‹ Les Fêtes du dieu MinChapitre 50 sur 68 · C. — COMMENTAIRE · texte numérisé non relu

C. — COMMENTAIRE

Nous n'avons ici, faute de place suffisante sur les parois, qu'une version extrêmement abrégée de l'hymne dont Sir FL. Petrie a retrouvé en 1ÿ08 au lemple d’Atbribis de Haute-Égypte, sur le prlône de Ptolémée X Sôter If, le texte complet !}. Cette version plolémaïque, si clle était intacte, serait, de première imporlance pour nous aider à comprendre l'extrait ramesside; elle est, malheureusement, si mutilée, el parail, en outre, avoir élé copiée par ses éditeurs avec si peu d'exactitude, qu'elle ne nous est, en définitive; d'aucun secours. Le passage ramesside correspond en gros aux lignes 10 à 15 du texte ptolémaïque, qui ne compte pas moins de dix-huit lignes en tout; c'est-à-dire que nous n'avons au Ramesseum et à Médinet Habou que les deux premicrs tiers environ de la seconde moitié de l'hymne.

| (1) Le mot Fc Skaw, tel qu'il est 1e1 déterminé, ne saurait êlre le mot bien connu NT — Ÿ à! «compagnies, escudrons, équipes, elc.» (cf., par exemple, Neweerey-Grrrire, El Bersheh, I, pl. XIV, 8). Rougé l’a rendu par «scepiresn; mails ce sens esl impossible, car les prêtres ne portaient pas le sceptre, attribut essentiellement et uniquement royal ou divin. Îl est probable qu'il s’agit ici des dix-huit personnages qui défilaient à la cérémonie en portant soit des offrandes, soit des enseignes divines, soil des objets usuels employés au cours de la fête (voir ci-dessus, p.164 et suiv.). Éemore Œ - hry. w, «qu son sous, qu portent, portant», indique que le $k élait un objet assez lourd, el non un simple sceptre. Le signe qui précède le déterminatif À est peut-être une corde, et non Ie pluriel e.

— Les re Se Re à à (2) Les mois Was sù pr JMD SN paraissent signifier : «ts portent onronnn, PSUERS

sur l'épaule», le déterminauf de Farc étant probablement employé 1e

O0) Cf Perme, Athribis (The British Schoo! of trchcology in Egypt, XIV® year. 1908), pl. XXXIT, et traduction H. Wake, 10. p. 09

fautivement à la place du déterminatf de l'épaule =. Une traduction admettant un parallélisme avec les mots précédents hruc ki sn et voulant lire «portant leurs ares» semble, en effet, assez dillicile à à admetlre, s'agissant de prêtres (7 ISF: 1), qui certainement n’avalent aucune raison d’être armés. Parmi les dix-huit personnages de la procession des porteurs, nous en ayons vu, par contre, certains portant des couronnes.

(3) Fougé a traduit : « /ls ont um les deux tapi?)}» À ra Frs hnln est peut-être le verbe in TO A, «ne pas écarter, ne pas repousser » QE ; CE |

(Enuax-Grarow, Wôrterbuch der aegypt. Sprache, ET, p.115).

(A) Toul ce passage est fort obseur, et la traduction proposée par Rougé est cerlainement fort éloignée du texte; je la rappelle, loutelois, pour mémoire : «Les chanteurs, les sages des deux régions, protecteurs des villes et des homes ! Qui a uni la couronne blanche à couronne roue, el le pouvoir d'Horus à celui de Sel, qui l'epose dans Thibes et Coptos! » 1] semble bien difficile que le mot Ex puisse être rendu par « les chanteurs» el le mot ÿ Ni, par «les sages». Le «pouvou d'Horus» et le «pouvar de Sel » pour Lraduire les RPRONs LX Ê] el A {: sont également suicis à caution.

(5) Le mot A fw (?), signifiant peul-être ceux de l'abeille » 0) semble être un litre {sacerdotal?), comme de malheureusement mutilée, qui le suit immédiatement, 12: IT, ki... de Min», et comme aussi les litres venant encore après cetle … «danseurs de Mins et «gens de l'or, orfèvres (?)n ©.

7 Les auteurs du Wôrterbuci der aegyplischen Sprache ont distingué (1, 1. 182) deux mots différents : LKR 1 y el'abaille» et À ‘ff (var. — æ) «la mouchen (copte xa4 : ea). Notre ae an Ÿ: 1 est donc peut-êlre à lire fj.w et à considérer comme un dérivé de } «abei iles :-rceux qui sont en relalion avec l'abeillez.

G®) Ces nbtjw rgens de l'or(?}» n'avaient rien de commun, contrairement à l'assertion de Lefébure (Sphinx, XT, p. 20), avec le prêtre mn Y$ qui à Edfou (Guassixar, Le Temple d'Edfou, |, p. 556) porte un emblème du dien Sopdou, et dont le titre semble devoir être lu ny Kw (cf. Wôrterbuch der acgypt. Sprache, I, p. oh2). Ils sont, par contre, certainement identiques aux Ds Li Ÿ à" # : p qui figurent dans Ja lisle des prêtres du V* nome de Haute- Égypte au lemple d' Osiris : à Dendérah

(cf. Mamerre, Dendérah, IV, p}, 33).

Cehbüre a signalé jadis) Les relations étroites qui semblent avoir existé entre le dieu Min et l'abaille, que les Égyl liens considéraient, à cause de son miel, comme un symbole de fertilité au moins aussi représentatif que | la moisson. La fête de la moisson, célébrée en l'honneur de Min, et l'offrande au dieu par le roi de la première gerbe de la récolte, avaient , entre autres buts, celui d'obtenir de La faveur divine la promesse d'une nouvelle ‘année d’abondantes récoltes : le rôle de l'abeille dans cette promesse d'abondance devait être, tout naturellement, de première importance. |

Les rpens de l'abeille» constituaient donc, semble-t-il, une catégorie de serviteurs, spirituels ou temporels, de Min. Nous les retrouvons, d’ailleurs. plus lard au temple d'Osiris à Dendérah, dans la ALLÉE procession de. prètres de la Haule- Égypte ER |

Lefébure a relevé. d’autre part, un certain nombre de re qui tendent assez nellement à nous montrer Min sous l'aspect d’un dieu des abeilles. Ce nouveau caractère de Min, qui vient ainsi s'ajouter à tant d'autres que j'ai eu loccasion de signaler, remontait sans doulie, comme ceux-ci, à l'époque lointaine où Min régnait en maitre sur la seule région du désert arabique méridional. C'est en sa qualité de dieu de ces régions qu 1} avait importé en Égypte le miel sauvage du désert, dont les anciens É gyptens étaient si friands que. bien avant d’avoir appris à connaitre le miel fin, ils allaient le recueillir, avec la résine de térébinthe, bien loin de la vallée du Nil, dans les régions écartées où les abeilles butinaient à plaisir Îes plantes sauvages désertiques souvent plus odoriférantes que les plantes cultivées des régions agricoles. |

C5 L'abiille en Egypte ( (in Buetin historique et philologique, 1905). Réimprimé en qe (Sphinx, ÀT, p. 1-25).

? CE Manette, Dendérah, IV, pl. 33, où 1 n’y a pas moins de six prêtres différents

représentan le nome de Goptos : le GR 4% NS smavl, le ES o\ K$ bjty (wcelui de l'abeille»), le [: V XF lum Hr (serviteur d'Horus), le — Le: f Jd Mnw, Îles

. ç à L° SF : f nbj.w Muw (orfèvres (?) de Min) et le + ME We. L

prêlre djy (?) est presque certainement le succédané plolémaïque d du prêtre ‘/j (?) de

l'époque ramesside, le prêtre |: 0: est identique au \!: 1 de la version du

amesseum, el les ro — Ÿ Ÿ F : f sont probablement Îles F2 À, IT RS

des deux versions de F hymne qui nous occupe. Pour les aulres personnages, voir mon étude sur Le personnel du dieu Min.

(6) Sur la variante ptolémaïque du pylône du temple d'Alhnbis, ce passage se présente de la façon suivante (1. 13-14): |

: een LEE % DETTE % F #44 LIRE et me (5 14h 12e

Le traducteur de ce texte a rendu le premier nom de ville, mutilé, par

Selopolis (qui est cerlainement une faule d'impression pour Lelopols M}, métropole du [F° nome du Delta, l'actuelle Oussim, laquelle était effectivement, nous le savons par ailleurs, une des villes consacrées au dieu généraleur ). Le signe à restituer au-dessus du support d’enseigne ‘F esl donc, semblet-il, le morceau de char æ. Îl ne peut. en tout cas, s'agir ici de la ville qui est mentionnée à cel endroil par les lextes du Ramesseum et de Médinet Habou., mn ' Pe {Boulo). | | Quant à la localité Httw 4e, variante LR: @, rien ne nous permel ni de la siluer ni de l'identifier. À-t-elle cu une existence géographique réelle, ou bien n’était-ce qu'un endroit mythologique? Nous n’en savons rien. Le fail qu’elle est mentionnée entre 4, Pe (un quartier de la ville de Boulo du Della) et Ht-h$mn ne nous aide en rien à préciser sa siluation. La variante plolémaique d’Athribis de Haute-Éeypte, À D Jeu (Walker), nous autorise simplement à rendre son nom par la «oille du cynocéphale » au lieu de le rattacher à une autre racine possible, rm ht «chapelle ». En ce qui concerne la localité a lou it [i-hémn, dont le nom s1gnifie «le chäleau (ou la salle) du natron», nous ne sommes pas en étal de préciser sa siluation. J'ai relevé dans mon Dichionnatre péograplique (t. IV, p. 114) trois endroits ayant porté ce nom, l'un à Thèbes { Ramesseum), le second à Dendérah, et le troisième à Achmounein. Mais il se peut que la HHiémn ici mentionnée ne soit à identifier avec aucune de ces lrois, et concerne une quatrième localité de ce nom. Tout au plus le voisinage de cet endroil avec Hihv (ou Au? le « la ville du singer nous autorise-t-1l à supposer que nous avons affaire à a salle du temple de Thot à Achmounein qui, selon Brugsch (Dictionnaire géographique, 1 53h), portait ce nom de «salle du à natron ».

® Voir, en effet, sbid., Index, p. 26.

(7) La phrase > m$U) Av r pu «la slatue de Ain s'approche du d'eposoir » indique clairement le sens de la cérémonie : la statue du dieu, sortie du sanctuaire à l'intérieur duquel elle habite tout le long de l’année, est transportée processionnellement jusqu'au reposoir spécial à degrés, Jujer, où elle sera déposée pour recevoir lhommage du Pharaon et assister aux divers riles de la fête. Le dieu est censé apporter avec lui, comme il l'à fait aux époques reculées où il conquit l'Égypte, l'hymne dansé que sa mère Îsis a conçu et récité dans la ville de Ntrw (Iseum du Delta), où se trouve son principal sanctuaire; cet hymne est récité et chanté à chacune des «sorties » annuelles de Min. Grâce à la vertu magique de ses formules, le dieu remporte la victoire sur ses adversaires, et le roi. qui a présidé cetie cérémonie, obtient naturellement les mêmes faveurs divines, c’està-dire le triomphe sur ses ennemis.

(8) La traduction +bring lo us festivihy in the name of his mother Isis an Neter» donnée pour la dernière partie de ce texte par M. Walker {qui ne s'est pas avisé du rapprochement de cette version avec les deux versions rumessides) est inexacle et ne signilie pas grand'chose. Il s s’agit de l'introduction en Égypte par le dieu Min d’un hymne dansé spécial, propre aux régions riveraines de la mer Rouge (Arabie et Érythrée ) dont ce dieu était originaire. Et c’est évidemment cel hymne dansé qui élait exécuté à Thèbes à divers moments de la «sortie » annuelle du dieu au mois de Pakhons.

Quant à la mention de la déesse Isis comme mère du dicu, elle découle directement de l'assimilation de ce dernier avec Horus (%. Mais la véritable mère de Min, nous le savons ) par un texte de Dendérah U}, avait nom Pntj.t Bb «celle qui est à la tête de l'Orient», et c est là une nouvelle allusion à l'origine orientale de ce dieu.

La ville 1 Vo Mrw «la divine, la sainte » (Ramesseum}, À (Médinet Habou), ] 2 f?5 (Athribis), est signalée dès les textes des Pyramides ($ 1268 et 2188) comme un sanctuaire célèbre de la décsse Isis:

(9 Remarquer l'absence de déterminatif au mot (Le statue. |

(7 Sur le rôle important joué par Isis à Coptos en qualité de mère du dieu local ithyphallique et sur l'origine septentrionale (Basse- Égypte) de cette dernière, voir SETHE, Urpeschichte, etc., p. 167-160.

® Voir ci-dessus, p. 183-184.

(9 Marteite, Dendérah, T, pl. 93.

siluée sur le Lerritoire du XIT° nome de Basse-Égvpte (Sébenuvtique), elle portait en grec le nom caractéristique Ïveïor, dont les géoyraphes lalins ont fait /sedis oppidum. Son nom profane était Hbi.t où Per hbi: d'où l'appellation moderne Behbit (el-Hagar), donnée aujourd’hui au villige voisin de ses ruines dans la moudirieh de Gharbieh el le markaz de Talkha U.

(9) «Ain fort et puissant ment pour nous.» Cf. la variante ptolémaïque dAthribis : 2 } ; (UL RE * À 6 qui ajoute encore la mention ; *7 D sm Ur Cm su1 OX ©? | "] | : : . . rt, . | ° , d'un apport fait par Îc dieu : Er «il nous apporte, ele. (la suile est malheureusement mutilée). Faute de place suffisante, les versions du Ramesseum et de Médinet Habou arrivent immédiatement à la phrase finale relalive au lriomphe de \in et du Pharaon devant leurs ensemis.

0 Voir mon Dictionnaire des noms géographiques, HF, 5, 107.

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