TABLEAU
Je désigne sous le nom de deuxième tableau le défilé des dix-huit porteurs d'enseignes et attributs divins qui occupent deux registres superposés (peut-être en réalité deux rangées parallèles) de chacun neuf porteurs audessus de la porte percée dans la paroi ouest. Ces porteurs d’enseignes marchent en avant de la stalue du dieu et font, en réalité, partie intégrante du transport de celte dernière; mais comme ils sont séparés d'elle par la figure du roi qui a fait volte-face pour encenser la slatue qu'il précède, et qui interrompt ainsi l’unilé du cortège, j'ai jugé préférable de les décrire isolément, entre le premier lableau {transport de la statue) et Ie troisième (offrande à la statue arrivée à son reposoir). Un texte en trois courtes colonnes verticales gravées devant le premier personnage de la rangée inférieure, mais dont certains mots sont malheureusement incertains, les décrit en bloc en ces termes :
; RTE à [2 CINE LS me D — «les dieux
am prenrer qui sont en avant de ce . aupusle bon maître du ciel».
Cette légende correspond à la légende "4 111$ IS] du
Ramesseum : «les dieux accompagnant Min a de as de ses fêtes +). Les
(9 Voir GaurTuier, Livre des Rois d'Érypte, t [I], p. 195 et Suiv.
® Op. cit, p. 175. La photographie ne permet pas de distinguer ce litre. OÙ Op. cit, p. 177-178. CF. Colin Camrseur, Two Theban Princes, p. 114. G) Voir ci-dessus p. 90 et 186.
dix-huit enseignes portées par ces individus représentent donc hien les dicux qui, comme les rois défunts, ont été invités à rehausser de leur préseuce la cérémonie de la sortie » de leur collègue. = Enfin, au registre supérieur devaient être représentés encore six personnages, sans doute les quatre porteurs de supports et Les deux porteurs du soi-disant paravent rouge indiqués dans la description de Legrain. On n'en voit plus que irois, celui de devant et les deux de derrière ayant complètement disparu dans des lacunes de la paroi qui ont élé bouchées au ciment. IL est absolument impossible de reconnaître ni les supports, ni le paravent. Ce dermer objet aurait, cependant, été particulièrement ulile pour nous permettre de le comparer avec le soi-disant paravent qui est très nettement conservé sur la grande représentation de Médinet HabouU); sa disparition est d'autant plus regreltable que nous sommes en droit de nous demander si cet objet était réellement peint en rouge, ainsi qu'il semble résulter de la description de Legrain. Quant aux «supports », c'étaient probablement les escaliers et plates-formes que nous voyons portés sur la grande représentation de Médinet Habou, et qui servaient à permettre au roi de descendre de son pavois (); 1} convient d'ajouter, d’ailleurs, que ces escaliers n'oni aucune raison d’être sur celte représentation rédmtce de la procession, puisque le roi y figure à pied et non trônant sur le pavois. |
Tout à fait à l'arrière du cortège, on voit encore diflicilement, sur Îe retour de la paroi nord, entre le pilastre et la parot ouest, deux registres fort mutilés de chacun cinq personnages, dont la plupart portent le flabellum (voir ci-dessus). |
L'emplacement de cette légende devant la rangée inférieure prouve que
c'est par celte rangée que s'ouvre le cortège. Les personnages 1 à 4, Île torse nu et les jambes recouvertes d’un jupon, portent chacun à deux mains et appuyée sur leur épaule gauche une enseigne identique, A. montée sur une longue hampe, qui est l'emblème d'Osiris. Le numéro 5 est pareil aux précédents, mais l'enseigne qu'il porte est impossible à identifier. Les personnages 6 à 8 sont vêtus du long manteau ample évas' vers le bas et cachant les bras el les mains; ils portent, sur l'épaule et reposant sur un
® Voir ci-dessus, p. 159-160.
E Voir ci-dessus, p. 127.
naos Æ, respectivement : le cynocéphale assis (animal consacré à Thot) et deux faucons debout {animaux consacrés à Horus). Le numéro 9 est identique aux numéros 1-5 el porte, à deux mains et appuyée sur l'épaule, une enseigne qui à disparu. À la rangée supérieure, le numéro 1 (= 10 du cortège) est semblable-au précédent et porte une enseigne indistincte. Le numéro 2 (= 11 du cortège) est semblable aux numéros 4-6 (long manteau ample évasé du bas) et porte sur le naos Æ une enseigne indistincte. Les numéros 3 à g (—12 à 18 du cortège) sont identiques aux numéros 1 à 5 de la rangée inférieure et portent respeclivement : les numéros 129, 13, 14 et 15, le faucon consacré à Horus;
le numéro 16, le morceau de chair ou cuisse (douaou), emblème du dieu «Horus qui préside aux deux yeux», adoré spécialement dans le [F° nome du Della (Lélopolite) et sa métropole Shi, aujourd” hui Aoussim :
les numéros 13-18, le faucon d'Horus.
Parmi ces dix- hu dieux, c'est donc Horus qui domme, avec neuf formes spéciales; viennent ensuite Osiris (quatre formes), puis Thot {un exemple); enfin quatre dieux sont incerlains. |
Derrière le numéro 18, un personnage marchant dans le même sens, mais retournant Ja tête en arrière dans la direction de la statue divine, est précédé d’une courte légende commençant par les signes À 1 MAR Il ent de la main gauche un vase à Hibalion posé sur un support [, tandis que de la main droite il fait le geste d'adorer la stalue divine.