reise nach der Grossen Oase, pl. 27, col. 38).

® Nous trouvons des traces de cette contamination dès le Moyen Empire dans l'hymne gravé au verso de la stèle C. 30 du Louvre, où Min est expressément désigné comme fils d'Osiris, né de la divine Isis» (ef. entre autres, Sécu Hassan, Hymnes religieux, p. 140, et Moner, Le Nil et la civilisation égyptienne, p. LB).

universel, sans cesser toutefois d'être an dieu local. Ce passawe de l'allocu- Lion du œnépre de Pount> et de la stèle n° Q11 du British Museum constitue,

en fait. le commentaire des nombreux Utres faisant allusion à la royauté du

dieu tthvphallique de Coptos : L “ el variantes, 1) À | 4: ee A 1 (dès p) j NI L ? : pq,

le Moyen Empire), cl Eat TS dynastie), un etc. (1

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