‹ Les Fêtes du dieu MinChapitre 58 sur 68 · DEUXIÈME ÉPISODE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME ÉPISODE

Le cortège processionnel que je viens de décrire est arrivé à l'endroit où doit êlre célébrée la cérémonie en vue de laquelle on a extrait de sa chapelle. puis transporté, la statue dimne.

Cette dernière a été descendue de son pavois el ie. (+), la face tournée vers le nord, sur le reposoir où elle restera exposée pendant toute la durée de la cérémonie. |

Ce reposoir est dressé à l'intérieur d'un dois couvert, dont le loit est orné à sa partie supérieure d'une frise d’uræus dressés et coiffés du disque solaire; cette frise est, d’ailleurs, ici fort mutilée et c’est À peine si l’on y distingue encore à l'extrémité gauche quelques-uns des uræus. De la statue du dieu il ne reste plus qu’enviren la moitié inférieure. Elle est debout sur une estrade élevée; n’occupant pas moins du liers de la hauteur intérieure du dais et recouverte d’une tenture curieusement décorée d'étoiles à cinq branches inscrites dans un cercle @ qui alternent avec des cartouches verlicaux surmontés de Pl et contenant l'un ou l’autre des noms de Ramsès IL. On est donc autorisé à se poser une question : le pavois portatif étaitil, à son arrivée au lieu du reposoir, introduit à l’intérieur de ce dernier? Cette facon de procéder aurait simphfié les choses, car 11 n'aurait plus été nécessaire de faire descendre la statue de son pavois pour la hisser à nouveau sur le reposoir abrité par le dais. On verra plus loin l'importance que pourrait avoir celte identité entre le pavois de transport et le reposoir devant lequel avait lieu la cérémonie.

Ce dernier porte encore, oulre la statue même du dieu, les éléments suivants :

° Derrière la statue, le meuble-support à corniche sur lequel se dressent verticalement, de facon euricuse, six laitucs entre lesquelles sont insé-

rées cinq grosses fleurs de lotus(?) épanouies. Cette représentation des plantes consacrées au dieu de la génération diffère de toutes les autres analogues que nous connaissons, el par Ja présence de ces plantes autres que la laitue, et par le nombre par de ces dernières, qui, nous avons cu l'occasion de le noter, se trouvent partout ailleurs en nombre impair.

9° Devant la statue, une pelite figure du roi, agenouillé et coïffé de la couronne de Haute-Egypte. In présente les deux vases à vin.

3° Derritre cette image royale, un escabeau cst chargé d'offrandes végétales, en très mauvais élat de conservation.

Au-dessus de ces offrandes et en avant de fa statue, une légende en courtes colonnes verticales laisse encore reconnaître les mots que voici (=—]: POULE NTI ICT (BAIE, dit par Amon-Ré-Kamoutef : Mon fils chéri, sepneur des deux terres Ousirmadré- Sotpenré.…. . ..» suffisants pour nous faire voir que nous avons affaire à Ramsès Il et à la forme Amon-Ré-Kamoutef du dieu de la génération.

Face au dais, «—, Ramsès [[, obombré par une déesse aux ailes éployées qui paraît être Nekhbet de Haute-Égypte, encense(?) de la main gauche la statue divine tandis qu'il lui présente de la main droite un long | bouquet. Entre le rot et le dais, deux autels supportent respectivement le vase à eau lustrale et une fleur de lotus, tandis qu'entre les deux sont figurées encore d’autres fleurs. |

Le sens de celte scène est donné par la colonne verticale de texte gravée, sur toute la hauteur du registre, derrière le roi, entre ce dernier et les porteurs d’emblèmes divins du lableau précédent (-—) .:

Æ + NB EC LUS em TU AUS E

1 Jeorcseh À, CP Sr | .

| sr”

« Cest le roi de la HO PEUplÉ.s er dira SE . | a ( ?) son père Amon-fé-Kamoutef pour se reposer sur le htjw comme. ....

Puisse-t-1l lui donner la vaillance et la puissance sur (? ) (out pays étranger! »

Malgré ses mutilations, ce texte inédit est important, car il nous confirme dans l'opinion bien :ouvent émise au cours du présent travail au sujet de

l'identité du tw propre au divu de la génération : c'était le reposoir mobile qu'on dressait à l'intérieur d’un dais et sur lequel on déposait Fe “) la statue du dieu pour toute Ja durée de la cérémonie en vue de laquelle on l'avait extraite de sa chapelle et transportée processionnellement jusqu’au lieu de la fête. Nous apprenons, en outre, par la représentation du IT° pylône de Karnak, que ce reposoir était recouvert d'une tenture, qui était peut-être, à l'arrivée de la procession divine, enlevée du pavois sur lequel on venait de transporter la statue et placée sur le Lt lui-même. Enfin, le roi jante trait réellement à l'intérieur du dais qui contenait le reposoir et s’agenouillait au pied du htw, face à la statue divine, pour lui présenter l'offrande du vin. L'expression «près que le roi est sorti du htjw», que nous avons relevée dans le texte-programme des deux grandes représentations da Ramesseum et de Médinet ITabou U), semble donc bien devoir être prise au pied de la lettre : le mot h'jw ne pat pas au seul reposoir luimême sur lequel était dressée la statue, mais à l’ensemble constitué par

ce reposoir el le dais qui l'abritait.

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