A2 IH
Tu bnty ét (var. Sktuw.f) ci la tête de ses champs» est également attribuée au dieu Kamoutef, forme ithyphallique d Amon, sur un fragment de stèle de basse époque qui à été récemment trouvé à Médamoud : : et — (TENTE
\in-Amon est encore neliement défini comme dieu de {a végétation dans la phrase suivante du grand hymne de la fin du Moyen Empire qui nous à été conservé par la statue n° 4Aog5g du British Museum et par le papyrus n° 17 de l’ancien Musée de Boulaq (publié, traduit et commenté en dernier lieu par M. Sélim Hassan)}. Le dieu y est qualifié, tout au début de a partie conservée par le fragment de statue : «celui qui a fait les
hommes et créé les animaux, maître de ce L existe , 17 LUN | . pra
HE LIPRR AT (statue) = KRRAT
œuu oie PA ii ru: (papyrus) «qui a créé
® pus pres
l'arbre de ne 6}, celui de l'œil de qui sont sortis tous les herbages (var. {celui qui a créé] les herbages faisant vivre les troupeaux)».
(® Hymne à Amon du papyrus n° 17 de l'ancien Musée de Boulaq, pl. 1, L 3 : Grésaur, Hymne à Ainon-Ra, p. 4. CF. Sevrue, Amün und die acht Urgütter von Hermopolis, p.21, $ 29 : «der gebielet auf seinen Feldern».
® Hymne d'Amon à la Grande Oasis : Baucseu, Reise nach der Grossen Ouse, pl. XXVE, col. 38. Cf. Serue, Amün, etc., loc. cit.
® Sgrue, Urkunden der 18. Dyn., p. ggo. Cf. SeTur, Amün, elc., p. 29. note 6.
(9 CF. Bisson pe La Roque, Rapports préliminaires sur les fouilles de l'Institut français d'Archéol. orient., t. VI, Médamoud 1998, p. 30.
5) Hymnes religieux du Moyen Empire, p.157 ei suiv. Voir, en particulier, pour Île passage qui nous intéresse ici, p. 158-159. :
() «L'arbre fruitierr (Sélim Hassan ).
À la basse époque. les textes gravés dans la salle spécialement consacrée au dieu Min dans le temple d'Edfou contiennent ceriuines indications qui confirment l'importance du dieu en tant que dieu de la fertilité des champs, des jardins et des vergers.
«) Le roi interpelle Min en ces termes :
T2 ue IQ ne a «salut à toi dans le champ (?) auguste (?) où
sont rassemblés les membres divins n (Guassinar, Le Temple d'Edfou, X, p. ho5-
ho6).
b) Tout à la fin de l’hymne au dieu qui est lracé sur Le montant intérieur droit de la porte débouchant dans cette salle, Min est dit :
til PA, TT Y ] l FE nn à Eee Fun =. rs À À & Sen eEUr «tes Lestiuux,
créant pri assurant leurs pains perpétuellement + 0} {Prenz, Juseript. liérogl., 9° série, pl. LIV, À et LV et p. 34-35; Cuassiar, op. «t., , p. hoo). | - | |
Le dieu ithyphallique, en tant que dieu de la végélation, était naturellement le pourvoyeur de la nourriture des bestiaux el, comme te, il présidait non seulement à leur vie matérielle mais aussi à leur reproduction.
c) Le roi, s'adressant au dieu, lui dit :
MAUDIT SRE LT coins ne vigue (?\ vers ton champ, [vers] tes plantes ksb.t éclatantes [couleur | de tur-
quorse el de lapis-lazulh » (Düurcsen, Allaegypt. Tempelinschrifien, 1, pl. XXXIT; Preus, op. at, 9° série, pl. ALVIT, O et p. 29-30; Cuassinar, op. ait. T,
Cetle phrase, inspirée des textes des Pyramides (456 D), est une survivance d’un passage du vieil hymne à Min qui nous a été conservé par la sièle du Musée Royal des Antiquités de Parme que M. le Prof. Lange, de Copenhague, a publiée ei en 1927 : «Salut à Loi, Min-Amon seigneur de
() La traduction de M. Sélim Hassan (Hymnes relipieux, p. 163): qui en a assuré
la multiplication perpétuellement» me paraîl impossible. Le mot se k, copie OGIKk,
est ici, en parlant de besliaux, pris au sens figuré de «aliments, nourrituren.
a dut, RENAN LL TITE. rio!
nanigue (?) [uers] tes champs, [uers] tes plantes ksb.t dorées, couleur d'émeraude et de pierre Urr.t (c'est-à-dire : dorérs, vertes el bleues) (1.
[ y a là une allusion aux couleurs vives dont se parent Îles campagnes au moment de la floraison des diverses plantes. Le jaune, le vert et le bleu, les couleurs les plus fréquentes, sont désignés respectivement par le nom du métal ou de la pierre précieuse de même teinte. L'indication de Îa pierre bleue (£/rr. t) nous permet de supposer que lorsque Min est désigné, par exemple dans le chant du nègre de Pount, comme le dieu en fapislazuli véritable ®), c'est en sa qualité üe dieu champêtre, de producteur des fleurs aux vives couleurs bleues 6). |
Enfin c'était sans doute aussi à titre de dieu de la végétation, des plantes alimentaires et des fruits, que Min était souvent qualifié d’une ou plusieurs
des épithèles suivantes :
a) Din . Re me Sn ever on en 0, randes, créateur des
pr ovisions de bouche» (papy rus n° 17 de l'ancien Musée de Boulaq : Maperte, Les papyrus hiératiques du Musée de Boulag, pl. IE 7; Grégaur, Hymne à Amon- Ra, p. 7: elc. À
b) tr a Fe caccumulateur d 'offr andes » (chapelles d'Ergamène à Dakkeh et d’Azekhramon à Débod : Rosren, Les Temples immergés de la Nubie, Der Tempel von Dakke, [, p. 260, el If, pl. 103, el Debod bis Bab Kalabsche,
P- À et pl. 2 9 ).
c) FPE pus x eaccumulant (f des choses (les offrandes) pour son père» (naos plolémaïque de Coptos au Musée du Caire : Perrie, Koplos, p. 20; SETIE, Urkunden der griech.-rôm. Zait, l 6h: Rozner, Catal. gén.,
Naos, p. 10
G) Cf. Lance, Ein liturgisches Lied an in (in Sitzungsberichte der Preuss. Akad. der Wiss., Berlin, 1997/11, p. 331-338).
@) Voir ci-dessus, p. 200 et 209-203.
1 À moins que ce ne soit, comme je l'ai suggéré plus haut (p. 202), parce que son visage est parfois représenté peint en couleur bleue.
3 Ou peut-être simplement : présentateur. Cf. Erwan-Grarow, Würterbuch der aegypl. Sprache, {, p. 257 : Ï | À = mé OÙ p°= th ih.4= der Opferer re
23h HENST GAUTHEER.
LS I | N\ 9 4 preanea : 4 ; di AN Q vie | zic F4 E + Min rot, Horus puissant, entassant des offrandes dans l'Abaton » (tete du temple de Phiæ eité par Baucsen .
| à ñ \ Thesaurus, p. 796 ).
Le caractère agraire du dieu it:yphallique n’est donc pas douteux. Mais était-il'un caractère original de Min ou, au contraire, fut-il seulement acquis par lui au cours de la longue histoire de son culte? On peut, semble-t1l, pencher avec W. Mas Müller ® pour cette dernière opinion el admettre que Min ne devint un dieu de Ja végétation et de la moisson qu'à la suite de son identification avec Osiris, le dieu agraire par excellence, en qui était personnifiée la force sans cesse créatrice de la nature. Sir James Frazer a fort bien noté et étudié en Osiris le caractère de dieu agraire @), el 11 a montré comment le deuil mené par Isis lors de la mort de son époux élait, en réalité, la plainte qui s'exhale des champs vides de leurs récolles el paraissant eux aussi morts jusqu'a ce qu'une nouvelle germination vienne les rappeler à la vie. Ce rapprochement entre lin et Osiris était réel et intime, el nous en trouvons une preuve irréfutable dans le fait que Min était représenté, lors de la célébration de la fête thébaine de sa «sortie», par un taureau coïffé du diadème propre à Osiris.
(2) «Ramss II (var. : Ramsès LIT) voit la couronne (?) de ton front.» — Les traducteurs antérieurs ont méconnu le sens de ce passage. Rougé l'a même complètement passé sous silence, tandis que M. Daressy, en interprétant ce passage par « Ramsès a fait la moisson », semble avoir confondu dans le verbe 7 m3 «voir» avec quelqu'un des verbes déterminés par la faucille 7 et signifiant «moissonner ». |
(} Egyptian Archæology, p. 138-1309.
@ Voir aussi sur le caractère de dieu de la création sans cesse renouvelée et de la vie perpétuelle atiribué à Osiris : Miss Murray, The Osireion at Abydos, p. 27; J. À. Doraure, Des divinités génératrices chez les anciens et les modernes; Monet, Du sacrifice en Égypte (in Revue de l'histoire des Religions, 1908/1, p. 86-87); Fr. Zimmermann, Die ägyptische Religion nach der Darstellung der Kirchenschrifisteller und die ägyptischen Denkmäler (Paderborn, 1912), p. 44; etc.
Le mot V4 et, déterminé par la couronne de la Hante-Evvpte, ne peul signifier autre chose que «couronne x. C'est 1, toutelois. un mot que }
les Dictionnaires :'oni pas encore relevé.
(3) «lt l'appirte- (c'est-à-dire : «17 l'apporte la couronne +}. — On ne voit pas très bien ce que peut signifier cette phrase. is la «cou- , r'onne » est-elle une allusion à la gerbe d'épeautre, que le Pharaon offre au dieu. La traduction de Rougé «le ror. . ... offre sa couronne devant toxr, il te l'apporte», est impossible, et là traduction de M. Daressy «couronné devant toi», pour les mots Va, ne répond pas aux exigences grammalicales. De même le passé: «ul te l'a apportée» est incorrect : les formes Î= TT. le ou similaires sont. nous Îe savons aujourd'hui, de véritables formes du présent.
(4) La traduction de À. Daressy «tu «s accompli des mysttres dans
l'obscurité» est un recul par rapport à celle de Rougé, car il n'a pas vu le lien qui existe entre 1 mére de Min et Pacte de la fécondation accompli en elle par ce dermer.
Cetle phrase se relrouve dans un des deux hymnes à Min que Sir Flinders Petrie a relevés sur le pylône du temple de Ptolémée À Sôter Il (Physkon) à Athribis : EEE mb Re ___ (cf. Permte, Athribis, pl. XAAT, col. 9, et A Warker, TR p.21: «fin, who embraces his mother, hidden is that which thou hast done to her (?}»). Elle fait allusion de façon très évidente aux rapports sexuels du dieu avec sa mère), d'où
() Cette idée est beaucoup plus ancienne que les textes d'époque ramesside, car nous en retrouvons la {race dans l'hymne à Min conservé sur une stèle de la XIJI° dynastie au Musée de Parme, déjà cilée (ef. Lance, Ein liturgisches Lied an Min, in Sitzungsberichte der Preussischen Akademie der Wissenschaften, 1927/11. p. 331-338):
a LE AS Pt PESTE AS QUE Vas CT EUR
—— = Lt1 — x : | :
M CNT 1% { Î — ES <= e Ton cœur s'unit avec le roi,
comme le cœur d'Horus s'est uni avec sa mère Isis, lorsqu'il la féconda et lui consacra [son] cœur, alors que son flanc à lui élail auprès de son flanc à elle sans cesse>.
Ge passage se relrouve à Edfou (Dümicuex, Altaegyptische Tempelinschrifien, [, pl. XXXIJ: Prenc, Inscript. hiérogl., 2° série, .pl. XLVII, O0; Cuassixar, Le Temple
résultera la fécondation de la nature el, par voie de conséquence, la croissance des moissons. Ce passage contient donc une nouvelle slorification de la fertilité du sol des campagnes égyptiennes, à laquelle une première allusion avait été déjà faite, des les premiers mots constituant en quelque sorte Je titre de cet hymne.
(5) «Dieu chéri et exalté» (Rougé) ne correspond en rien au texte. « Dieu umque à qui lon muliphe les acclamations » (Daressy) est exact en ce qui concerne le mot +=; quant à Ja seconde partie, elle répond aux mots
FR Ppei 1 æ 1 5 ee . + 2
'ÉTRRA | $: (var. F4! tas 1) ush N'wt, que j'ai rendus par +accumubant (mot à rot «posant les unes par-dessus les autres, entassant ») les acclamations ». Il ne saurait être question, malgré la forme quelque peu spéciale du signe Ï dans les deux versions, de le prendre pour un signe \ bnr et de traduire par + doux d'acclamations ».
(6) Ÿ"e etc. semble devoir être plutôt traduit par un impératif, ou mieux un optatif « puisses-lu donner la vie! » que par un indicatif «{u donnes la vie», ainsi que l'ont proposé Rougé et M. Daressy. De même plus loin la phrase (var. nn) est à rendre par «puisses-{u lu être propicel 5 plutôt que par «{a prix est avec lui» (Daressy) ou par «celui que tu
favorises » (Rougé).
(7) «La fonction (?) des Fenkhou» est une expression assez obscure; on se souvient qu'il est également question des fxhw dans l'un des hymnes précédents {voir ci-dessus, p.189 et 194). I existait donc entre ces /nhw et le dieu Min des relations sur la nature desquelles nous sommes encore mal renseignés, mais qui viennent à l'appui de ce que j'ai dit plus haut des rapports entre Min et certaines divinités asiatiques (1),
d'Edfou, 1, p. 390-891) : QT | 1 QC ( Piolémée IV [gi
Ÿ : CCE CM A 7 ER Penh 10 — | = ti Em ne 0 pret >
La seule différence entre les deux versions est la subslilution ici du mot gs «flanc, côlen au vieux mot im. Noter également l'emploi du verbe rh reconnaître» dans le sens du verbe nk vpratiquer l’œuvre de chair» exactement comme dans la Bible.
(3 Voir ci-dessus, p.194.
(8) Le passage ET ete. 7 = {se retrouve à l'époque ptolémaique, dans Pinvocalion adressée par Le roi à Min Coptite, sur le tableau supérieur nord de la paroi est de la salle spéciale de ce dieu au temple d'Edfou (ef. CuassixaT, Le Temple d'Edfou, L, p. 405-406). De même . qu'au Ramesseum et à Médinet Habou , il s'agit ici d’une forme de Min en relation spéciale avec le 27 4p.t, ainsi qu'en témoigne, immédiatement après le passage qui nous ôceupe, la phrase TL'Y 7 salut à to, [qur es] dans le h$p.t auguste ».
(9) «Le htjw de Maût (ou de la Vérité).-+ — T'Y a là, semble-t-il, une allusion à la similitude d'aspect entre Île reposoir à degrés du dieu, simphfié sous la forme =, et le signe qui servait à désigner Fidée de : rechluden, de «justesse, el à écrire le nom de la déesse de la Justice et de la Vénité. Je renvoie à ce que j'ai dit à ce sujet dans mon étude sur Le «repo-
sou» du dieu Min.
(10) La traduction «d'heure en heure » n'est pas certaine; elle exigerait m nw r nw, alors que les deux versions du texte portent clairement » rw m nu, ce que Rougé a rendu par «dans l'heure (et l'instant)», pléonasme inutile, tandis que M. Daressy, distinguant deux mots nw et nwy différents, a compris «au lemps de la nuit.