‹ Les Fêtes du dieu MinChapitre 60 sur 68 · PREMIER TABLEAU · texte numérisé non relu

PREMIER TABLEAU

Voici la descriplion que donne Legrain de cetle première scène, consacrée uniquement à la statue divine qui est amenée du dehors et pénètre dans l'intérieur de son temple :

- L'image d'Amon Kamaoutef, de même grandeur que le roi, se dresse debout, levant le bras, allant vers le sud et le fond du temple. Elle est placée sur un pavois recouvert d’une étoffe où, en onze rangées verticales. sont brodés les cartouches royaux de Ramsès IIT. Cette étoffe ne laisse voir que les têtes rases et les pieds nus des porteurs de pavois et des prêtres qui agitent des parasols, des éventails et des chasse-mouches autour de la statue du dieu ityphallique (sie).

« Derrière le pavois, de haut en bas, sont huil hommes, à tête rase, à court jupon, portant la caisse où poussent les neuf arbres sacrés, quatre porteurs de supports, deux qui tiennent, déployé, le paravent rouge qu'on placera derrière la statue, des porteurs de vases et de provisions. La statue lors de sa procession emmène avec elle Lout son clergé, son mobilier et ses offrandes. » | | | |

Cette description est exacte dans ses grandes lignes, mais incomplète. Les porteurs du pavois semblent être au nombre de quatorze, autant qu'il est permis d'en juger par les têles et les jambes visibles au-dessus et audessous de la riche draperie, sept porteurs à l'avant el sepl également à l'arrière. |

En avant comme en arrière de la statue on aperçoit, au delà des porteurs, des bras tenant soit un bouquet de fleurs soit un flabellum; 1ls appar-

(CF. Lecran, Les Temples de Karnak, p. 98.

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tiennent à des personnages dont le corps et la tête sont entièrement dissimulés par les porteurs de la litière, qu'ils accompagnaient en agitant leurs attributs respectifs. |

Devant les jambes de la statue est représentée, à genoux sur le pavois même, une pelite image du roi coiffé de la couronne blanche de Haute- Égypte et présentant à deux mains l'offrande du vin.

Le pavois est recouvert d’une tenture qui retombe presque à la hauteur des chevilles des porteurs et qui est décorée de onze bandes verticales portant chacune cinq cartouches du roi {soit en lout 55 cartouches). Les bandes sont alternativement composées du cartouche-prénom et du cartouche-nom.

Derrière le pavois s’avancent un certain nombre de personnages, dis- | posés sur {rois registres superposés : prêlres, serviteurs, et probablement aussi chanteurs, musiciens et danseurs. Au registre inférieur, ces personnages sont au nombre de huit et portent sur leurs épaules, par: groupes de deux, la soi-disant caisse d'arbres de Legrain, c'est-à-dire en réalité le meuble sur lequel sont posées les neuf laitues verticalement dressées. Ce meuble a la forme habituelle d'un escabeau trapézoïde surmonté de la corniche égyptienne, et la surface du trapèze est décorée, sur les quatre faces probablement, de quatre rangées de chacune quatre rosaces inscriles à l'intérieur d’un carré. Ce motif décoratif, que j'ai eu déjà l'occasion de signaler et de discuter longuement), est peul-être, d'ailleurs, à interpréter d’une autre façon. Suivant une règle constante de la perspective du dessin égyptien, tandis que les laitues sont représentées vues de profil, les seize ronds inscrits chacun dans un carré veulent peut-être représenter le champ de laitnes vu d'en haut, à vol d'oiseau, chacune des plantes étant insérée . dans son petit bassin carré en contre-bas {ce que les habitants modernes de l'Égypte appellent un hod), que délimitent sur les quatre côtés les levées de terre disposées en quadrillage. C'est l'application de ce même procédé de la double perspeclive qui a fait représenter par le signe a les oiscaux perchés sur le nid. |

Au registre moyen, il y avait quatre personnages {dont trois seulement sont conservés), à savoir deux en avant des lailues et deux en arrière.

Legrain a reconnu en eux des porteurs de vases et de provisions; mais

Voir chap. vir, p. 162 et suiv.

aujourd’hui leur état de mutilation ne permet guère de se rendre comple de la nature des objets qu'ils portent.

Face au dieu, le roi Ramsès II[, obombré par la déesse-vautour Nekbbet de Nekhen-Hiéraconpolis el désigné par son nom d'Horus el ses deux noms de cartouches, coiffé comme sur les scènes de Médinet Habou cu casque hpré, «vêlu d'un grand manteau, chaussé de sandales à bout recourbé, jelte des boulettes de résine dans lencensoir » {Legrain). Cet acte rituel est ainsi décrit par la ligne horizontale de texie gravée au-dessus de l'encensoir, en avant du casque royal : +: pr KE | EN — «fire le rite de l'encens à son père Amon-Ré-Kamoutef» %). En remerciement pour cet hommage, le dieu prononce les mols que voici, gravés en une colonne verticale entre le manteau royal et les premiers personnages portant le pavois divin : Y Toit pl AD à Min se lève Ke) dans Karnak. Je te ne les Neuf-Ares sous tes sandales» ®, I ne s'agit donc plus iei d’'Amon-Ré Taureau-de-sa-Afère, mais bien de Min. De même qu'au Ramesseum et à Médinet Habou, ces deux formes d'un seul el même dieu sont done ici parfaitement interchangeables.

Derrière Ramsès II sont représentés debout, deux fois moins grands que lu, deux de ses fils, le Lorse incliné en avant vers les jambes de leur père et tenant à deux mains chacun un chasse-mouches (?). Le premier est le + Hi r1Èa Là À LR = ie + f { L' E | «scribe du ro, grand préposé à l'infanterie, fils royal de son ventre, qu'il aime, on ie », et le second

est le + en es : 0 | MT 49 TT | | «scribe du roi, chef

de la cavalerie, fils royal de son ventre, qu'il aime, Rämessou-Amon-hw-khop-

shouf, justifié n.

on G. à Médinet Habou : . À f pen «faire le rite de l'encens et de la libation à son pèren. — La légende en quatre colonnes verticales gravée au-dessus de la ligne horizontale et concernant le dieu, outre qu'elle est des plus banales, est en trop mauvais élat de conservation pour pouvoir être reproduite dans son noie Le dieu paraît y être désigné, comme dans la ligne horizontale, sous le nom LE 1] #5 À —

= 7 LÉ Al 2x. , mais il se peut aussi que dans la lacune qui précbde le groupe

ait existé a Je mot 2 Min, comme dans la légende du dieu au 3° lableau (voir ci-dessous).

® Noler ici l'emploi, rare, du mot wbn, au lieu de 2, pour désigner le lever, l'apparition du dieu. Voir ci-dessus, p. 174.

Ces deux fils, représentés derrière leur père, devaient, en réalité, marcher à sa droite, car tous deux, nous le savons par ailleurs, avaient, en plus de leurs tilres ici mentionnés, celui de «porte-flabellum à la droite du roi » U),

Du premier d'entre cux, Râmessou, on ne saurail dire avec certitude s'il est à idenüfier avec le futur Ramsès IV ou.avec le futur Ramsès VI S1 son second ütre est bien, comme l’a lu Legrain. <prand chef de linfan- terie», c’est à Ramsès [V que nous devons songer ©). Quant au second prince, le chef de la cavalerie, Râmessou-Amon-hir-khopshouf, qui fut peut-être (?) le roi Ramsès V ou le roi Ramsès À, il était Le neuvième el avant-dernicer

des fils de Ramsts [II

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