L'ENVOL DES QUATRE OISEAUX (PL. VI
Le Lexle-programme nue par la phrase suivante : = er LE 18=la— \E — Rd = ANT ED ES + Ce dieu se pose sur le cu el Sa Magesté lt une grande ofrande à son père Alin re sa-Aère x ®. Voilà donc la statue divine arrivée, avec lout son cortège, l'endroit où aura lieu la cérémonie véritable, dont tous les épisodes . dents n'étaient, en somme, que le préambule. Cet endroit est celui où se dresse le Ayw du dieu. Les éditeurs antérieurs ont rendu ce mot par escalier (Treppe, Stairs), ou par {errasse®l, ou encore par socle (Rougé), par estrade, par autel (Daressy}, etc. J'ai eu l'occasion de montrer, dans un travail récent, que ce mot semble avoir désigné, en réalité, le reposoir sur lequel on apportait en grande pompe et exposait la statue du dieu itbyphal “ee (Min ou Amon) lors des fêtes célébrées en l'honneur de ce dieu. Ce reposoir affectait-1l la forme d'un simple socle, piédestal, ou d’une estrade précédée d'un escalier de quelques marches permettant de hisser jusqu’à son sommet l'image divine, ou bien était-il une construction plus complexe et plus importante? Nous n'ayons aucune donnée nous permeltan! de
(1 Voir ci-dessus, p. 66, au sujet de l'omission d'une partic de celte phrase par Champollion, Wilkinson et Lepsius. |
®) I] y a peut-être entre les deux propositions dont se compose celle he un rapport de temps : quand ce dieu s'est posé, elc., Sa Mujesté fait une offrande, etc.n.
G) Par exemple, Érman, Aepypten und aegypl. Leben, réédit. Ranke, p. 71, et Bcaceman, Luzxor and its Temples, p. 181.
4) Cf. Le rreposoirn du dieu Min (in Kémi, Il, p. 41-89). — M. Das vient d' FPS la même opinion dans sa Vie de Ramsès II, D. 16:ril (le dieu) s'avance jusqu'au reposoir où le roi s'est arrêté». |
208 HENRI GAUTINER.
répondre avec précision à cette question, mais Je serais loutelois disposé à opter pour cette dernière hypothèse.
Le dieu ayant donc été installé sur son reposoir, Pharaon pracède à une nouvelle grande offrande propitialoire ( ES) en faveur de son père Min-Kamoutef. Mais à la différence de la précédente offrande, qui avait été faile, on s'en souvient, au moment où le dieu avait élé extrait de son naos pour être transporté sur le lieu de la fête (voir ci-dessus, p. 129 el suiv.), celte offrande n'est pas représentée : elle n'existe que dans le texteprogramme. Elle ne pent donc constituer, dans }a division que J'at adoptée, un épisode réel de la cérémonte. Et nous devons lire qu avant Je testeprogramme pour vol cn quoi consislail Pépisode que j'at à décrire mamntenant et auquel j Jjat donné le numéro 4 dans mon découpage.
Malheureusement faccord constalé jusqu'ici entre Île lexle-programme el les représentations qu'il surmonte parail cesser à partir d'ici; le texte, au lieu de continuer à aller de l'avant dans sa descriplion des moments successifs de la cérémonie, semble revenir en arrière. C’est ainsi qu'il s’attarde encore à la description du corlège accompagnant la statue divine. alors que cette dernière est déjà arrivée sur le lieu de fa cérémonie, la sordisant terrasse de MM. Blackman et Erman, l’estrade ou autel de M. Daressy, en réalité le reposoir sur lequel on l'a déposée et près duquel vont commencer à se dérouler les divers rites de la cérémonie.
Le texte-programme dit, en effet, qu'un taureau blanc s’avance devant Sa Majesté et que les Statues des rois défunts, ancêtres du Pharaon régnant, se tiennent des deux côtés, sur la droite et sur la gauche (du cortège, ou du reposoir?), tandis qu'une catégorie de participants, dont le titre est malheureusement détruit, chantent Îes louanges de ce dieu.
[ y aurait peut-êlre un moyen d'expliquer ce désordre apparent dans l'exposé des faits par le texte-programme. Ce serait d'admettre que la phrase CRT eo. My 1 H. ne concerne pas, comme Je l'ai admis ci-dessus, l’arrivée du dieu au reposoir, mais plutôt son transporl même sur son pavois. Cette phrase, si elle se référait encore au transport du dieu et non à son installation sur le reposoir au terme de ce transporl, serait, en une cer- {aine mesure, bien à sa place, puisqu'elle précède la mention du taureau blanc dans le texte-programme exactement comme ce taureau précède le pavois du dieu dans le cortège.
Je vois, cependant, à cette nouvelle interprétation deux graves diflicultés :
1° Le verbe 7% du texte-programme «reposer, se reposer, élre en repos » ne saurait s'appliquer à un mouvement de la statue divine, à son déplacement ou transport; 1} implique une 1idéc statique d'immobilité et non une idée dynamique de transport;
° Le pavois d'apparat sur lequel est transportée la statue de Min n'a rien de commun avec le reposoir muni de quatre marches d'escalier que représente le déterminatif F du mot hÿw servant à désigner l'objet sur lequel le dieu «repose > |
Je #
Quoi qu'il en suit done de cette divergence entre l'ordre des scènes el. l'ordre du texte- -programme, les phrases de ce dernier qui suivent immé diatement la mention de la grande offrande faite au dieu par Îe roi, du APN UE Wet", etc. jusqu'à *Y1nti= 11197 4 inclus, concernent : 1° le taureau blanc qui précède le roi dans la procession; puis 2° les statues royales qui sont-portées tout à fait en avant du cortège, avant les prêtres porteurs des offrandes et des enseignes divines; enfin 3° dans le passage obseur et mal conservé les chantres et les récitants divers des litanies de Min.
Tout cela, en somme, se rapporte encore au cortège processionnel el ne constitue pas, à proprement parler, un acte nouveau de la cérémonie. On a impression que le décorateur a cherché à développer cette partie du texte-programme, de façon à remplir tout l'espace qui lui restait dispomble sur la paroi nord, cet espace étant forcément très grand en raison de la longueur du cortège qui se déroule au-dessous de la bande de texte.
Ges phrases confirment de la façon la plus catégorique l'association étroite du roi régnant et des statues des rois antérieurs à la cérémonie : les htanies récitées par des personnages, probablement des prêtres, dont le titre a malheureusement disparu, sont, en effet, à l'intention non seulement du dieu Min sous forme de taureau blanc, mais aussi (UT À) du À vivant du roi et des rois défunts qui ont précédé le rot régnant sur le irône des deux moitiés de l'Égypte.
Décrivant cetle scène de l'arrivée du cortège de la statue divine sur Îles heux où se dresse le reposoir, M. Erman en a donné l'interprétation que voici : le cortège divin, avec Îc laureau et {ons les autres éléments qui Îe composent, se dirige à la rencontre du roi qui, sur la terrasse où sont dressés deux mâts surmontés de la coiffure du dieu. attend l’arrivée de la procession i cf. Aepyplen und aepypt. Leben, édit. Ranke, p. 71). Mais il y a lieu, me semble-t1l, d'opposer à cette interprétalion au moins les trois
objections suivantes :
t° [n’y a, en fait, aucune terrasse visible ici, et les larges sandales dont Le rot est chaussé reposent, fà comme ailleurs, directement sur le sol. comme les pieds de tous les autres personnages. Ce que \1. Erman a désigné sous le nom de Terrasse parait êlre, en réalité. le hÿw, ou reposoir, de Min, lequel n'est pas représenté dans la cérémonie bien qu'il y soit fait allusion à maintes reprises. Il n'existe aucune bonne raison de penser que le roi montait en personne sur ce reposoir, destiné uniquement à recevoir la statue du dieu. Tout au plus, ainsi que nous le verrons plus loin, un passage du Lexte-programme nous autorise-1-1l à admettre que ce reposoir contenait peut-être une salle (?) dans laquelle le roi pénétrait et dont ensuile, après la cérémonie, 1l sortait (=). Et encore celte hypothèse même est-elle douteuse, le verbe pr pouvant avoir 1ei le sens de «s'éloigner » plutôt
que celui de «sortir » U},
9° Le roi n'a pas à attendre l'arrivée de la procession, puisqu'il en fai lui-même partie; on ne peut pas dire, d'autre part, que celle procession marche à sa rencontre, puisqu'elle s’avance dans la même direction que lui; il est plus conforme à la réalité de dire que le roi, qui marche en tête de la procession, fait à un certain moment volte-face, comme nous le lui avons déjà vu faire au cours du deuxième épisode (pour encenser la statue divine el lui présenter la «grande offrande»); ie 11 se relourne pour accueillir le cortège divin à son arrivée à l'endroit où se dresse le reposoir.
C'est probablement ce changement dans l'orientation de la personne royale que le texte-programme veut indiquer en disant que le roi a «le
visage tourné vers le nord».
(3 Voir ci-dessus, chap. 1v, p. 101-1002.
3° [lne me parail pas exact, d'autre part. de reconnaitre la coiffure de Min dans l'emblème qui surmonte chacun des deux mâts (?) dressés verticalement sur un support. Les plumes fixées au mortier du dieu 1thypbalique sont loujours droiles et rectilignes, ff, landis qui elles sont recourbées en sens divergent à leur partie supérieure, I. Les plumes de Min et de ses sinilaires n’encadrent jamais, d'autre part, le disque solaire, comme c'est ici le cas. Îl s’agit donc de la coiffure osirienne, identique à celle qui se trouve insérée entre les cornes du taureau blanc sur chacune des deux représertalions de cet animal.
Le texte-programme intercale ici La description de l'épisode de l'offrande de la gerbe d'épeautre; puis 1l en vient à la scène de l’envol des quatre oiseaux, que les représentations placent, au contraire, avant l'offrande de la gerbe : « Aprés, dit-il, que le rot est sort (?) du hijw, le aisage tourné vers le nord, et tandis qu'il fait le tour du hijw, on fat avancer deux prêtres w‘b porteurs des génies de l'Est [qui sont] fixés en face de ce dieu [et dont] les visages sont tournés en arrière. Tandis que les deux queucs de taureau sont dans la main des deux prêtres w'h qu'on surnomme «les rassasiés », ils accomplissent leurs rites, et tandis que le roi donne la voie aux quatre oiseaux sr}, ts lisent leurs formules (?).» | |
Rougé ne semble pas avoir remarqué la solution de continuité que présente 1c1 le texte-programme. Mais M. Daressy a fort justement observé que ce passage, rejelé après la description de la scène de l’offrande de la gerbe (il appelle «scène de la moisson » cette dernière scène), se rapportait, en réalité, à une scène que les représentations placent avant celle-ci. Il y a donc [à une nouvelle interversion, une nouvelle discordance entre l'ordre suivi par le texte-programme et l’ordre selon lequel sont représentées les scènes. La signification de ce désaccord nous échappe abso- Îument, et nous ne savons pas s'il était voulu ou purement accidentel.
+ Par sa proximité avec l'épisode de f'envol des quatre oiscaux, tant dans les scènes que dans le texte-programme, la petite scène des deux prêtres
212 IHENUL GAUTIHIER.
la queue de taureau est raltachée de la façon la plus évidente à cet épisode des oiseaux, sans que ioutelois le Hen logique centre les deux scènes apparaisse clairement.
Voici en quoi consiste celle pelite scène. Deux prêtres, la tête rasée, se retournent vers le cortège qui les suit. Ils sont disposés exactement lun au-dessous de l'autre, dans une altitude identique, vètus du même costume et porteurs du même attribut. Get attribut est une longue queue d'animal qu'ils tiennent à deux mains par son extrémité supérieure, {andis que l'extrémité inférieure retombe presque au niveau d’un socle ou escabeau sur lequel est dressé verticalement l'emblème des «gdnies de l'Esi», que j'ai décrit plus haut.
Sur la nature de ces deux emblèmes absolument identiques entre eux et surmontés de la coiffure osirienne, le Lexte- -programme nous éclaire quelque peu lorsqu'il Gil qu'eon fait avancer deux prêtres-purs avec [c'est-à-dire portant] les génies de l'Est+, et que ces deux emblèmes sont «firés en fuce de ce dieux (c'est-à-dire face à A in). Sur la signification de ces «pdnes de l'Esi» et sur leur rôle au cours d’une cérémonie en l'honneur d’un dieu que ses plus lointaines origines et sa parenté même ratlachaient, en effet, à l'Orient, je renvoie à ce que j'ai dit plus haut 1"). = Une question resterait à élucider : pourquoi les deux prêtres-purs, après avoir apporté ces longues hampes surmontées de la coiffure osirienne el Les avoir solidement fichées dans des supporls-socles devant Île roi, détournent-ils la tête pour regarder en arrière (YF e. }? Nous n'avons, malheureusement, aucune donnée nous permettant de répondre de façon convenable à cette question. |
Les deux prêtres représentés l'un au-dessus de l'autre, auxquels le texteprogramme donne Appel Anon d'ensemble [E [fs «deux prêtres-purs » et dont il nous apprend qu'on les surnomme les rassasiés », sont désignés sur la scène chacun par son titre spécial : l’un est le == hrj-B n Mnw (Ramesseum) ou [#47 (Médinet Habou), l’autre est un simple [T wb «pur». Rougé (Mélanges d'archéologie, 1, p. 131) a lu à tort le premier de ces tilres #17 el a proposé de le traduire «le chef du pays de Khem», ce quin n'offre évidemment aucun sens plausible, car d’une
C1 Voir chap. 1v, p. 103-104,
part les Égyptiens ne désignaient aucune région spéciale sous le nom de «pays de Minx, et d'autre part il est impossible qu'un simple prêtre ait pu être appelé +che/> d'une contrée. M. Daressy ne s'est pas occupé de ce tre, qu'il n'a même pas mentionné. Le TFérterbuch der aepypaschen Sprache à interprété le groupe hr7-5 comme désignant «cehu qui vit sur la terre » (auf Erden lebender), c'est-à-dire l’homme vivant par oppoation à l'homme mort; Île EE de Min aurait donc été quelque chose comme <e svant de Mins, ce qui, d'ailleurs, ne nous renseigne en aucune manière sur le sens exact de ce titre ni sur la nature des fonctions qui ÿ étaient attachées.
Ce Uütre, qui parail avolr été fort rare ei dont ! jen ‘al pu. en loul cas, relever aucun autre exemple en relalion avec cle dieu Min, existe au temple d'Edfou sous la forme LIYYR hrj-8 (2) n fr «le ee ) d'Horus » 5, où 1} parait LE au roi. Nous .. ici en présence d'un bel indice de identité de Min et d'Horus. Plusieurs titres spécifiques du clergé d'Horus d'Edfou ont été automatiquement transférés à Min de Coptos et d'Akhmim lorsque ce dernier a été assimilé à Horus. |
Ainsi que le dit encore le texte-programme, les deux prêtres-purs tiennent en main chacun la queue d'un animal (N ES 4 CTI sur l'identité duquel j'ai donné plus haut un melti d'indications tendant à prouver que c'était un taureau (}. Mais tandis que celte queue de taureau, soit lorsqu'elle est représentée isolément, soit lorsqu'elle est fixée par son extrémilé à la ceinture du roi, est généralement rectiligne, nous la voyons 11 recourbée. Il est fort peu vraisemblable que l'explication de l’acle accompli avec cette queue recourbée par les prêtres soit à interpréter ainsi que l’a tenté M. Daressy : «les deux prêtres qui tournent la tête font semblant de piocher à la base de ces enseignes avec des queues de bœufs ». On ne voit pas, en effet, comment une queue de taureau, si rigide soitelle, pourrait faire l'office de pioche. 11 y a là un rite encore mal connu, mais qui est très probablement en relation avec la présence du taureau à la cérémonie.
(Tome II], p. 136.
® Voir mon étude sur Le personnel du dieu Min, où j'ai étudié ce litre plus en détail. ® CT. von Beremann, Hieroglyphische Inschrifien, etc., pl. ALT, col. 1 el p- 92.
(1 Voir chap. 1v, p. 105-106.
Nous savons. en tout cas, par le grand et important hymne à Min-Amon conservé en double exemplaire sur la statue n° 0959 du British Museum el sur le papyrus n° 17 de l’ancien Musée de Boulaq, qu'un des nombreux ütres attribués au dieu 1thÿphallique était précisément celui de ms mnkr.ij «celui qui est munt de la queue postiche mnkr.t» 1. La leçon en deux mots donnée par le papyrus du Caire || mn krtj, sur laquelle avait cru pouvoir s'appuyer M. Erman pour traduire «mit festen Hôrnern », c'està-dire «aux cornes solides », est évidemment faulive et doit être considérée comme une corruption tardive {dont il existe, d'ailleurs, un autre exemple au papyrus n° 344 de Leyde) de la leçon correcte en un seul mot donnée par la statue de Londres. | | |
J'ai eu l’occasion d'observer plus haut que le taureau blanc d'Osiris est représenté deux fois sur les scènes de la cérémonie. Les lextes ne faisant. toutefois, allusion qu'à un seul animal, j'en ai conelu qu'il n’y avait pas deux taureaux, mais un seul. Or la représentation de deux personnages tenant chacun une queue de taureau me fait douter maintenant de l’exacütude de mon interprétation. Si ces queues sont réellement {et cela ne paraît guère douteux) en relation intime avec la présence de l'animal immolé en fin de cérémonie, ne pourrait-on pas admettre qu'après le sacrifice des animaux consacrés, chacun des deux prêtres, le krj-6 n Anw et le w'b, en recevait une, pour les besoins de quelque pratique rituelle précise dont le sens nous échappe? | |
Enfn, avant de quitter ces deux personnages, il convient d'observer qu'on voit encore au Ramesseum, au-dessus du prêtre (] , quelques mots fimssant par le mot N—-; tandis que ce texte n'existe pas à Médinet Habou.
Outre ces deux prêtres à la queue de taureau, la scène comporte encore {rois autres personnages :
1° Au registre supérieur, le 3 ? ou «offciant en chef», tenant à la main gauche le rouleau de papyrus, insigne de sa charge. |
® Voir-Sécrm Hassan, Hymnes religieux, p. 176-177.
LES FÊTES DU DIEU MIN. 21à.
| Au renisire inférieur, derrière le prèlre ae un individu de grande
taille tenant à li main droite un bâton de commandement (?) 4. Ah} Daressy : a vu en lui un maitre des cérémonies. En tout cas, il semble que ce soil lui que Le prêtre ae el probablement aussi son acolyle du registre supérieur le lr7-6 à Mnw, regardent tont spécialement comme s'ils attendaient
de lu: un LdC:
a° Derrière ce personnage . un autre. la tête rasée comme les deux
he
prêtres à à la queue de taureau, qualifié ji wb> au Ramesseum. 1 ob Mie à Médinet Habou, c'est-à-dire peut-être + sntendant (?) (régisseur) de Min. laisse échapper de sa main droite le dernier de quatre oiseaux dont les rois autres ont déjà pris leur vof dans la direction du roi.
[ s'amit, en effet, dans celle scène, de deux actes différents se attachant À un . unique : la destruction des ennemis du rot dans les quatre direclions du monde et le lâcher de quatre oiseaux vers chacun des qualre points cardinaux pour annoncer à l'univers entier soit l'avènement du roi, soit l'anniversaire de cet avènement l/, | La première des deux parties consülutives de ce rite est indiquée par les armes que porte le roi, bâton, flèches et lance (° ). Arrivé, en effet, avec toute la procession, au reposoir de Min, le roi a fait volte-face et accueille le cortège. Il est 1c1 coiffé de la doible couronne, blanche et rouge, de Haute et de Basse-Égypte, et non plus seulement, comme avant, de la simple couronne rouge de Basse- Égypte. Parallèlement à cette substitution de couronnes, nous constatons un changement dans la divinité qui enveloppe de ses ailes protectrices la personne royale : ce n’est plus l'uræus Ï | 1- de la déesse Bouto comme dans le cortège processionnel, mais bien le vautour 71 de la déesse Nekhbet de la Haute-Égvpte: ce n’est donc plus ici en tant que souverain de Îa Basse-Égypte, mais bien comme rot de la Haute-Égypte, que Pharaon va officier. Il convient enfin d'observer qu'en outre du long bâton verlical de commandement, le roi tient à la main droite deux flèches, tandis que la main gauche porte, obliquement inchi-
() Plutôt que l'admission auprès de soi par le dieu Min du roi à la suite de ses ancêlres, comme le pense M. Parain (Vie de Ramsès IT, p.16).
née, une lance. Ces armes, qui ne sont pas, comme Fa cru M]. Kees ( /Jorus und Seth, p. 21, note 4), un arc ({Bogen), une lance (Speer) et une flèche (Pfale), indiquerit que nous sommes en présence du rite consistant à tirer sur les ennemis :lu roi aux quatre points cardinaux, et ce rite a pour but de faire répéter au rot, représentant d'Horus, lors de son avènement ct à chacun des anniversaires de cet avênement, Îe combat légendaire qui avail été hivré jadis par ce dernier à son rival Seth, dont les ennemis avaient également été détruits dans les quatre directions. Ge rile ancien de la destruction des ennemis d'Horus est représenté au temple d'Edfou 1), et les texles religieux relatifs au dieu Seth y font également de fréquentes allu- Sins, | |
Quant à la déuxième partie constitulive du rite en question, le lâcher des oiseaux aux quatre points de l'horizon, je rappelle que sa signification a été pour la première fois dégagée par Champolhion ®. Le sens en est, d'ailleurs, clairement indiqué par la légende verticalement tracée entre les deux prêtres du registre supérieur ef au-dessus de la tête du 5 de ce
registre. Ge dernier prononce, en effet, la formule c consacrée pour le lâcher + Éssttesent Vs hi ! .
des oiseaux : 7 # X (Ramesseum ), nd in X (Médinet
æ mil Lil
Habou), «donner la voie aux quatre oiseaux sr.w ». ,. Et la formule du texteprogramme : À] L AA 4 ui TER, «voici que le roi donne la voie aux quatre oiseaux srj.[w]», complète de la façon la plus utile les indications fournies par la scène elle-même : bien que les quatre oiseaux s’échappent des mains du personnage appelé wb? Mnw, c’est donc, en réalité, sur l'ordre formel du roi que ce dernier les lâche, et c'est le roi qui fait part aux quatre coins du monde de heureuse célébration soit de son couronnement, soit de l'anniversaire de cet événement.
Ces quatre oiseaux personnifient chacun l’un des quatre génies canopes, fils d'Horus, messagers aïlés auxquels nous savons que ce dieu avait eu jadis recours, aux origines lointaines, pour faire part aux autres dieux de son avènement sur le trône d'Égypte. La formule continue, en effet, en
ces termes :
® Cf. Baucsc, Drei Fest-Kalender, elc., pl. WT, 1. 18, et p. 23. Voir aussi Erman, Die aegypüsche Religion, p. 236.
1 Voir ci-dessus, p. 40.
Le |
A. — Ramesseum : | cn [n | un L. idem = x R— | idem sa - | à idem + lee
AL item RIT em
TASST RAS
LRO IÏRTAEY
B.— \lédinet Habou :
ISERE NE
ERA RTET
« Ô Amset, [6 Hapi, 6 Douamoutef, 6 Qbehsennouf|, hâte-toi vers le sud, [vers le nord, vers l'est (var. vers l’ouest), vers l'ouest (var. vers l'est)], et dis aux dieux du sud, [du nord, de l'est (var. de l'ouest), de l'ouest (var. de l'est], qu'Horus fils d'Isis et d'Osiris a ceint la couronne blanche et la couronne rouge,
que Bamsr: 1 (var. Dies PT) à cent la couronne blanche et lt couronne
l'ougre. %
Il ne prrait donc pas douteux que ce rite de la fête thébaine de Min- Amon ait clé en relation, sous Ramsès II et Ramsès III , avec la commémoralion soit du premier couronnement de chacun de ces rois, soit de Panne versare de ce premier couronnement. Nous ne sommes pas, cependant, autorisés à conclure de cet épisode particulier, ainsi que l’a fait Wilkinson‘i, que l’ensemble de la cérémonie représentait exclusivement Île couronnement du rot. La date du premier (?) jour du premier mois de la saison d'été, laquelle &tait célébrée à Thèbes la fête dite «sortie de Min», était ue blement u:ie date absolument indépendante de celle à laquelle était célébré le couronnement des divers Pharaons. Autant l’une était fixe, autant l'autre devait être variable, à moins qu'on ne soit disposé à admettre {ce qui parait peu vraisemblable) qu'au début de chaque règne on attendait le retour dela fête de Min pour faire coïncider avec elle. en la lui adjoïgnant à titre accessoire, la cérémonie du couronnement du nouveau souverain. |
L'épisode du lâcher des quatre oiseaux aux quatre points cardinaux pour annoncer l'avènement du roi est une survivance curieuse d'un très antique usage. « Les texles des Pyramides, a remarqué M. Moret, au moment où le mort identifié au dieu Osiris devient comme celui-ci un roi des deux Égyptes, nous donnent une formule adressée aux dieux de l'occident, de lorient, du sud et du nord : proclamation doit être faite par ces dieux que le défunt divinisé est bien fils d'Hathor engendré par Seb, et quil se lève comme le second d'Horus, celui pour qui les quatre génies d'Héliopolis ont écrit un rescrit {d’avènement}»
Ïci, nous sommes en présence d’une cérémonie analogue : « Le roi, avant de célébrer le service sacré, avait dû subir les purifications décrites { dans le rituel ordinaire du culte divin], c’est-à-dire qu'il avait été couronné à nouveau : aussi, à un moment de la cérémonie, on lächait aux quatre coins de
l'horizon quatre oies {personnifiant les quatre enfants d'Horus, etc.) » M.
G) Voir ci-dessus, p. 43.
® CF. Pyrainides, $$ 462-467, cités par Moncr, Le Rituel du culte divin LC en Égypte, p. 27-28.
® Moner, ibid., p. 28.
Cel épisode, qui avait ainsi sa place marquée dans la ecichration de La fôte de Min, se trouve encore représenté dans maintes autres cérémonies, par exemple dans la cour de Nectanébo Î à Médinet Hahou UM puis à Edfou à propos de la grande fête annuelle d'Horus , enlin à Dendérah sur une architrave décorée au temps de Plolémée Césarion et décrivant Les riles de la veillée d'Osiris #. | | |
À Edfou, la scène est décrite dans le même détail que dans la panégyrie de Min qui nous occupe : - Est donnée la voie à ces quatre ciseaux Ko dans la direction du sud, du nord, de l'ouest et de l'est. L'liérogrammate prononce la formule [suivante] : Amset, häte-toi vers le sud [et] dis aux divinités du sud qu'Horus d'Edfou, grand dieu maître du cel, a saisi la coinronne blanche avec la couronne rouge; Hapi, hüte-toi vers le nord {et} dis aux divinités du nord qu Horus d'Edfou, grand dieu maître du ael, a saisi lu couvonie blanche avec la couronne rouge; Douamoutef, hute-toi vers l'ouest et! dis aux divinités de l'ouest qu'Horus d'Edfou, grand dieu maître du ciel, à saisi la couronne blanche avec la éouronne rouge; Qhehsennouf, . hüte-toi vers l'esi Let) dis aux divinités
de l’est qu'Horus d'Edfou
: grand dieu maître du ciel, a sais la couronne blanche avec la couronne rouge »
L'épisode du lâcher de quatre oiseaux y est suivi à Edfou, dans l'inscriplion publiée et traduite par Brugsch, de quelques mots disant que le roi prend son arc el lance des flèches dans la direction des quatre points cardinaux. De même À Karnak, nous voyons Thoutmôsis HT bandant son arc el décochant une flèche vers chacune des quatre directions 5). Cette double manifestalion avail probablement pour but, ainsi que l'a supposé Moret, «de définir le pouvoir qu'a le Pharaon [successeur d'Horus sur le trône d'Égyple] de lancer, comme le soleil, ses rayons dans les quatre
parties du monde ».
on) Danessr, Notice explicative des ruines de Médinet Habou, D: 7:
Ci Brucscu, Drei Fest-Kalender, etc., p. 13 et pl. VIT, 1. 19-22.
® L.,D., IV, 53 a. — Voir au sujet de ces diverses représentations : Morer, Rituel du culte divin, p. 28, note a ; Du caractère religieux de la royauté pharaonique, p. 104; Du sacrifice en Éprypte (in flevu2 de l’histoire des Relirions, 1908/1, p. 86-89).
® À Dendérah, le texte est le même, avec la différence que les paroles devant être . adressées par chacun des oiseaux aux divinités des régions vers lesquelles ils prennent respectivement leur vol n'ont pas élé écrites.
6} Cf. Morer, Du caractère religieux, p. 105, fig. a1.
F ct à observer, : en outre, que dans la seconde salle hypostile du temple d'Edfou, la scène du lächer des ciseaux est encore représentée ; mais les oiseaux ne sont 1ci que frois, au heu de quatre, et d'autre part ils sonL tous les trois d'espèce différente : un faucon, un vautour el un ibis. Chacun d'eux est perché sur un support! en forme de srh et regarde le roi. Ce dernier les prend ensuite l'un après l'autre dans sa main gauche {?) et les lâche dans la direction du dieu Horus qui lui fait face, en même Lemps qu'il récite à l'occasion de chaque envol un des trois hymnes contenus dans l'inscription gravée au-dessus de la scène. |
Sur la nature des oiseaux ainsi lâchés lors de la fête thébaine de Min et en d'autres solennités, on a beaucoup discuté. M. H. Boussac, par exemple, s'est efforcé de démontrer que dans la scène du Ramesseum il s'agissait de pahmipèdes, parmi lesquels figuraient eux canards pilets, tandis que les deux autres seraient impossibles à identifier. À Médinet Habou . au conlraire, les oiseaux seraient quatre pigeons. tandis qu'à Edfou ce seraient les qua tre génies canopes fils d'Osiris, et à Dendérah quatre vautours de mer ). Mais 1] ne semble pas qu'il y ait lieu de faire grand fond sur ces distinelions, l'auteur ayant uniquement travaillé sur des reproductions, plus ou moins fidèles, et n'ayant jamais eu recours aux documents originaux. H est plus raisonnable d'admeltre, au contraire, qu 1 s'agit, dans tous les cas, d’un seul et même oiseau. |
La légende de la scène désigne ces oiseaux sous le nom de XX: (sr.w ) 6), déterminé par l'oiseau en plein vol, tandis que le texte-programme orthographie ce nom Lie, srj.[uw w], ou peut-être {?) s7r.[w], et le détermine par l'oiseau posé à terre. Les lexicographes, et en particulier les auteurs du Wôrterbuch de Berhn, ont rapproché ce nom de celui de l'oiseau bien connu = Vo ra fe @ fr, qui semble avoir désigné
soil une espèce d’oie ), soit le canard ().
(9 Cf. Cnassnar, Le Temple d'Edfou, W, p. 13-16.
1 Rec. de trav., XXXNI, 1911, p. 61-63. L'auteur a, du reste, confondu les titres des prêtres avec le nom de l'oiseau.
® Orthographe de Médinet Habou. Le Ramesseum donne seulement
(9 Opinion la plus généralement admise : ef., par exemple, Eruan-Grarow, Worterbuch der aegypt. Sprache, IV, p. 191-199 : seine Art Gansr.
Selon M. Jéquier. |
Cet oiseau, écrit a:ssi 1 — ou —, ou même simplement , est un des cinq oiseaux personnifiant les compagnons de Seth que l'on sacrifiait au Pharaon identifié avec le vainqueur de ce dernier, Horus. On le trouve mentionné, dès les texies des Pyramides}, en compagnie des quatre aulres D — (ou En ) mal, et loujours entre