‹ Les Fêtes du dieu MinChapitre 8 sur 68 · LE TEXTE-PROGRAMME · texte numérisé non relu

LE TEXTE-PROGRAMME

Ayant achevé l'examen des publications antérieures des deux reprisenlations de la cérémonie de la «sortie de Min» au Ramesseum et à Médinet Habou, et ayant exposé, chemin faisant, les diverses opinions et interprétations des auteurs qui ont eu à s'occuper de ces représentalions, je vais présenter maintenant la description détaillée de cette fête.

Avant d'étudier successivement chacun des moments ou épisodes en quoi se partageait la cérémonie, 51 convient de nous arrêter d'abord assez longuement sur la bande horizontale de textes qui surmonte les scènes sur toute leur largeur et qui nous fournit une description générale de l'ensemble de la solennité.

Cette ligne hiéroglyphique, tracée sur les deux exemplaires, de gauche à droite, c’est-à-dire de l'intérieur du temple vers l'extérieur, nous indique par sa direction même le sens suivant lequel se déroulaient les divers actes de la cérémonie. Elle est intégralement conservée à Médinet Habou, tandis qu'au Rämesseum nous n'en avons que la seconde moitié environ. Elle à été publiée, fragmentairement, dans les divers ouvrages de Champollion, Lepsius et Wilkinson. Grâce à l'aimable obligeance de M. Harold H. Nelson, Field-Director de l'Expédition égyptienne de T'nstitut Oriental de l'Universilé de Chicago, qui a bien voulu mettre à ma disposition les excellentes photographies du Ramesseum (pl. I) et de Médinet Habou qui illustrent le présent travail (pl. I[-VIT), je suis en mesure de donner pour la première fois une édition complète de ce texte. Grâce aussi à la complaisance de M. le Prof. K. Sethe et de M. le D' H. Grapow, qui ont bien voulu me permettre, lors d’un court séjour que je fis à Berlin en avril 1929, d'utiliser les précieux matériaux du Wôrterbuch der aepyptschen Sprache, je puis adjoindre au texte de Médinet Habou ce qui reste du texte du Ramesseum et qui est difficilement lisible sur les photographies, et suis ainsi à même de donner une édition comparée de ces deux versions. Beaucoup de lacunes

des anciens éditeurs ont pu être comblées et de nombreuses reclilications, correclions ou suggestions ont pu être apportées.

Champoilion, dans ses Notices descriptives (1. 1, p. 333-734) Le a publié toute la première moitié environ de l'inscription-programme, landis que à seconde moitié a été omise à l’exception des deux ou trois dernières phrases. Wilkinson, dans ses Aanners and Customs of the ancient Epyptians, 9° série, Supplément (1841), pl. 76 (correspondant à la planche LX de la réédition de S. Birch en 1878), n’a également reproduit que le premier tiers environ, c'est-à-dire la section surmontant le cortège royal , depuis le début jusqu'au naos de Min. Mais sur les planches in-folio des Monuments de r Égypte et de la Nubie de Champollion, ce texte a été complètement omis, tant à Médinet Habou ©? qu'au Ramesseum ); l'emplacement de cette longue bande a bien été réservé, par Îe dessinateur, mais il est demeuré vide.

En ce qui concerne les Denkmäler aus Acgypten und Nubien de Lepsius, ce n'est qu'à environ le début de Îa seconde moitié, celle qui occupe la paroi est de la deuxième cour de Médinet Habou, que nous voyons commencer ce texte, et il se poursuit jusqu'à sa fin absolue l*. Le texte du Ramesseum, au contraire, commence quelques mots après celui de Médinet Habou et se termine quelques mots avant la fin absolue),

Comme traductions, 11 convient de mentionner celle de Rougé ( Mélanges d'archéologie épyptenne et assyrienne, 1. Ï, 1873, p. 128-129) et celle de M. Daressy (Notice explicative des ruines de Médinet Habou, 1897, p. 121- 126). J'espère être parvenu à améliorer de façon appréciable l’une et l'autre de ces traductions.

(3 Et non p. 53, comme on lit à la note a de la page 128 du tome [* des Afclanges d'archéologie (Rougé). — Voir ci-dessus, p. 46, note 3. |

G®) Tome II, pl. CCIX-CCXIV. Et non pl. CIX-CXIV, comme on lit à la note 1 de la page 128 du tome [* des a sous — Voir ci-dessus, p. 46, note 3. 9 Tome IT, pl. CXLIX-CL..

© Abteïlung IIL, pl. 213, puis 219 b, puis 2190.

® Abteïlung II], pl. 164, puis 163, puis 162.

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À. — TEXTE

Médinet Habou :

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() Le signe = n’a pas exactement cetle forme sur l'original.

(1 Même observation que ci-dessus: Île signe est, en outre, tourné en sens inverse.

(9 Le signe Lu est tourné en sens inverse.

W À partir d'ici le texte est conservé également an Ramesseum.

Le déterminatif végétal exact n'existe pas dans les fonles de l'Imprimerie..

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B. — TRADUCTION

Tirre. — Au premier mots de la saison d'été (Pakhons) (1) a lieu (2) la fête de Min. Elle est célébrée (3) lors de la procession (4) du Protecteur de la Lune (?) (5).

© 1. — Le Roi s'avance (6) sur la litière (7), brillant (8) avec le casque hpré (9). Les rh.w néw.t (?) (10) le précèdent, munis (11) de bouchers, de lances (12), de cimelerres (hp&) (13) et de toutes les armes d'escorte(?) (14). Quatre knbtjw (15 ) sont sous son derrière (16), el derriére eux les fils royaux el les soldats (17).

Le hrj-hb en chef accomplit son service dans la demeure de son père Min (18). : ® Le roi porte, en outre, l’uræus au front.

® Le signe indistinct gravé ici n'est pas une lampe, mais une queue d'animal transversalement barrée,

2, — La grande offrande est faite pour son père Min, [consistant] en pains, bière, bœufs, otes (19) el toutes bonnes choses.

3.— Min s'avance (20), seigneur de Snw.t (21), son fils le roi de la Haute et de la Basse-Eyrypte Ousirmaäré-Miriamon (Ramsès [IL) Zur faisant face (22).

Voici que le taureau blanc (23) [marche] devant ce dieu, les deux plumes (24) sur la'tête, les s'h.w et les mnh.wt (25) au cou, sa bandeleite m> (26) à son côté gauche (a7).

Le brj-hb en chef lit (28) l'hymne dansé de Min (29), le chef du chant (30) en fait autant (31) et le nègre de Pount (3a) exalte (33) ce dieu.

Voici que [marchent] devant lui les deux qui escortent ce dieu (34), ainsi que les statues (35) des rois de Haute et de Basse- Egypte défunts (36) dans

son escorte (c’est-à-dire : qui l'accompagnent).

. — Ce dieu se pose sur le htjw (33) et Sa Magesté fait une grande offrande à son père Min Taureau-de-sa-Aère (38).

Voict que le taureau blanc | s’avance] devant (3q) Sa Majesté.

Voict que les rois de Haute et de Basse-Egypte défunts (Lo) [se tiennent| des deux côtés (1), sur la droite et sur la gauche... ............. récilent les louanges de ce dieu (ha). , Onen fait autant (43) pour le k vivant du roi et pour les rois de Haute et Basse- Egypte (44).

5. — Vient (45) alors le imj-ht (46); 1! apporte cuivre (47) noir damasquiné d'or, une faucille (48), ainsi qu'une touÿfe (kg) d'épeautre (50), qui sont données au rot (51).

Voici que la Si] 4(5a) récile sept fois les formules en tournant autour ( 53 )

[La rèe) est placée devant son nez (55), puis posée di Min (56), e un dpi ge en provient est donné au roi (57).

6. — Aprés que le roi est sort ki ( 58) du bi, le visage tourné vers le nord (59), et tandis qu'il fait le tour du htjw (Go), on fait avancer deux prétres wb (61) porteurs des génies de l'Est (62) [qui sont] fixés en face de ce dieu (63) [ec dont] les visages son! tournés en arriére (64). Tandis que (65)

les deux queues de taureau (66) sont dans la nain des deux prêtres wb (67) qu'on surnomme « les rassasiés » (68), ils accomphssent leurs rites (69), et tandis que le roi donne la voie aux quatre oiseaux sr) (-o ), ils lisent leurs formules (?)

nor C. — COMMENTAIRE.

(1) La date de la fête. — La question du quantième du mois de Pakhons auquel était célébrée la fête de la «sortie de Min» a été fort discutée.

Certains ont admis qu'il s'agissait du premier jour de ce mois, par exemple Champollion U}, Tiele %, MM. Daressy 5) et Gardiner ().

Brugsch s'est, au contraire, dès 1855, d'abord prononcé en faveur du 30 Pakhons 5}, sans se déclarer, du reste, absolument cerlain de cette date. Mais quelques années plus tard, en 1864, dans ses Matériaux pour servir a la reconstruction du calendrier des anciens Égyptiens 6}, reproduisant Îles premiers mots du texte-programme, il s’exprimait ainsi : « Comme on voit, il ne s'agit pas ici du premier Pakhon, aucun chiffre n'étant ajouté au groupe du mois pour en fixer le jour». Si l'on ne peut dire que la fête avait lieu Île 1° jour du mois, on ne peut, toutefois, pas davantage accepter la date du dernier jour de ce mois. « Remarquez, ajoutait en effet Brugsch, qu’à la fin de la date, on trouve la notation de l'éponymie du 26° jour du mois qui sert, 1c1 comme ailleurs, à remplacer le chiffre du quantième. » Ïl n'hésitait donc pas à proposer le 26 Pakhons comme date de la fêle thébaine de Min, du moins sous Ramsès III : «La date du 26 Pakhon, concluait-il, reçoit sa confirmation par le grand calendrier de Ramsès II] (publié par M. Green), où le même jour est désigné comme l’époque «du couronnement » (4 ?, ) du pharaon Ramsès II».

G) Lettres écrites d'Égypte et de Nubie (18° lettre), p. 164 de l'édition originale = p. 343 de l'édition de 1868. — Voir ci-dessus, p. 41.

(® Histoire comparée des anciennes religions de l'Égypte et des peuples sémitiques, traduction G. Collins, 1882, p. 82. |

® Notice explicative des ruïnes de Médinet Habou (1897), p. 122.

© The Journal of Eryptian Archeology, I (1915), p. 125, note 8.

(® Reiseberichie aus Aegypten, p. 306. — Voir ci-dessus, p. 45.

9 Page 63.

® Lire Greene. — Voir sur ce atendiier de Médinet Habou, ce qui a été dit plus haut, p. 26-98.

Plus tard, dans son Thesaurus inscriptionum acgyptiacaruml), Brugsch citail à nouveau la première phrase du texte qui nous occupe, mais d'une façon plus complète, et ce qu'il avait en 1864 appelé, improprement, AN = TS ta-pert-heb, devint en 1883 XN = K£ Le Ÿ sdie Piret (d. h. die Erscheinung) des Mondgottes Chonsu » 1), Cette lecture, d’ailleurs incorrecte 8}, des signes qui viennent immédiatement après le groupe b pr.t aurait dû, en bonne logique, détourner Brugsch de sa première pensée d'identification possible entre la fête de «la sortie de Khonsou» et le simple éponyme «la sortie» du 26° jour de chaque mois}, lequel se doublait accidentellement, sous Ramsès JI[, d’une fête anniversaire du couronnement du roi.

Quel rapport pouvait-il exister, en effet, entre le couronnement de Ramsès [IT et la prélendue «sortie» de Khonsou, en admettant même, comme Brugsch cherchait à l'établir, une certaine identité en tant que dieux Junaires entre Min et Khonsou? Un doute s'était, du reste, glissé dans l'esprit de Brugsch puisque, revenant sur son ancienne idée de 1855, il reconnaissait maintenant qu’on pouvait hésiter entre le 26 et le 30 Pakhons : cette dernière date est, en effet, celle qui porte, depuis l'Ancien Empire jusqu'à l'époque saïte, le nom de pr.t Mnw,.« sortie de Min» dans les listes des jours auxquels des offrandes doivent être faites aux morts

(9 Tome IT, Kalendarische Inschrifien altaegyptischer Denkmaeler (1883), p. 298 et suiv.

® Le rapprochement entre celte prétendue mention du dieu Khonsou et le mois Payons (celui de Khonsou) au cours duquel était célébrée la fête de la rsortie de Min» est sans aucune valeur. |

® Il est singulier que M. Sethe, en 1919, c'est-à-dire après avoir collationné pour le Wôrierbuch de Berlin le texte original de Médinet Habou, ait continué à admeltre la lecture fautive de Brugsch et à voir 1à une allusion à une prétendue #sortie de Khonsou (beim « Auszuge des Chonsn, dit-il à la page 319 de l'année 1919 des Nachrichten der kônigl. Gesellschaft der Wissenschaften zu Gôtingen, Philosoph.-bistor. Klasse). De même M. Kees en 1922 (4. Z., LVI, p. 131, note 5), qui s’est demandé s'il n’y aurait pas ici une allusion à la lune, avec laquelle le dieu Min sera plus tard régulièrement identifié. |

(9 CF. Enuanx-Grarow, Wôrterbuch der aepyptischen Sprache, 1, p. 525, où le mot e L prit (ver. Le —) est rendu par 26 jour du mois lunaire [après Bnucscu, Thesaurus, 1, p. 48, col. 26 {où se trouve encore une variante Le à) et p.51: Feier der Erscheinung ; ef. 1, p. 300]. Voir aussi Brucsen, Die Aepypiolopie, p. 333.

dans les nécropoles U}, Toutefois, concluait-1l en dernière analyse, la date du 26 devait avoir la préférence sur celle du 30 en raison de certaine indication du papyrus Harris n° 1%) et du grand calendrier de Médinet Habou (publié par Greene d’abord, par Dümichen ensuite) 6), d’après laquelle la fête du couronnement de Ramsès [TT tombait le 26 Pakhons, le même jour que la fête de la lune, c'est-à-dire, suivant Brugsch. le même jour que la fête de Min). Brugsch revenait donc à sa première idée en associant étroitement la «sortie» de Min à la célébration de l'anniversaire du couronnement royal.

Sans doute pouvait-1l y avoir eu, sous le règne de Ramsès IIT, dont Ds fêtes du couronnement commencçaient en effet le 26 Pakhons 5) (et duraient vingt jours, jusqu'au 15 Paoni inclus)(f), concordance accidentelle et passagère entre ces fêtes el celle de la «sortie» de Min. On pouvait, par exemple, avoir englobé dans la grande fête du couronnement du 26 Pakhons un certain nombre de fêtes voisines de ce jour-là, telles que la «sortie de Min» du 30 Pakhons, la fête de la nouvelle lune de Paoni et celles du 6, du 10 et du 15 (pleine lune) de ce dernier mois, de façon à ne faire de toutes ces fêtes si rapprochées les unes des autres qu'une seule el même grande fête de vingt jours de durée. Nous savons qu’une aussi longue fête fut effectivement en vigueur à partir de l'année 22 de Ramsès III et jusqu'à la fin du règne. Mais, aussitôt après l'avènement de Ramsès IV, on en revint naturellement au régime de la séparation des divers jours fériés de cette période de l’année, car la date du 26 Pakhons, ne correspondant plus désormais à rien, devait céder le pas à la fête du couronnement de Ramsès [V, qui tombait un tout autre jour.

. La coïncidence entre la fête du couronnement de Ramsès III et celle de la «sortie de Min» était, en effet, le résultat d'un pur accident, qui ne se reproduisit pas plus dans la suite des temps qu'il n'avait existé avant Ram-

(7 Voir Thesaurus, 1], p. 300, et ci-dessus, p. 17 et suiv.

6) Page 17 a, 1. 1-4.

®1 Voir ci-dessus, p. 26 et suiv.

(9 Cf. Thesaurus, 11, p. 300-302.

(%) Voir le calendri ier gravé sur le mur sud du temple de Médinet Habou.

() Bou, À. Z., X, p.120; Baucscx, Thesaurus, Îl, p. 29; Breasren, Ancient Records, IV, S 237.

sès II. Il est regrettable que la version de la «sortie » de Min au Ramesseum (dont Brugsch ne fait, d'ailleurs, aucune mention) soit à ce point mutilée que la date en a disparu. Il eût été intéressant de pouvoir vérifier si la fête était célébrée sous Ramsès IT le même jour qu'elle le sera plus tard sous Ramsès TIL. Cette identité est, du reste, infiniment probable. Or comme la date du couronnement de Ramsès IT, qui nous est, d’ailleurs, inconnue de façon précise, ne coïncidait certainement pas avec celle qui sera plus tard celle du couronnement de Ramsès [IT, 11 est à peu près certain que sous Ramsès IT «sortie de Min» et «couronnement royal» ne tombaient pas le même Jour.

Rougé a présenté lui aussi au sujet de la date dé de la fête un certain nombre de judicieuses remarques, d'où sa conclusion définitive ne se laisse pas dégager en toute clarté. Il a commencé par déclarer qu'il y avait (à Thèbes) une grande panégyrie du dieu yem, l’Amon ithyphallique, qui «était placée au commencement du mois de Payons » (t}, mais que «la panégyrie de yem était célébrée à la nouvelle lune du mois de Payons » (), Puis, pour montrer qu'«il est impossible d'attribuer cette panégyrie d'une manière fixe au 26 Payons, car elle se retrouve ailleurs à des jours différents dans le même mois», il a fait allusion à une inscription publiée par Champollion, où «il est dit que le grand prêtre Osorkon, fils du roi Takellotis, est venu dans la 11° année du règne à Thèbes, pour célébrer «sa bonne panégyrie de Payons», et celte année, elle tombait le 11 du mois»). Cette inscription, originaire du promenoir de Thoutmôsis [IL à Karnak et conservée au Musée du Louvre, dit, en effet, qu'en l'an 11 du roi Takelot (IL?) le 11 Pakhons (ES 91) fut le jour de l'arrivée à Thèbes du grand prêtre d'Amon Osorkon fils du roi Takelot = | L— i=fEs ( «en sa belle fête de Pakhons ». La traduction de Rougé «pour

0 Mélanges Zarhobes égyptienne el assyrienne (878). I, p. 128. 1 Jbid., p. 136.

| e . @ Jbid., p. 136.

œ Cf. Cmamporuios, Notices descriptives, I], p. 162-164; Paisse D'Avennes, Monum.

'éqpe, pl. XXV; L., D., II, 255; Bucscn, Thesaurus, p.107; Pierre, Rec. des

: LL >: tnacriptions égypl. Musée à Louvre, 1l, p. 89; Breasten, Ancient Records, IV, S$ 752- . 764; Enman, À. Z., XLV, p. 7; Danssr, Rec. de trav., XXXV, P: 130 : cpour sa belle ee . de Pakkons».

célébrer sa bonne panégyrie de Payons» établit un rapport de cause à effet entre la venue à Thèbes du grand prêtre d’Amon et la célébration de la fête du mois de Pakhons; mais cette relation n'est pas rigoureusement démontrée, et il peut y avoir eu simplement coïncidence fortuite entre les deux faits. Au reste, ce qui est surloul important ici, c’est de déterminer la nature exacle de cette «belle fête de Pakhons». Tandis, en effet, que Rougé a cru pouvoir y reconnaître la «panégyrie de xem», M. Breasted s’est prononcé pour une fête de Khonsou, d'où le mois de Pakhons «celui de Khonsou» aurait précisément tiré son nom 1). Sans doute cette dernière interprélation est impossible, et l'examen du texte-programme le prouve (?/. Mais celle de Rougé n’est qu'une simple hypothèse, que rien ne permet. en l’état actuel de nos connaissances, de vérifier. [1 peut s'agir ici tout simplement d'une fête en J'honneur d'Amon thébain qui aurait été célébrée, comme la «sortie de Min», avec laquelle elle n'avait aucune relation, au mois de Pakhons, et à la date du 11 de ce mois.

Ailleurs , se refusant à assigner à la fête de Min un jour précis dans le mois de Pakhons, Rougé a simplement traduit la date du texte-programme de Médinet Habou par «mois premier de la moisson >}, puis par «mois 1° des moissons (Payons) » (}, traductions qui sont, d’ailleurs, inexacles parce que le mot Es o $mw ne désignait pas la moisson, mais bien la saison chaude, l'été (en cople wwm).

De même, lorsqu'il a dressé la liste des fêtes thébaines d’Amon (et de son similaire Min), Rougé s’est borné à déclarer que la panégyrie de ce dernier, Η | , était célébrée «en Pakhons»(}, et plus loin : «on peut donc tout au moins affirmer que cette fête était vague dans le mois, et c'est bien ce que semble prouver la grande inscription géographique du sanctuaire d'Édfou, qui donne toujours la date exacie des fêtes principales de chaque nome et se contente, pour celle-ci, de dire : «Panégyrie de Payons», sans aucune désignation de date » (%. Rougé fait ici allusion aux

Ancient Records, IV, $ 759 ei $ 753, note c.

® Voir ci-dessus, p. 17 et 61, et ci-dessous, p. 74. ® Mélanges d'archéologie, 1, p. 128.

O Jbid., p. 135.

F Jbid., p. 139.

(9 Jbid., p. 136.

textes géographiques qui décorent Îles parois extérieures du sanctuaire du temple d'Horus, où la légende concernant Île IV nome de Hautv-Égypte donne une liste des fêles thébaines : parmi ces fêtes est, en effet, mentionnée une = ... «fêle... du 1° mois de la saison Smw |é&é]»tu. Celle fête peut avoir été, ainsi que l’a supposé Rougé, identique à la «sortie de Min»; mais il se peut aussi qu'elle en ait été différente, et l'argument de Rougé reste, en somme, sans valeur probante.

Observant, enfin, que dans certains calendriers, celui du papyrus Sallier [V6 et celui du temple d'Esna(), par exemple, la fête de Min était rapportée à la néoménie de Pakhons, Rougé a fini cependant par conclure, en termes d'ailleurs assez embarrassés, dans le même sens que son devancier Champollion : la fête de Min «était célébrée dans le mois de Pakhons, probablement à la nouvelle lune » (f); elle était, en tout cas, indiquée sur les calendriers au commencement du mois, et c était 1à, pensaitil, une précaulion avantageuse, car ces calendriers devaient servir plusieurs années, et il valail mieux ne pas désigner pour les diverses fêtes un jour précis, en raison du décalage de l'année vague par rapport à l'année fixe.

M. Gardiner a également traduit la date qui nous occupe par les mots on the 1°* Month of Summer 5). IL s’est, Loutelois, demandé si la grande fête de la moisson célébrée à Médinet Habou par Ramsès [TT, et qui n’est autre que la fête de Min dont nous nous occupons ici, n'avait pas lieu en même temps que la grande fête de la déesse Ernenoutet, laquelle était célébrée sur tout le territoire égyptien le 1° jour du 1* mois de la saison d'été,

O Roucé, Revue archéol., Nouvelle Série, 1. XII, 1865, pl. XXI (avant la page 391)et Cmassinar, Le Temple d'Edfou, 1, p. 338.

(%) Cette observation est, d’ailleurs, douteuse: la fête que mentionne le papyrus Sallier [V à la date du 1“ Pakbons est dite rfête d'Horus, fils d'Isis, et des dieux qui le suivent» (cf. p. 23 dû papyrus = pl. CX de Ja à° série des Facsimiles of Egypiian kieratic Papyri in the British Museum publiés par Sir W. Budge, et Cnapas, Calendrier des jours fastes et néfastes, p.97). Rien ne garantit, malgré l'identification bien connue de Min avec Horus dès ie Moyen ne que celle fête d'Horus ait été identique à la sortie rthébaine» de Min. |

+ ®) CF. Bnucsca, ar eic. HA x et Dre Fa kalnder etc., 26. Voir ci-dessus, p. 10. |

® Mélanges Farchéologie, 1, P- 186-137

(9 Journ. of Egypt. Archæol., ‘TL, p.195.

c'est-à-dire ie 1° Pakhons. Si cette identité, assez tentante en vérité, entre la fête thébaine de Min et la fête umwverselle d'Ernenoutet venait à être un jour démontrée, nous serions absolument certains que fa fêle de Min se célébrait à Thèbes le 1° Pakhons.

Mais tant que celle démonstration n'aura pas élé faile, nous serons autorisés à hésiter pour la fête de Min entre le 1* et le 30 Pakhons.

IL est hors de doute, en eflet, que depuis l'Ancien jusqu’au Nouvel Empire inclus l'expression pr.t Mnw, Fa = n = < > ou F1 RE na Q | (écrite au calendrier de Ramsès IT à à Médinet Habou =, — pri Mniv- R° : cf. Bnucsou, Thesaurus, Il, p. 311) servit à désigner le 30° et dernier jour de chacun des douze mois dont l'ensemble constituait avec les cinq jours épagomènes l'année des anciens Égyptiens (). Plus tard, aux basses époques, le 30° jour du mois ne s’appellera plus «sortie de Min», mais ou bien = #2 % = DD snhm (Edfou)®, où 7 hd n pt «fête du ciel» (Dendérah) 5), ou encore AN TS, kb Hrw nd itf «fête d'Horus vengeur de son pére» (Dendérah)). Ces changements dans la désignation de la fête du 30° jour du mois sont précieux à un autre titre : ils témoignent de la décadence et de l'oubli dans lequel était tombée, après l'époque ramesside, la très ancienne et très vénérable fête de la «sortie de Min».

La «sortie de Min» pourrait donc, si l'on en juge par ces témoignages, avoir été célébrée le 30° jour du mois de Pakhons.

Étant spécifiquement la fête de la moisson de printemps, celte «sortie» ne pouvait pas relever du calendrier mobile ni se déplacer d’un jour tous les quatre ans au point de ne revenir à sa place solaire et naturelle que tous les 1460 ans. Elle devait donc appartenir au calendrier fixe ou sothiaque. Il y a, du reste, de fortes présomptions pour que Îles calendriers des temples soient de l'année fixe. La chose est, en particulier, positivement assurée

07 CF. Baocscn, Thesaurus, Ï, p. 48, col. 30 et p. 52 : «Feier der Erscheinung des Goltes yim»; Brueseu, Die Aegypitologie, p. 334. C'est également ainsi, 30° jour du mois lunaire, que doivent être comprises les diverses mentions de la fêle pr. Mn sur les monuments funéraires de l'Ancien, du Moyen et du Nouvel Empires (cf. Brucscu, Thesaurus, 11, p. 232-233, 235, 236, 437, alo, a41, a4a, 246). |

Baucscu, Thesaurus, Î, p. 48, col. 30 et p. 51 : hib. -s-nehem.

C1) Jbid. : «Feier des Himmels». |

® Jbid., 1, p. 48, col. 30 et p. 52 : «Feier des Horus des Rächers seines Vaters».

pour le calendrier de Médinet Habou {et c'est justement dans ce même temple que nous a été conservée la seule date Jusqu'ici relevée de la «sortie de Min»); elle est, d'autre part. très probable pour le calendrier d'Edfout'/.

Une autre question se pose enfin. N'y avait-il qu'une seule «sortie de Min » dans toute l’année, celle du 30 Pakhons, ou bien en existait. au contraire, une à la fin de chaque mois, le 30° jour? En d'autres termes, la «sortie de Min» était-elle une fête annuelle ou mensuelle ?

ps (2), à Dropee de la liste des fêtes consacrées au culle snenanre (IV° dynastie) au Musée du Caire, s'exprime au sujet de la fête 5 = en ces termes : « Piret-yim (x Erscheinung des ägypt. Pan, xtm». am 30. Mondlage, besonders dem des Monates Pachons}». Son opinion est donc bien nette : 11 existait douze fêtes mensuelles appelées «sortie de Min», mais l’une d'elles était plus importante que les onze autres : c'élait la «sortie de Min » que l’on célébrait le 30 du mois de Pakhons.

Plus tard, sous la X[T° dynastie, une liste de fêtes funéraires au tombeau n° 3 de Beni Hassan indique les nombreux jours où le service des offrandes alimentaires devait être assuré au double du nomarque Khnoumhotep; parmi ces jours ou trouve W = © à ni 6}, ce que Brugscb (“a rendu par «an den 12 Festen des Piret-yim (am 30. Mondtage) und des Neumondes (am 1. Mondtage)». Il semble avoir considéré que le nombre N douze s’appliquait à la fois à la «sortie de Min» du 30° jour du mois et à la fête de la nouvelle lune (psd(n)tju 5) du 1* jour du mois. Mais l’édi-

leur des tombeaux de Beni Hassan, M. Newberry, n’a pas admis cette interprétation (9), qui doit être, en effet, tenue au moins pour douteuse. Si nous savons en toute certitude qu'il existait bien effectivement douze fêtes dont chacune élait célébrée à la nouvelle lune de chaque mois, © W 57 l, aucun

® Voir ci-dessus, chap. 1, p. 12-13.

. ri > Thesaurus, Il, p. 235.

S. 0). CF, Baucsce, Thesaurus, IL, p.239 et Newsenny, Beni Hasan, X, pl. XXIV et p. 53. 4. Thesaurus, I, p. 233... .

=.() Pour cette lecture, voir ni Cuiet. Aegypt. Handwôrterbuch, p. 56, et Wôrierbuch der cegypt. Sprache; AV, p. 559.

" () De même M. Kees (Das Re-Heiligtum des AIME Ne-woser-Re', p. 52).

* Cf. Baucsex, Thesaurus, he p- 246. |

12 HENRI GAUTHIFR.

texte n’est encore venu nous apporter la preuve qu'il existait aussi douze «sorties de Min», à moins qu'on ne veuille interpréter de cette façon la mention tardive, au temple de Kom Ombo, e ps ns > (1) kappariion de Min à la fête de la nouvelle lune» et admettre que cette «apparition» ou «sortie» avait cffectivement lieu à chacune des douze nouvelles lunes de l'année.

Si les arguments en faveur du 30° jour sont nombreux, 1ls ne sauraient cependant emporter notre adhésion. Certaines données, plus rares à la vérité, mais cependant non négligeables, peuvent militer en faveur du 1" jour. Outre l’observalion de M. Gardiner, que le 1°° Pakhons a toujours été, à toutes les époques, la date de la fête d'Ernenoutet, ou fête des récoltes, il y a lieu de rappeler :

a) La «fête d’ Horus fils d'Isis et des dieux qui le suivent», mentionnée au 1° Pakhons par Îe calendrier du papyrus Sallier IV P);

b) La «sortie» en procession de Min-Amon au temple d'Esna, tombant également le 1° Pakhons 6);

c) Enfin l'arrivée à Dendérab d'Horus et de son cortège, mentionnée dans le calendrier des fêtes locales de la salle du temple de cette ville comme tombant à la néoménie de Pakhons et durant jusqu’au 5° jour, après quoi le dieu retourne à son sanctuaire {*),

Pour en finir avec cette question de date, je voudrais encore rappeler une phrase du temple de Dendérah sur laquelle Brugsch a cru devoir insister de façon particulière et que l'on pourrait être tenté d’invoquer aussi en faveur de la localisation de la «sortie» de Min au premier plutôt qu’au dernier jour du mois de Pakhons. Cette phrase dit que le dieu Min-Ré signeur d'Âpou © Ÿ 2199 NT 17e fe St sort des deux sanctuaires à la néoménie en tenant la place du taureau chaud» , Mais il n'est pas certain que le mot «= pr ait servi ict à désigner la fête pr.t dont nous nous occupons.

® Kom Ombos, I, p. 53, u° 597. Cf. Sécim Hassan, Hymnes religieux, p. 170. ® Voir ci-dessus, p. 12.

® Voir ci-dessus, p. 12 el 31.

® Manette, Dendérah, I, pl. 62 k et Texle, p. 104-108.

(9 Revue éyyptologique, [, p. 28. |

Bref, 1 n'y a aucune raison d'adopter avec Brugsch la date du 26 Pakhons. I y a de fortes présomptions en faveur du 30 Pakhons, parce que le 30° jour de chaque mois était précisément le jour d'une sortie de Min. Mais il semble plus tentant encore de se ranger, en définitive, à la. vicille interprétation de Champollion, adoptée par MM. Daressy et Gardiner, el de placer la fêle au 1° Pakhons.

(2) Les deux signes & avaient été omis dans les copies dé Ghampollion et de Wilkinson. Brugsch, le premier, les a rétablis, d’abord incorrectement, & (?) (Matériaux , ete., p. 63), puis de façon correcte Li (Thesaurus, Il, p. 298). La traduction de M. Gardiner (Journ. of Egypt. Archæol., Il, p. 125, note 3) n'en tient, au contraire, aucun compte. ls sont, pourtant, fort nets sur l'original.

(3) M. Gardiner (loc. cit.) a rendu | h<

am © hive : which is made. Rougé a traduit inexactement : on la fait.

x— par une phrase rela-

(4) «AL the festival going-forth» (Gardiner). La traduction Daressy : «Le 1 Pachons, fête de Min qu'on célèbre par une procession » esl impossible. Le mot = sil précédé de l’article féminin =. mais d'autres fois employé sans arucle (à Edfou par exemple), était le terme consacré pour désigner le 26* jour du mois lunaire), On le trouve également sans le second déterminatif © et sans le = du féminin, sous les formes E1 © el sa —. Le signe est, naturellement, un déterminatif, et la lecture la-ptr. t-heb proposée par Brugsch (Matériaux, etc., p. 63), et qu'il a d’ailleurs abandonnée dans son Thesaurus, est impossible. C'est, je le rappelle, sur les mots WW = 5 que Brugsch se fondait pour placer la fête au 26° jour du mois de Pakhons; mais, déterminée comme elle l'est par les

mois mm ® L — l'expression £ pr.t saurail difficilement avoir ici le sens vague ét général de «/êle du 26° jour» (2), |

() Cf. Enwan-Grapow, Wôrterbuch der aegypt. Sprache, 1 » I, p. 595. % Voir ce qui est dit ci-dessus, p. 64 et suiv., au sujet’ de 8 localisation précise de Ja fête dans le courant du mois de Pakhons.

(5) CT Gannixen (Journ. of Epypt. Archæol., Il, p. 125, note 3): «the Protector of the Moon » (kw-th), avec l'observation que la pNIGAEON exacte de cette phrase est inconnue.

Rougé (Aélanges il de [, p.128 et 139) avait traduit «on l« fuit (var. elle est faite} à l'apparition de la lumière de la lune»), et cette interprétation donnait à penser que la fête avait lieu, bien que le quantième du 1° jour du mois ne fül pas explicitement indiqué, lors de la nouvelle lune du mois de Pakhons. Le texte ne donne, en réalité, rien de tel.

Brugsch, d'autre part (Thesaurus, p. 298), lisant incorrectement mn 9

e À au lieu de es © (f, avail traduit : «es wird gefeiert an dem Feste der Piret (d. h. der Erscheinung) des Mondgottes Chonsu». Cette interprétation était sollicitée dans l'esprit de Brugsch par le fait que le mois de Pakhons dans lequel était célébrée cette fêle Lirait précisément son nom de celui du dieu Khonsou, lequel était, en effet, un dieu lunaire.

De même M. Sethe dit encore en 1 91 9 (Nachrichten der kômipl. Gesellschaft der Wi ssenschafien zu Gôtüingen, Philosoph.-histor. Klasse, 1919, p. 312) que celle «antique fête thébaine (? ) de l'escalier » {sic) était célébrée beim «Auszupe des Chons ».

Mais la lecture kw-Th est indubitable, et 1l faut renoncer à nom de Khonsou dans cette phrase. L'épithète « protecteur > ou « défenseur

retrouver le

de la lune» constitue un document de plus à ajouter à la liste, déjà assez importante, des renseignements que nous possédons sur Îa question des relations entre le dieu ithyphallique el Ja lune.

(6) hin+ Nr 1 wd néw.t hr wts.t. — Il n'est pas nécessaire de donner à cette phrase le sens «le ro est porté sur la huère» que lui attri-

bue le Wôrterbuch der aegypuschen Sprache, T, p. 403.

7) wts.i est le mot consacré pour désigner la litière usitée dans les grandes cérémonies pour le transport soit d'un dieu soit de la personne royale. L'orthographe complète du mot est NT | es ou à TT à. Ce

(2 Le signe æ, déterminalif du mot ar est, à la vérité, douteux; Rougé (Melanges d'archéologie, 1, p.128) alu ici la préposition =, ce qui lui a permis, en faisant de nes un substanlif et en lui attribuant le sens lumière, qu'il n’a d’ailleurs jamais eu, de traduire par lumière de la lune. M. Gardiner a rendu plus correctement par Protector of the Moon.

mot n'est connu qu'à partir de la AÏX* dynastie, et existait aussi sous la forme masculine V | -# mts. Le lion et Île sphinx constituaient les éléments ordinaires de la décoration du fauteuil d'apparat sur lequel trônait le Pharaon. Th. Devéria a laissé une description.très complète des litières royales employées dans les cérémonies où le roi avait à se déplacer pour se rendre de son palais au temple de telle ou telle divinité}, M. Wiedemann leur a consacré aussi quelques lignes ®. Nous reviendrons en détail sur la litière représentée à Médinet Habou plus loin, au chapitre concernant le premier épisode de la fête de Min. Cette litière spécialement réservée aux déplacements du Pharaon était différente des litières funéraires employées au transport des morts et qu sont représentées dans les tombes ou sur les sarcophages ().

(8) Le mot == k‘ÿ, omis par Champollion, est correctement donné sur [a copie de Wilkinson. La traduction de Rougé «1! est couronné du casque» n’est pas exacte : le verbe n'est pas à un mode personnel, mais est employé ici comme adjectif verbal et doit être rendu soit par un participe présent «brillant», soit par un adjectif «éclatant». Le participe passé employé par M. Daressy, «couronné», est également incorrect, car Àÿ n’a pas le sens de «couronner »; il signifie, au propre, «se lever, apparaître, se montrer » en parlant du soleil et des astres qui s'élèvent au-dessus de l'horizon, puis « briller, resplendir, être éclatant» en parlant des dieux et du Pharaon.

(g) Il est à noter que sur cinq fois où le roi est représenté dans les scènes de la fête de Min, il porte trois fois le casque bleu nommé hpr, coiffure n'apparaïssant qu'au Nouvel Empire et peut-être d'origine asiatique (), sur laquelle M. Steindorff a publié jadis une étude approfondie (5).

0) CE. Mémoires et fragments, Ï ce Bibliothèque égsptologique, t. IV), p. 145-146. ® Das alte Aegyplen (1920), p. 203-204.

6) Ces dernières ont été étudiées par G. Jéquier, Les frises d'objets des sarcophages du Moyen Empire (in Mémoires de l'Inst. franc. d'Archéol. orient. du Caire, XLVII, 1991), p. 251-9253.

@) Cf. Max Müccer, Orientalistische Lileraturzeitung, 1908, col. 236 el suiv. et Bénénire, Monuments et Mémoires Piot, XX, p. 116.

® Die blaue Kônigskrone (in À. z., LIN, 1918, p. 59- -7h). Cette coiflure avait été éludiée auparavant par MM. von Bissing (4. Z., XLI, p. 87 et suiv.) el Borchardt (4.Z., XLI, p. 8a et suiv. ) Voir aussi CHampoLuon, Grammaire égyptienne, p. L

Cette coiffure royale, qui ne fait son apparition qu'au début de la AVIIT: dynastie, est souvent désignée par les égyptologues sous le nom de « casque de guerre (Ariegshelm) ». Mais M. Steindorff a montré que si elle était, en effet, très souvent portée par Îe roi sur le champ de bataille et dans les scènes de guerre, elle était également d'un usage fréquent en temps de paix, dans les scènes religieuses d'offrandes aux dieux ou dans les scènes publiques (audiences, célébration des fêtes) ou privées (harem) de la vie des Pharaons l),

Dans le cortège des statues royales qui sont portées en procession au cours de la fête de Min, Ja statue qui représente le Pharaon régnant (Ramsès ÎT au Ramesseum, Ramsès [IT à Médinet Habou) est coiffée du Apré, tandis que celles des rois défunts portent le simple voile muni de l’uræus frontal.

(10) Le mot À Xf a été rendu par Rougé par «les guerriers (?)» et par M. Daressy par «les habitants de la ville». Champollion avait lu 4 x et Wilkinson. au contraire, À à se sans rien au-dessous du signe ne La lecture correcte 4% a été loire par M. Stendorif (4. Z., LHE, p. 68), probablement d'après la collation minutieuse faite sur Loriginl par M. Sethe en 1905 pour le WGrierbuch de Berlin. Mais le sens de ce mot reste encore incertain. M. Steindorff traduisait par de Hof beamten «les dignitaires de la cour», comme s’il faisait dériver le mot de la racine À nsw.{ «rois. Une lecture néwljw et une traduction «les gens du roi» conviendrait, en effet, assez bien tant au contexte qu'à Îa représentation, où 1l s’agit, en effet, du cortège royal. L'emploi par le graveur de la plante 4, au lieu de la plante À n'est pas, à l'époque où nous sommes, un obstacle à une pareille interprétation. Je pense, toutefois, que la seule interprétation correcte est celle qui considérerait le signe © comme représentarit le mot e rh: il y aurait donc lieu de lire rh.w nsw.t le groupe complet ct de le traduire soit par «les connus ( ? ) du roi» soit par les parents du roi» (littéralement CUT qui SDS a la ne [® #] du roi») (1. |

(9 Cf. Séum Hassan, ymnes religieux, p. 184-185. ® Voir à ce sujet Enman-Grarow, PÉTER Le aegypt Te ll, P. 446 et IE, p. 217.

(11) Le mot À JE db; eéquipé, muni», méconnu par Champollion et Wilkinson, est certain. La traduction de Rougé «portant» [les bouchers, ele. | ne permet pas de vou si c'esl bien l'expression db; m quil a entendu

rendre. La traduction Daressy «mums de» est, au contraire, parfaitement exacte.

(12) Le mot qui suit immédiatement Am! ikm.w «boucliers» est de lecture incertaine; il commence par + et finit par , Il ; mais entre ces deux groupes la photographie laisse voir un signe large et bas, qui semble être =), D'après le déterminatif | nous voyons qu'il s Lo de la lance (Rougé, Daressy).

Nous avons là une forme << { du mot | | | æ—, var. 7e 115, ne D, eic. Dans ce mot, le signe = n'est pas la lettre 4 *, mais un phonétique se lisant + | Ÿ mu (voir les homonymes nyw signifiant, par exemple, autruche, ou respiration, ou vase (de forme spéciale), dans lesquels apparaît régulièrement ce =s). La lance se lisait donc muy ©)

(13) L'arme OR ou CR hps, employée 1 ici au pluriel mr élait une arme scluitenient Fa au roi : c'était une sorte de glaive, poignard ou cimeterre, dont la lame avait la forme d’une lame de faucille. Nous sommes donc admis à supposer que toutes les autres armes dont il est question ici, boucliers, lances, etc., sont également les armes appar-

tenant au Pharaon, et que les À 3Ë qui les portent en avant de Îa litière de

titi leur maître sont les aides de camp, écuyers el personnages de la maison militaire du roi. Nous pouvons peut-être même aller plus loin et supposer que c'esi en conformité avec ce déploiement de hauts personnages de l'ordre militaire que le roi est coiïffé ici du casque (de guerre) hpré. Mais je me hâte d'ajouter qu'il y a lieu de se montrer assez prasent en pareille matière, car le casque bpré ne ne servail pas uniquement à des usages militaires.

(14) La traduction «et de toutes les armes d'escorte» que je propose est absolument différente de celles des traducteurs antérieurs, qui ne paraissent

() Voir ci-dessus, p. 61, où il a été noté que le signe exact, ne figurant pas dans les fontes de l'imprimerie, est légèrement différent de la forme adoptée ici.

@) Cf, Enman-Grarow, Aegypt. Handwôrib., p.77, et Wôrterbuch der aegypt. Sprache, Il, p. 202. Ce terme n'apparaît qu’à l'époque ramesside.

78 BENRI GAUTHIER.

pas avoir examiné | ‘original avec toute fl’ attention nécessaire. Rougé semble, en effet, n’avoir eu sous les ÿeux que la copie fort imparfaite de Champollion, car 1l ne cite même pas Wilkinson. Quant à M. Daressy, qui à travaillé sur les lieux mêmes, 1l ne semble pas avoir compris correctement le texte.

Rougé, rapportant au contexte précédent le mot =1 gravé avant le groupe x jf, a traduit le tout ainsi : «portant les boucliers, les lances et les cimelerres (prés de lut). Les chefs de ee milan, etc. ».

M. Daressy, reconnaissant les signes *®, , les à a interprétés comme représentant le verbe rapparaîlre, se montrer»; puis, ajoutant, dans la lacune au-dessous de ces signes, les deux signes 77, il a rendu l’ensemble par «il (à savoir : le roi) se montre au-dessus de tous les compagnons», ce qui est, d'ailleurs, impossible en raison de l'ordre respeclif dans lequel se présentent les mots nbw et ëmsw.

Mais le texte porte, en réalité, 22m) f{la, et le mot kw est un substantif bien connu, toujours emplové au pluriel et signifiant armes, de sorte que ces mots constituent une sorte de récapitulation générale pour désigner toutes les armes d’escorte (autres que les boucliers, les lances et les cimeterres) que Îe rédacteur ne juge pas à propos de spécifier.

L'expression armes de serce {ou d'escorte) serait analogue aux locutions EaP, SSSR : TT, et 2,9% D 2, «armes de guerre» (ou «de combat ») (cf. Erman-Grarow, Worterbuch, I IL, p. 243). Elle serait bien à sa place ici où 11 s’agit d'armes appartenant au roi, portées par des personnages chargés d’escorter le Pharaon dans ses déplacements officiels. Ce dernier, majestueusement assis à l'intérieur de son palanquin, était hors d'état de porter: lui-même ces armes, mais il était nécessaire qu'il püt les trouver à sa disposition lorsqu'il mettrait ensuite pied à terre sur le lieu même où

devait avoir lieu la cérémonie.

(15) Après la description des divers groupes de personnages marchant en avant = 2) de la litière royale et qui sont tous des militaires, le texte en vient à énumérer les groupes de pre marchant derrière ( L 2%) celte litière. Ce sont d’abord les * À = xf, en qui Rougé a cru recon-

(Alors qu’ Sa ion de lire #7 1 Ê® variante du mot ©, 77 16° ou * ,Ÿ,., Lu” raTmes n.

naître des capitaines tandis que À. Daressy à fait d'eux des amis (du roi).

Les Ænijw sont probablement. à en juger par le déterminatif 1, identiques aux ET: fnbyjw des textes antérieurs au Nouvel Empire. Le mot Ænbt élait un terme général pour désigner les divers conseils ou assemblées qui collaboraient avec le roi dans l'administration, la justice et le. gouvernement sous ses mulliples manifestations. Les Anbtjw ou membres des diverses knbt étaient, naturellement, dans la capitale, des hommes de confiance recrutés par le roi lui-même au sein des familles qui lut étaient le plus entièrement dévouées (1). [l n'est donc pas surprenant de Îes trouver ici parmi les compagnons les plus intimes du Pharaon, dont ils étaient peutêtre les pates du corps.

Le mot = ? fdwt, féminin collectif de l'adjectif nel cardinal de (copte arooÿ), «quatre», est très douteux. Rougé ne s’est pas hasardé à Le lire ni à le traduire, tandis que M. Daressy a donné ici une traduction serviteurs, pour laquelle on ne voit pas très bien à quel mot 1] a pu songer.

(16) Noter le parallélisme entre DE 2 Jevant lui et Een . ‘derriére lui. Il est curieux d'observer que la partie antérieure du cor corps humain était considérée comme un seul lout, tandis que la partie postérieure était envisagée comme double : c'est, du moins, ce que nous pouvons inférer de la dlérence entre les deux adjectifs possessifs = — singulier, pour la première, et ©, duel, pour la seconde.

On doit donc traduire le mot & ph tout à fait littéralement par «le derrière, le séant, la fesse»; expression kr ph-wÿ fi signifiait exactement «sous ses deux fesses n. Cette interprétation est en concordance exacte avec la représentation qui montre, en effet, sous la litière roy: quatre personnages répondant, selon toute vraisemblance, aux — SX du texte-programiné. Le nombre 4 de ces Enbtjo est peul- Lêtre à Fpquer . ainst : chacun de ces 4 gardes du corps du roi avait sa place marquée à “lun des 4 angles de Ja salle où se tenait le roi.

Il y a donc heu de distinguer trois sections dans les participants au cortège royal : 1° ceux qui marchent 22 cen avant» (du roi}; 2° ceux qui

marchent 2 D À Lsous lui»; 3° ceux qui s’avancent Ÿ + == « derrière eux »,

Kc'est-A-dire d derrière ces derniers, derrière les quaire nb.

71.00 Cf. Samr Gama, Les conseils de fonctionnaires, etc. (Le Caire, 1929 ).

(17) Avec les princes et les soldats (archers ou fantassins) se terminait le cortège officiel, qui était ainsi rigoureusement encadré, en tête comme en queue, par des militaires, exactement comme c'est encore Île cas aujourd'hui lors des déplacements des souverains. Sous le nom vaguc de + {ill À «fils royaux» 11 est probable que nous n'avons pas à comprendre seulement les fils du roi régnant, mais aussi les princes issus du ou des Pharaons ayant immédialement précédé ce dernier sur le trône, c'est-à-dire les frères, oncles et cousins du Pharaon régnant. Aussi la traduction «les enfants royaux» de M. Daressy est-elle préférable à celle de Rougé, «les fils du rois. Je proposerais, toutefois, de lui substituer une traduction plus générale encore : «les princes de la famille royale».

(18) Rougé et M. Daressy ont rendu respectivement cette phrase par «le yer-heb en chef accompht les rites de san pére yem» et «le maître des cérémontes accompht les rites pour son père Min». Or le texte porte ZE , à restituer probablement = (mis frwl.fasa fonchon, son métier, son service, son devoir, etc. ». |

D'autre part, contrairement à la copie de Champollion, où ils ont été omis, et à celle de’ Wilkinson, où ils sont peu qsunes, l'original porte

très netlement avant les mots ls les signes 7; m pr «dans la

C3 demeure ». On pourrait donc être tenté de détacher la phrase concernant le hrj-hb en chef du texte qui la précède, lequel se rapporte uniquement à la description du cortège royal. Ce cortège ne serait déjà plus considéré comme élant en marche : 11 serait arrivé au temple (ta) de Min, où plus exactement à la chapelle réservée à Min dans l'un des temples d’Amon thébain, sur l'identité duquel nous ne possédons, d’ailleurs, aucun renseignement. Ce serait donc dans cette chapelle de Min que se déroulerait maintenant la première scène de la cérémonie, dont la venue de Pharaon et de son escorte n’a constitué que le prologue. Cette première scène consisterait dans l'accomplissement des divers actes rituels préparatoires sous la direction du krj-hb en chef, c'est-à-dire du chef-officiant.

Un doute subsiste pourtant, et nous sommes fondés à nous node S1 cette mention du hrj-hb en chef ne fait pas encore partie intégrante du cortège. Au registre inférieur qui divise en deux la plus grande partie de la section antérieure de ce corlège, nous voyons, en effet, précisément le

LES FÊTES DU DIEU MIN. si

krj-hb en chef en train de lire un papyrus, tandis que la colonne de légende tracée devant lui porte : nr = ON EE «be chef. officrant accompht son service devant le roi lorsqu'il apparait». | D'autre part, le fait que la phrase concernant le chef-ofliciant dans le texte-programme est gravée à l’arrière de Îa litière royale, avec toute Îa description même du cortège, m'incline à conclure que cette phrase fait bien partie intégrante du préambule de la cérémonie dont elle marque la

fin.

(19) ei ke pm. — Contrairement à ce qu'on altendrail, l'oiseau n'est pas ici l'oie habituelle æ: symbolisant toutes les volailles de même que le bœuf désigne toutes les viandes de boucherie, mais bien le pélican @æ servant à écrire le mot d/>w, provisions.

(20) 25% di rdj wd Mnw. — Selon le Wôrterbuch der aegyptischen Sprache (T, p. 4o3), nous aurions là l'expression consacrée pour désigner le transport d'un dieu en procession (in Prozession ausführen). Le = semble indiquer que l'expression est employée à l'infini : « transporter Min en procession » ou «faire s'avancer Min en procession ».

(21) F = l'"Z". — Ce serait donc Min seigneur de Snw.i (écrit ici Sn. {) et non telle ou telle autre des nombreuses formes sous lesquelles était adoré le dieu de la génération, qui aurait été spécialement bonoré à Thèbes lors de la fête annuelle du mois de Pakhons. Cette supposition paraît encore renforcée par le fait que c'est également 5 = {{ Lri qui est mentionné dans la légende concernant l’escorte du pavois royal comme étant le dieu vers le temple " la chapelle) de qui se dirige Sa

PE Majesté.

: … Cette double indication ne semble pas, toutefois, devoir être prise au + “pied de la lettre, car d’autres formes de Min, par exemple Min-taureau e - — de sa mère (Kaméphis), Amon- Ré-taureau de sa mère (Kaméphis), ou FA ‘ même K-mwt.f-Kaméphis, sans autre désignation, ou encore «Min-sur le : champs et Min-Ré, sont également mentionnées au cours des divers épi- “2 sodes de la cérémonie. | É Sat où Sn.t n'était pas, comme on l'a cru longtemps, le nom de la

nécropole de la ville d’Apou, chef-lieu du IX° nome de Haute-Égy pte,

la Panopolis des Grecs, aujourd'hui Akhmim. Ce nom a été irès souvent étudié, depuis Brugsch (Dictionnaire géographique, p. 523-525) jusqu'à M. Kees, qui en a donné en 1922, d'après les fiches de Wôrterbuch de Berlin, une monographie fort complète (), dont j'ai moi-même extrait là substance dans mon Dictionnaire des noms géographiques contenus dans les texles hiéroplyphiques ®l. C'était primitivement un édifice consacré dans [éliopolis au culte du dieu solaire Ré; puis, par suite de l'assimilation de Ré avec Horus, bientôt après complétée par l'assimilation d’Horus lui-même avec Min, Snw.i ou Sn.i (souvent écrit aussi sans = final) en vint, dès le Moyen Empire, à désigner le sanctuaire du dieu ithyphallique, tant à Coptos qu'a Apou, qui étaient ses deux lieux de culte principaux. À Memphis d'autre part, l y avait aussi un édifice de ce nom, mais qui semble avoir été d'abord le palais royal ou une partie spéciale de ce palais 6}, el n'être devenu que plus tard un sanctuaire religieux.

Je ne rappelle que pour mémoire une ancienne interprétation de M. Daressy, qui rapprochait le mot Snw.t ou Sn.t de l'arbre [4 én.t, l'acacia, Lis, et voulait rendre Le mot par «l’acaaa» où «les acaciasn. Le temple de Min à Apou-Akhmim se serait élevé dans le bois sacré du [X*° nome de Haute- Égypte, qui aurait contenu, entre autres arbres, des acacias. Cette explication tirait son origine d'une identification erronée du prétendu arbre figuré au-dessus de l'édicule caractéristique de Min avec un acacia (*/.

(22) L'expression Ê2<— hr-h2.1.f ne signifie plus ici, comme dans un passage précédent, «devant lui, en avant de luir. La représentation de Îa scène montre, en effel, que le roi est maintenant descendu de sa litière, a mis pied à terre et fait vis-à-vis à la statue du dieu, à laquelle il fait l'offrande de l'encens et de la libation. Il y a donc lieu de rendre kr-l2.1.f

(Cf À.Z., LVMH, p. 120-136 : Die Schlangensteine und ihre Bezichungen zu den Reichsheiligtümern.

__ ® Tome V (1928), p. 38-39. Voir aussi mes deux articles, Notes géographiques

sur le nome Panopolite, parus dans le Bulletin de l'[nst. frang. d'Archéol. orieut., &. IV,

p. 47 et suiv. et t. X, p. 97-99.

6) Cf. le titre fr sel sous l'Ancien Empire À | (USE =" éméw Snw.i raîné de la Snw. CR

© CE Sphinx, XVI, p. 181-182; opinion réfutée récemment par M. Sélim Hassan (Hymnes religieux, p. 144-145).

par «/ace à lui, en face de lui», exaclement conime si nous avions affaire . © À la locution «2% Lfi-hr.

(23) Les mots 11 | je 4 ont été omis sur les copies de Champollion et de Wilkinson, ainsi que dans la traduction de Rougé. Quant à M. Daressv, il les a bien admis, mais sa traduction «ef aussi le taureau blanc» n'est pas exacte, car elle rattache à tort ce membre de phrase à ce qui précède. La conjonction ER it ne peut avoir le sens «et aussi», qui se dit en égyptien m (9), matt (Q© 1). ou m mill (NL 1), r mil (— Q® 1). Elle sert toujours à annoncer une nouvelle phrase : «voice, voici que», etc.

Le taureau blanc, qui est représenté à deux reprises au cours de la fête de Min comme l'animal consacré à ce dieu et qui est, effectivement, à Médinet Habou du moins, peint en blanc, était certainement le taureau d'Osiris, dont il porte tous les attributs distinctifs et la coiffure. Il était. semble-t-il, immolé à la fin de la cérémonie.

La couleur blanche paraît avoir été une couleur de choix réservée à cerlains taureaux sacrés, en particulier à celui d'Hermonthis (le Bakis ou Boukhis des Grecs), qui était consacré au dieu guerrier Montoul}, et à celui de Thèbes, qui était consacré au dieu Min. Le roi était aussi, lorsqu'on vanlait ses exploits guerriers, assimilé à un «taureau fort» el pouvait, à ce titre, être surnommé le « taureau blanc» ().

Ïl est tout naturel de voir un taureau consacré au dieu de la génération, puisque ce dicu portait souvent, parmi les nombreux titres divers et les épithètes ou périphrases qui servaient à le désigner, les titres %æs —2% <— « {aureau de sa mére» où ve, MO HE ON — « éaureau fécondant sa mére».

Frrmen 6 = Lu ?

poorrenh,

Les textes de la basse époque font de fréquentes allusions à cette repré-

&. . | sentalion du-dieu ithyphallique sous les traits d'un taureau. Par exemple, (5, 7, dans l'hymne gravé sur le pylône du temple de Ptolémée X à Athribis de . Haute-Égypte (cf. Pere, Athribis, pl. XXXIV, col. 15, el traduction

Walker, tbid., p. 23), le roi dit expressément, s'adressant à Min seigneur

. d'Apou el seigneur de Snw.t : À * SRI TP Qi TT... « doi qui es

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