PL. VII
La cérémonie se termine par une scène que la version de Médinet Habou est seule à avoir conservée. Rougé n’a pas jugé que cette scène finale méritât de constituer un des tableaux (au nombre de quatre seulement) entre lesquels 11 a réparti l'ensemble des scènes; 1l s'est done contenté de la décrire rapidement, en deux lignes, en appendice à son analyse du quatrième tableau : «La scène finale montre le roi offrant l'encens au aicu | em, qui esi rentré dans son naos; sur la table des offrandes, on aperçoil la gerbe de blé que Île roi a coupée dans le couraut de la cérémonie » (1), M. Daressy, au contraire, et avec raison, a considéré celle dernière scène comme un fableau (le 5° dans son découpage) au même ülre que les précédentes : «Les cérémonies mystiques sont terminées; le roi adore Min dans son naos : il lui présente l'encens et verse la libation sur les offrandes entassées sur l'autel». Quant à M. J, d'Hennezel, voici comment il décrit celte scène finale : «Peu à peu loutes liesses et |ubilalions s'éteignent et à la fin de la cérémonie on aperçoit le souverain qui se lève sous le baldaquin. Prenant une pose hiératique, il offre l’encens au Bienfaiteur et lui demande son aide et sa protection (). » |
Le texte-programme est muet sur cette scène finale, car la hauteur du naos à l'intérieur duquel Min est debout, empiétant sur l'espace réservé à ce lexte, n'a pas permis de graver ce dernier jusqu’à sa fn. Nous n'avons, du reste, pas besoin du secours qu'aurait pu nous donner ce texte s'il avait été complètement gravé. car la scène, fort banale, est absolument claire.
CO Mélanges d'archéologie, Y, p. 131-139.
@ Notice explicalive, elc., p. 126.
M Chronique d'Épypt, HT: 00
Le #1 -
La statue du dieu à été réintégrée dans son naos et le roi prend en quelque sorte congé de lui par le rite de l'encens et de la Hibation, qui met à la cérémonie le point final. Le dieu est représenté debout sur Île petit piédestal sua {et non sur le æm), dans son attitude habituelle; derrière lui sont visibles le support en forme de façade de chapelle surmonté des trois laitues verticales, ainsi que la fleur stylisée dont la tige est engagée dans l'anneau ©. De chaque côté des jambes du dieu est reprisentée une petite figure du roi, désigné chaque fois par ses deux cartouches : celle de devant, faisant face au dieu, est coiffée de la couronne blanche du Sud et fait l'offrande des deux vases à vin, tandis que celle de derrière, tournée dans la même direction que Îe dieu et coiffée du simple “à, souüent à deux mains le long bandeau rigide vertical engagé dans le mortier dont est coiffée la statue. Le toit du naos est surmonté d’une frise de vingt si\ uræus dressés et coifés du disque solaire.
La légende du dieu occupe quatre courtes colonnes verticales au sommet du naos, deux colonnes en avant des longues plumes constituant la coiffure, et deux colonnes derrière ces mêmes plumes : | | REY: ED) Ji eZ SL luck dits par ns Min- -Kamoutef : Je te donne les panégur is de Ré, je le donne loute vuillunce el loule forcer.
C'est la formule de remerciement qu'ont l'habitude de prononcer les dieux en guise de reconnaissance pour les bons offices que leur rend Pharaon et pour la dévotion filiale qu'il leur témoigne. Il ne me semble pas que la mention, loute banale, des panégyries attribuées au roi par le dieu en signe de gratude doive faire conclure à une relation nécessaire entre la cérémonie de Îa «sortie » de Min et la célébration de la fête royale sd.
Quant au voi, il a repris le casque dpr$ dont il était coiffé à son départ du palais el que pendant la célébration des divers riles de la cérémome àl avait échangé contre une autre coiffure. Îl est désigné par ses deux cartouches et sa personne est protégée par la déesse de Basse-Égypte (uræus aux ailes
à demi ouvertes), [ = À D « Quazt (Bouto) maîtresse du ciel». I lient de
la main gauche, horizontalement tendue, le long encensoir, tandis que de la main droite il répand le contenu d’un vase à libation sur un monceau
d’offrandes végétales posées sur 1a table-support en forme d’escabeau (el
non sur l'autel). La définition du rite est donnée par la formule habituelle, verticalement tracée entre l'encensoir et Îles offrandes : À: ST — «fre l'encens et La libation à son pére ».
La cérémonie de la «sortie» du dieu de la génération prenait donc fin comme elle avait commencé, par une scène d'offrande à la divimité de la part du roi. L’offrande du début était une offrande propiiialoire, destinée à obtenir de Min le développement normal et la bonne réussite de la fête, tandis que celle de la fin est une offrande d'action de grâces. |
La statue divine ayant été réintégrée dans son naos, d'où elle ne sortira plus jusqu'à la prochaine cérémonie (dans un an, selon toute vraisemblance), le retour du roi à son palais devait avoir lieu dans le même cérémonial que sa venue à l'endroit du Dj ou sreposoir: du dieu. Mais la représentation n'indique rien à ce sujel, et la scène qui fait suile au naos de Min sur la droite de la paroi concerne une série de représentations qi n'onl DIU: aucun rapport avec la fête de ce dieu,