‹ Les Fêtes du dieu MinChapitre 9 sur 68 · CS CRE · texte numérisé non relu

CS CRE

… L sur des paye montagneux élrangers, Doi qui es comme un laureau, loi qui es sur

ne A"

a LD. IV, 64 : #m[S:

; ®) Cnauvozuox, Notices descriptives, 11, p. 693. — Voir sur cette question des

: laureaus blancs, Lerésore, Sphinx, VIII, p. 10-11.

84 RENRI GAUTHIER.

les pays montagneux étrangers x. La traduction Walker «who is like a cow» est évidemment incorrecte.

Au temple d'Edfou, Min est expressément appelé 0 «beau taureau » (Cuassixar, Le Temple d'Edfou, I, p. 97).

Je rappelle enfin que le dieu lunaire, avec lequel Min entretient d'étroites relations, est souvent appelé, surtout dans les Lextes plolémaïques, Le «tau-

reau chaud», + 11 k; ps (variantes en | | el ver |) Un),

(24) «Les deux plumes», [if wi, est le terme consacré pour désigner les plumes (d’autruche?) servant de coiffure à certaines divinités (Amon, Montou, Osiris, par exemple). Mais tandis que pour Min ou son analogue Amon ces deux plumes sont rectilignes; Î, nous avons ici les deux plumes l et f recourbées à leur extrémité supérieuré'en direction opposée. Ce sont les plumes spéciales de la coiflure d'Osiris, dont le taureau consacré à Min est ici le symbole. Sur les représentations mêmes, ce taureau est effectivement coiffé des deux mêmes plumes recourbées, entre l’exlrémité inférieure desquelles est inséré le disque solaire, Al ©. Dans le passage du teite-programme qui nous occupe, on ne voit pas neltement si le disque solaire existe également ni si les deux plumes sont accolées l'une à l’autre.

(25) Rougé : «le sahu, bien fabriqué, est sur sa gorge»; — Daressy : «son cou est recouvert de bandelettes». — 1 y a confusion dans la traduction de Rougé entre les deux racines mnh «fabriquer» el mnh.t «tissus, éloÿfes, vêtements, habillements». C’est de la dernière qu'il est ici question, et le

substantif pluriel À AUS joue dans la phrase un rôle exactement identique

à celui du ubstanit pluriel qui le précède immédiatement, Re IE

11 1° lequel a disparu dans la traduction Daressy. Les sh.w sont des orne-

(9 Voir, par exemple, Brucscn, Dictionn. géogr., p. 102 el Revue égyptologique, T, p. 28. La ville d'Âpou-Panopolis, ne Akhmim, une des métropoles du dieu Min, porte parfois le nom caractéristique de D vx eg À} «ville du taureau chaud».

®1 M. Loret (L'Épypte au temps des Pharaons, p. 46) a prétendu que ce disque solaire surmonté de deux plumes élait en or (détail impossible à vérifier) et qu'il était suspendu entre les cornes de l'animal; mais on ne voit pas très bien comment aurait pu être réalisée cette suspension : le disque flanqué des deux cornes élait, en réalité, posé sur le front, entre les cornes.

ments de cou ou de gorge, apparentés à la racine fl. 9, ff #%x 4 Sh «distinguer, être distingué»; on pourrait traduire par distinctions honorifiques se présentant, comme certaines de nos décorations actuelles, sous la forme de cravates entourant le cou et retombant en pendentifs sur la poitrine. Le dieu ithyphallique nous apparaît justement, d'une facon constante et à toutes les époques, porteur de semblables pendentifs; il est donc tout naturel que le taureau qui le représente ici porte un pareil ornement; la pierre est malheureusement 1ci dégradée de telle facon qu’elle ne laisse plus voir l’objet que portail à son cou l'animal.

(26) Rougé a méconnu le sens du mot + m>, et l'on ne sait trop où il est allé chercher sa traduction «son fouet est sur sa main droite». Le mot nl ou nkl5, désignant habituellement le fouet à triple lanière que le dieu 1thyphallique soutient de sa main droite verticalement dressée 1), n'existe pas ici. D'autre part, 1l ne s’agit pas de la main droite, mais bien du côté gauche. Enfin ce texte ne décrit pas l'image anthropomorphe du

dieu Min, mais bien le taureau sous les traits duquel 1l est ic1 spécialement représenté en vue du sacrifice.

La traduction Daressy «sa marque (?) est sur son côlé gauche» est donc préférable à à celle de Rougé. Le sens de marque (?) attribué par lui au mot m>° ne laisse pas, toutefois, d’être un peu vague. M. Loret (L'Épypte au temps des Pharaons, p. 46) a rendu ce mot par écharpe. S'il faut en croire le Wôrterbuch der aegyplischen Sprache (t. I, p. 24), ce mot aurait eu comme

| -npalicalon première celle de Schläfe «tempe». M. Gardiner, de son côté (Egyptian Grammar, $ 178 et p. 542), lui attribue le sens de forehead, en renvoyant à la locution composée ® 7 T lp-m «on the forehead of», c'est-à-dire «in he sk das of». Mais aucune de ces interprétations 4 ne convient ici, où le mot m° paraît désigner la sorte de cravate rouge non ee “nouée, posée sur la nuque du taureau et retombant obliquement de chaque côté du poitrail en deux longues bandelettes, rigides et rigoureusement

#7 9 La trop ingénieuse interprétation de M. le Prof. Newberry (The Shepherd's Crook and the so-called «Flail» or «Scourge» of Osiris, in Journ. of Egypt. Archæol., XV, ‘1929, p. 86 et suiv.) suivant laquelle le «fouet» de Min ne serait pas un fouet, mais ::. bien l'instrument employé per les paysans pour récolter Ja résine du Cisus ludanife- : : : ru L., se heurle à de trop nombreuses et graves difficultés pour pouvoir être admise.

parallèles. Pourquoi le t:xte dit-1l que ce m° est plus spécialement sur le "#7, «côté gauche» ‘le l'animal? Nous ne le savons pas, et c'est, au contraire, le seul côté droit du taureau que la représentation nous laisse voir. on IL est probable, en tout cas, que Île 5° du taureau (d'Osiris ou de Min) était un insigne qu'on plaçait sur le côté gauche de la tête de l'animal, peut-être pour indiquer qu'il était destiné à être immolé.

(27) Ÿz% ,, littéralement «sur son bras gauche». IL est évident que le mot ‘a ici le sens de «côté, flanc», plutôt que celui de «bras.

Remarquer, d'autre part, l'orthographe sans | de l'adjectif # |”. #4

(28) VX ÿ — Orthographe incorrecte; le = de l'infinitif n’a pas de raison d'être ici. Le mode infinitif est introduit par la préposition — et non par la préposition 2. qui marque, au contraire, comme c'esl précisément 1ci le cas, la simultanéité de deux actions.

(29) ln | Ÿ TK 146 n Mnw. — On rend généralement le mot ln |" par danse, en raison du déterminatif, qui représente nn homme se tenant sur une seule jambe landis que l'autre semble esquisser, en effet, un pas

de dansel, M. Wiedemann a, d'autre part, déclaré que lors des proces- sions solennelles à l'occasion de certaines fêtes religieuses, le roi ou son délégué avait à exécuter une danse, et que tel était, par exemple, le cas lorsqu'il apparaissait à la grande fête de la moisson devant le dieu de la fertilité, Min de Coptos, pour exprimer à la divinité sa joie et lui témoigner sa reconnaissance pour ses dons . M. Erman avait également affirmé depuis longtemps qu'on dansait à toutes les fêtes), Cetle affirmation semble être l'expression de la vérité, bien que rien, dans les diverses représentations des diverses fêles de Min, ne nous montre à proprement parler le moindre geste de danse. La scène de la grimpée au mât (?) exécutée per des “hagers uen ) en l'honneur du dieu ithyphallique à Karnak, à Louxor, à à Edfou et à eneA n'était pas une danse. Et la fête thébaine

(9 Enman-Grarow, Wôrterbuch der aegypl. Sprache, 1, p. 118. ®) Das alte Aegypten (1920), p. 371-372, à l'article Tanz. ® Aegyplen und aeyypt. Leben, p. 280 de la réédition Ranke.'

de in, qui nous occupe ici et que M. Wiedemann a considérée comme une fête de la moisson, ne montre, lant sur la représentation du Ramesseum que sur celle de Médinet Habou, aucune danse. L'hymne lu (SR) par loffictant en chef et repris par le chorège ne fait aucune allusion à une danse. Le texte en est, il est vrai, trop mutilé pour que sa signification apparaisse en toute clarté. Aussi, bien que, tel qu'il a été conservé, il semble contenir surtout un très vieux chant, d'origine probablement aussi ancienne que le dieu auquel il s'adresse, dans lequel Min est célébré comme une divinité agricole, fertihisant les champs et créant les moissons, suis-je d'avis de le traduire, avec les auteurs du Wrterbuch de Berlin), par «hymne dansé ».

À la basse époque, en effet, nous faisons connaissance, sur les stèles funéraires d'Akbmim, avec plusieurs titres qui ne semblent guère pouvoir

être rendus autrement que par «danseur » et au féminin «danseuse: de Min :

a) © Fe ho n Mnw «sauteur (baladin) de Min» (stèle n° 22015 du Caire : Auuen ner Kawar, Stèles ptolém. ct rom., p. 16 et pl. VE); au féminin LT hb.tn Mnw (stèle n°22489 de Berlin : Senanrr, À. Z., LXIT, p. 94). Appliqué à une femme, ce titre paraît avoir désigné une fonction sacerdotale importante du culte de Min, car il a pour synonyme, sur la même stèle n° 2248g de Berlin, celui de Kid (E] nt (= mwt?) n Mnw «la mére(?) de Min» (cf. Scnanrr, op. cil., p. 95

et 99).

6) \n| Find b(w) m ’Ipw (stèle n° 22489 de Berlin : Scmarrr, À. Z., LAIT, p. 97); ce personnage nous explique que sa foncion consistait à «pacifier le chef des dieux (Min) ="XSlolet >,

c'est-à-dire «en sant son hymne» (l’hymne du dieu ).

c) An | Ÿ 44b (stèle n° 22070 du Caire : Anweo ser Kawar, Stèles ptolém. et rom., p. 65 et pl. XXIT, qui a lu à tort DES]

(® Voir la même expression sur la slèle romaine n° 22489 du Musée de Berlin (Scrarrr, À. Z., LXII, p. 97).

(3) Band [, p. 118 : Tanzlied.

d) Æ %es iLb k5 (?) (stèle de la collection Lady Meux : Bunce, Ca. Coll. Lady Meux, n° 50 C, p. 111 et pl. IX C), développé en %eæ À = lb kB (?) Mnw sur une stèle publiée par Bouriant (Rec. de trav., VIE, p. : Go). L'animal qui suit ou précède le signe "À semble être ici un taureau, tandis que sur d'autres monuments d'Akhmim il a plutôt la forme d’une panthère ou d'un lion (temple ptolémaïque publié par Kees, Alec. de trav., XXXVI, pl. IVetp. 530); stèle n° 22017 du Caire; table d'offrandes n° 2316 du Caire), ou encore d’un cynocéphale, soit assis # À (stèle n° 22025 du

Caire), soit debout # wf (stèles n* 22045 et 221974 du Caire).

e) An EE er Nr kb En‘wÿ (?) (stèle n° 22095 du Caire : Anwen Bey Kamar, Stêles piolém. et rom., p. 85 et pl. XXIX). Ce dernier exemple nous donne peut-être la lecture kn (?) de l'animal et par 1à même peut nous aider à identifier cet animal. Serait-ce une panthère ou un lion, ct non un cynocéphale ni un taureau?

Comme je suis revenu longuement sur ces divers titres dans mon étude sur Le personnel du dieu Min, je n’y insisterai pas davantage ici.

(30) Rougé a traduit mA par «le chef des Do ct M. Daressy par

« lé directeur des chantres ». Remarquer le déterminauf YE, qui ne se rapporte pas au seul mot ( «chanter», car nous aurions en ce cas ÿ: mais bien à l’ensemble du titre T «chef du chant.

Ce «chef du chant» apparaît dans l'exercice de sa fonction dans le cortège (voir plus bas, chap. vi) : il semble que le r-hb en chef lisait d'abord un à un les différents versets de l'hymne à Mia, après quoi le chef du chant les faisait répéter en refrain à ses choristes.

Un N'ES 5 mr hé n Mnw «chef du chant de Min» est connu pour la basse époque par la stèle d'Akhmim n° 22069 du Caire (cf. Auwen Bey KawaL, Otêles ptolém. et rom., p.63 et pl. AÂT), citée par M. Gauthier- Laurent (Mélanges Victor Loret, p. 108, note 1).

® M. Kees a méconnu ce titre, lout en admellant que l'animal était bien une panthère, à laquelle il a donné le nom 36 (lire 3bj).

Le titre {kb avait également une forme féminine, l n | = s tkb.t (Würterbuch der ” aegypt. Sprache, X, p. 118).

(31) La :raduction Daressy «avec le directeur des chantres », outre qu’elle n'es pas correcte grammalicalement, affaiblit singulièrement le sens de l'expression +” À À 7 mit try lement, éoalement, de mê

pression { till irz «pareulement, également, de même».

(30) Remarquer l’orthographie incorrecte 7 sans =. — Rougé à rendu par «/e nègre de Pount» et M. Daressy par «les habitants de Pount ». — Le texte de Médinet Habou porte sans aucune contestation possible LN Û SUR he, et non à EUR | XF nhsi, et c'est ce mot ;ku que M. Daressy à traduit, en en faisant un pluriel, par «les habitants», prétendue forme msbe de LN f = 3h. Mais outre que ce nisbe n’a été signalé par aucun dictionnaire, le déterminatif ] des peuples étrangers s'y trouverait accolé de facon assez singulière. Force nous est donc, si invraisemblable qu'elle puisse être pour un mot d'usage aussi fréquent que le ierme nhé «ndgre», d'admettre une faute grossière du graveur de Médinet Habou‘t).

Nous lisons, en effet, au début du texte gravé immédiatement derrière

les porteurs des statues royales, les mots [= = LN fl D": ni

«paroles que prononce le nègre de Pount», et, au-dessus du personnage luimême, ‘1 Mn 152) N {L € = = «formules à kre que prononce le nègre de Pountn

Min étant un dieu originaire de la région étrangère à la vallée du Nil située au sud-est de l'Égypte, entre le fleuve et la mer Rouge, son culte a Loujours conservé quelques caractéristiques de cette provenance barbare. Le «nègre de Pount», la couleur noire ou foncée des chairs du dieu sur cerlaines représentations}, et la cérémonie de la montée au mât de cocagne(? ) par des Nubiens constituent les principaux parmi ces éléments d’o- | rigine exotique.

(33) Rougé : «exalte ce dieur; Daressy : cacclament ce dieu». — Le

verbe [af $kÿ, facitif de la racine 2 NN À E7 étre haut, étre élevé, signifie

: ® Au Ramesseum, cette partie du lexte-programme a disparu.

® Voir ci-dessous, p. 200.

1 Par exemple sur un bloc de la XIl° dynastie conservé à Manchester (cf. Permis, Kopts, p. 11 b et pl. XI, n° 3 : Min noir), sur un bloc d'Amenholep II (cf. Prisse D'Avennes, Histoire de l'art égyptien, , pl. 16 : Amon bleu), et sur une représeutation d'Ipsamboul (L., D., lil, 189 j et Text, V, p. 141 : Min-Amon-Kamoutef noir). |

littéralement «rendre haut, rehausser, exhausser, élever, relever». Au figuré, il est susceplible des deux RDA RReRe rexaller» ct -acclamer, célébrer les louanges ». |

(34) Rougé: « Vorct que les serviteurs sacrés de ce deu ( marchent) devant luin. Gette traduction est impossible, car le mot AR placé avant le mot IR EE ne peut être une épithète qualificative de ce dernier. Il faut donc comprendre, ou bien, comme l'a fait M. Daressy, «voici que les divinités qui le servent sont devant lui» (ce qui, d'ailleurs, n’est pas absolument satisfaisant, car on ne conçoit guère comment cerlaines divinités auraient pu être au service du taureau de Min), ou bien plutôt «voici que sont (ou marchent) devant lui les dieux qui accompagnent ce dieu». Le verbe $méw n’a pas, en effet, uniquement le sens de «servir », lequel est un sens dérivé de la racine Sms; 11 a aussi, el beaucoup plus souvent peut-être, le sens étymologique de «suivre, accompagner, escorler », el c'est évidemment ce sens qui peut seul être adopté ici. [l s’agit, en l'espèce, des emblèmes de diverses divinités portés par les six serviteurs ou prêtres qui, avec Îes quatre porteurs d’attributs et objets divers, précèdent immédiatement le taureau. Leur position en avant de l'animal et Îc rapprochement du mot $méw et de la préposition composée Lg prouvent que le verbe $mé ne signifiait pas seulement «marcher derrière, suivre», mais avail également le sens de «marcher devant, précéder » : à l'origine, en effet, le pâtre nomade du désert, dont le signe ] représente l'équipement, marchait en avant de son troupeau, pour lui montrer la voie qu'il devait suivre à la recherche soit de sa nourriture, soil des points d’eau. |

Le déterminatif Ÿ du mot #m$w s'explique suffisamment par la nature divine des diverses enseignes portées par les personnages précédant le laureau.

(35) Les statues des rois défunts, et par suite divinisés, qui sont portées en procession sont désignées au Remesseum par les mots" %" |] 714: ni 1e Ve (L., D., IT, 164), «les dieux accompagnant Min lors de chacune de ses fêtes». À Médinet Habou, celte légende n'existe pas.

Ces slatues des rois ayant régné antérieurement sont probablement associées à la fête de Min parce que cette fête de la fertilité des champs se doublait d'une commémoralion de l'avènement du Pharaon régnant.

(36) Rougé: «ancëtres saints qui l'escortent»; Daressy : «rois décédés qui l'ont servi ». Le sens véritable doit être emprunté pour partie à chacune de ces traductions : «rois défunts qui l'escortent». Il existe un mot 7} % À (var. Y$) s'h.w (plus fréquent avec 1 $ initial) qui signifie «nobles; mais il en existe aussi un autre qui désigne la «momie», et c'est évidemment à ce dernier que nous avons affaire ici), Ï] n’y a aucune idée d'ancestralité ni de sainteté dans ce terme, qui veut simplement indiquer qu'il s’agit des rois «décédés » ou « défunts ». La même expression «les rois de la Haute et de la Basse-Égypte sh.w» revient un peu plus loin dans le même texte.

(37) "ec. À SEE Er hip hr two in ntr pn, littéralement : «se poser sur le htjw par ce dieu», sorte d'infinitif de narration. De même, le verbe suivant, ==, est à l'infiniuf.

Rougé a ajouté à tort l'adjectif possessif au substanif Aÿw, qu'il a rendu par socle.

Quant à M. Daressy, 1 a traduit toute cette phrase par «arrivée à l'autel de ce dieu, Sa Majesté, etc.». Mais si lon peut, à la rigueur, accepter le sens autel pers le mot by, on ne saurait n1 accepter le sens «arriver » pour le verbe =4 a tp, ni attribuer au roi l'action exprimée par ce verbe : c’est Min qui se pose (ou se repose) sur le hfw, et nor le roi qui y arrive. Encore moins peut-on considérer Ja particule L in comme une forme de la préposition ne pan

Quant au mot }ÿw, j'ai eu l'occasion de l'étudier avec tous les détails voulus dans mon article Le «reposoir » du dieu Min. Ce n’était pas un autel permanent, mais plutôt ce que nous appelons un reposoir, où la statue de Min était momentanément exposée pour recevoir de la part du roi soit les offrandes et prières rituelles, soil toule autre manifestation du culte.

(38) FF ds — Mnw k5-mot.f « Min Taureau-de-sa-Mère ». — Le dieu ithyphallique est appelé quatre fois de cette façon sur les scènes el inscriplions de sa fête thébaine, deux fois «taureau secouant {c'est-à-dire

(9 Le Worterbuch der aegyptischen Sprache (IV, p. 50-51) n'admet, à la vérité, qu'un seul sens : rder Edle, Vornehme» pour les deux mots, le premier s’:ppliquant aux seuls vivants et Îe second aux seuls morts, qui, faisant pariie de la suite du dien Osiris, devenaient des nobles.

F9 Cf. Kême, Il, p. 41-80.

fécondant) sa mére» (5 mnmn murt.f), une fois « Amon-lé Taureau-de-sa- Mere», et toutes les autres fois Min seul (sauf une fois « Win-sur le champ»), Je reviendrai plus loin sur ces diverses appellations.

(39) 2: A est incorreel; il manque devant le mot —2 l’une des deux prépositions N m ou — hr.

(ho) Le mot Li fes À s'hw n'a pas ici le sens momifiés, momies, car les statues des rois ne sont pas représentées à l'état de momies.

(41) Ce passage, qui termine la première moitié du texte-programme, occupe la fin de la paroi nord; il est assez mal conservé et ne nous donne qu'une idée imparfaite de l'épisode qui se déroulait à ce moment de la fête, On nous répète que le taureau blanc se trouve devant le roi, mais on ajoute que les statues des rois défunts sont placées 12 [Ed] 1 ttr.t. Ce mot n'a pas été traduit par Rougé, et M. Daressy l'a rendu par « dans des chapelles ». Mais nous ne voyons aucune chapelle représentée. Et l’on sait que le mot ir.t, employé au duel, a souvent le sens de «les deux côtés » (1), La date à faire dans la lacune doit consister soit dans les deux maisons LA, soit peul-être (? ) dans les deux édifices qui représenlaïent respectivement le sanctuaire primitif de a Haute-Égypte et celui de la Basse-Égyple. Ce sens est ici rendu à peu près certain par l’addition des mots }r wnmy hr Smh[j], «a drorte et à gauche», que Rougé a parfaitement reconnus malgré l'état de mutilation dans lequel se présente ce passage.

(42). La traduction de Rougé : «..... prononce les litantes de ce dieu» est préférable à celle de M. Daressy non pousse les acclamations à ce dieu. D'une part, la phrase avait certainement un sujet moins vague que le pronom indéfini on; ce sujel a disparu dans sa presque totalité; il en reste : toutefois certains signes, qui semblent indiquer qu'il s'agissait d'un mot au pluriel. D'autre part, l'expression VE nti= 1 nj$ hknw(? était la locution consacrée pour désigner l'action de réciter les litanies d’une divi-

(7 Cf. Enwan-Grarow, Wôrterbuch der aegypt. Sprache, l, p. sl : m itr.{j «boïderseits ». |

? Littéralement : rappeler les louanges».

nitéW). Des expressions synonymes étaient di rdy hknw n ou

7 Ni ir hnw n «célébrer les ah touer, vanter »l1, (43) = KW L EF, etc. &r{{uwv) m milt n ke n$w.t nh ail est fail

de même pour le K3 vivant du roi, etc. », Le «on fait de même, on en fait autant, etc.». Les premiers mots, qui commencent le texte-programme sur la paroi est, n’ont été lus ni par Champollion, ni par Lepsius, ni par Wilkinson. Les traductions de Rougé «quand sont (arrivées) la personne royale vivante et les images royales vivantes» et de M. Daressy « À la parole du rot vivant et des rois du midi et du nord» ne répondent, ni l'une ni l'autre, au texte.

Les mots LUS k> n#w.t ‘nh constituent l'expression régulièrement usitée sur les bas-reliefs des temples pour désigner le roi; elle est très souvent gravée derrière la personne royale même.

(4h) Les statues des Pharaons ayant précédé sur le trône de Haute et de Basse-Égypte, respectivement, Ramsès IT (au Ramesseum) el Ramsès III (à Médinet Habou), assistent à la fête de Min au même titre que le Pharaon régnant, parce qu'il ne s’agit pas seulement d'une cérémonic en l’honneur de ce dieu, mais aussi de la célébration de l'anniversaire du couronnement royal. Le texte distingue deux groupes de statues royales, les unes coiffées de la couronne blanche du Sud et les autres coiffées de la couronne rouge du Nord; mais il s’agit indistinctement des mêmes rois qui, depuis l'unification des deux royaumes SOUS Ménès, étaient en même temps rois de

L Haute et de la Basse- Égypte.

(45) AY ® À ho brimj-ht, est un emploi de la-forme verbale assez rare sdm-hr-f.

(46) Le titre sacerdotal + ae la forme adjectivale de la préposition composée m ht «derrière» et signifie littéralement «celui qui est derrière». I} est, selon toute vraisemblance, la survivance ramesside du vieux litre LES kto Mnw, — ou __ ht Ho de l'Ancien Empire, «celur

(9 CF. Erwan-Grapow, Wôrterbuch der aegypt. ah. Il, p.204 (Hymnen hersagen) et IT, p. 179 (preisende Hymnen hersagen).

®) CF. Enman-Grapow, Aepypt. Handwürterbuch , p.117 et Wärterbuch der aegypi. Sprache, I], p. 179.

qui est derrière Min» (, Nous n'avons aucune donnée permellant d'affirmer que ce litre s'opposait à un autre, de formation analogue et d'aussi grinde ancienneté, + dit imy-hnt, «celui qui est devant, en avant, en têle » P), forme adjectivale de la préposition composée m hnt «en avant».

(47) A partir des mots Ÿ æ «ouivre noir», le texte-programme est conservé en deux exemplaires, l’un au Ramesseum, l'autre à Médinet Habou, el la comparaison des deux versions, qui sont séparées l'une de l’autre par environ un siècle d'intervalle, est intéressante à plus d’un ütre.

(48) Pt TT «le fer noir enchässé dans l'or » (Rougé), «une lame de fer incrustée d'or» (Daressy). — Le mot #5 (?), peut-être identique à | | ou 1% ne désignait pas le fer, mais bien le «cuivre»; le métal bë (?) km était donc du «cuivre noir» {cf. Erwax-Grarow, Wôrterbuch der aegypt. Sprache, T, p. 437 : Schwarzkupfer ).

Bien que ce «cuivre noir damasquiné d'or» ne semble pas pouvoir être identique à la faucille (Âfe7 1) royale, qui est dite «en or, nous avons certainement affaire à un seul et même outil, dans la description duquel, suivant Une règle courante en égyptien, la matière est indiquée avant l'objet : «owvre noir damasquiné d'or, une faucille» signifie i ici «une faucille en cuivre noir damasquiné d'or ».

Le mot WT, sm (ici = Ÿ ), ou = Y 0 fm, souvent écrit en abrégé Ÿ{, ou €, , n’apparaît qu’au Nouvel Empire; il signifie «garnir, enchésser, incruster», el la préposition m est régulièrement employée pour introduire le complément indirect “agrant le métal employé pour celte garniture ou incrustation.

(49) Le mot | & 9 où ILES] { Bt désignait proprement une toufe,

un buisson {cf. le copte sw), c'est-à-dire une formation végétale naturelle, et pas du tout une gerbe artificiellement composée par la main humaine.

() Cf. Miss Murray, Index of Names and Tüles of the OI Kingdom, pl. XXXIV et Enwan-Grarow, Wôrterbuch der aegypt. Sprache, 1, p. 75 et If, p. 347. Le mot ht servail aussi à désigner d’autres titres sacerdotaux en relation avec les dieux Ha et Horus.

(2 Enmax-Gnarow, Wôrterbuch, 1, p. 96 et III, p. 301.

6) Cf. Enman-Grarow, Worterbuch, IV, p. 45.

Ici, comme dans les autres textes de la fête de Min où ce mot apparaît. il est à traduire par poignée (d'épis).

(bo) JE: var, lee bd.t. — J'ai déjà montré, en pa du génic agraire $/-bd.t0), que la céréale sw-re (S.), 8w-- (B.), qui s'écrit aussi ln | Ÿ TT .……, Re wi, désignait l'épeautre (en grec usa): et non le froment (comme le croyait Brugsch}, et encore moins l'orge (comme l'ont affirmé Piehl® et MM. Blackman et Gardiner). Je dois ajouter, toutefois, que M. le D' L. Keïmer ne croit pas que cette identification soit possible : lépieutres Triticum spella (en allemand Spelz ou Spelt, en anglais spelt), n’a jamais, en effet, vécu en Égypte. La céréale égyptienne sw-re, 84 serait donc plutôt une espèce sauvage et primitive de blé, Triticum dicoccum) (en allemand Dinkcl, Emmer}, en anglais wheat ou starch-wheat

[ble amidonier | 5)).

® Voir plus haut, p. 4-6.

) Recueil de travaux, 1, p. 190.

(CF. Miss À. Murray, Ancient Egypt, 1929, p. 45 : Triticum sativum dicoccum on Triticum sativum durum. La dernière de ces deux identifications proposées n’est pas prouvée; mais la première (qui, selon une indication qu'a bien voulu me donner M. je D' L. Keimer, peut être simplifiée en Triticum dicoccum ) correspond à ia réalité.

(7 CE. G. Scawenruntu (in H. Scnârer, Priestergräber und andere Grabfunde vom Ende des alten Reiches bis zur griechischen Zeit vom Totentempel des No-woser-Ré, Leipzig, 1908, p. 161).

Cette espèce de céréale, qui était fort répandue dans l'Égypte ancienne, ne se rencontre aujourd'hui que dans quelques pays comme Ja Souabe, les montagnes de Bade, la Suisse du Nord, la Belgique, les provinces basques, la Serbie et le Louristan. L'identification avec la céréale allemande Spelt, maintenue dans les Dictionnaires, est, selon M. 1e D' Keimer, insoulenable.

Voir aussi August Scauz, Die Getreide der alien Aegypter ( Abhandlungen der Natur- Jorschenden Gesellschaft zu Halle an der Saale, Neue Folge, n° 5,1916), p. 6-17 : der Emmer (Kopt. Bôte). - |

Dans le livre plus ancien de Charles Joner, Les plantes dans l'antiquité et au moyen âge, 1" partie (Paris, 1897), le chapitre consacré aux céréales (cf. p. 26-36) ne donne aucun renseignement pour le sujet qui nous occupe.

® Cette dernière identificalion, remontant à 1909, est due à M. Griflith (Catalogue of he Demotie Papyri of the John Rylands Library, vol. II], p. 78, note 11), qui, d'ailleurs, hésitait encore entre l'épeautre (spelt) et le froment grossier. — Voir aussi Sir Armand Rurrer, Food in Egypt (— Mémoires de l'Institut d'Égypte > LE, Le Caire, 1919), p. 54-55, arlicle Wheal.

46 HENRI GAUTRIER.

Il y a lieu d'insister un peu sur cette céréale grossière, que nous voyons toujours en étroite relation avec Min. Dans son commentaire du If° livre d'Hérodote, M. Wicdemann a proposé, en effet, une autre identification, qui n'est pas moins fantaisiste et qui scientifiquement est tout aussi imposstble que celles de Brugsch et de M. Gardiner : il a voulu voir (1) dans ëxupz le sorghum vulgare, que les Égyptiens modernes désignent sous le nom de doura. ÏE s’agit, en l'espèce, d'une phrase du $ 36 du livre IT, dans lequel Hérodote cherche à montrer que les Égyptiens ne font rien comme les autres peuples et se comportent en toute matière d’une façon étrange :

amd œupy xai xpibéwv SXdot Évouot, Aiyurlior dé TS mossunéve dd roûrov Thv Conv dvesdos péyiolor éoll, dAAG md bAupéuv woredvrrai oirtia, Très Qauas uerebérepos xahéouaoi

«partout ailleurs on se nourrit de froment et d'orge, mais chez les Epyptens on regarde comme la plus grande infamie de faire sa nourriture de ces céréales, et ils tirent leurs aliments de l'épeautre, que quelques-uns appellent zea. >

Dans un autre passage ($ 77), Hérodote fait encore mention de l'épeautre pour nous dire que «leurs pœns s'appellent kyllestis et qu'ils (les :

Égyptiens) les font avec de l'épeautre » :

&proypa@éouor de Ex Tv dhupéov woiedvres dprous, roùs éxetvos xuAANO Us évouagouos (2),

Ces renseignements donnés par Hérodote sur les pains d’épeautre employés de préférence aux pains de froment ou d'orge par les Égyptiens sont malheureusement en contradiction avec d’autres textes, le papyrus

Anastasi IV, par exemple, où il est dit que le 7" ]l œ» k}ÿtj (d'ori-

® Herodots zweites Buch, p. 158-159. De même A. H. Sayce, The Ancient Empires of the East. Herodotos I-TIT, p. 145, note 6. L'identification avec rdas Dura-Getreide», c'est-à-dire le maïs, se trouve déjà, d'ailleurs, dans Brugsch (Thesaurus, 1[, p. 298).

PCF Wisvemanx, op. cit., p. 326-327. Voir aussi Grrrira, Catulopue of the Demotic Papyri of the John Rylands Library, vol. IX, p. 78, note 11, où sont rappelés et longuement commentés ces deux curieux passages d'Hérodote sur les diverses céréales et panifications usitées en Égypte à l'époque perse, et Sir Armand Rurrer, Food in Epypt, (1919), p. 45, chap. n, Cereals and Bread, |

gine sémitique), le xvAAfous grec, était fait avec du froment, et des auteurs dignes de toule créance, comme Diodore de Sicile et Strabon, qui mentionnent très clairement des pains de froment. L'emploi de l’épeautre, loin d'être la règle, était donc purement accidentel. Aussi devons-nous. penser qu'en cette matière, comme en beaucoup d'autres, Hérodote s’est laissé abuser par les racontars de ses guides. Ses observalions ont, toutefois, le mérite de nous faire supposer qu'il a assisté à la fête de Min, au cours de laquelle (ou après laquelle) on mangeait du pain d'épeautre, sinon dans une des villes de la Haute-Egypte qui étaient plus spécialement consacrées à ce dieu, Coptos, Panopolis ou Thèbes, du moins probablement à Memphis, où le culte de ce dieu existait aussi de toute antiquité. Et c'est en constatant que l'on offrait au dieu une poignée d'épeautre, au lieu de froment, qu'il a été amené, par un vice de raisonnement, à généraliser une circonstance purement locale et accidentelle, et à attribuer à tous les Égyptiens l'usage de l'épeautre en guise de froment{". Tout nous porte à croire, au contraire, que les Égyptiens d'alors se nourrissaient bien du froment, qu'ils avaient appris depuis plus de deux mille ans à cultiver, mais que leur traditionalisme religieux les avait conduits à conserver l’usage de la céréale grossière et archaïque béu pour le culte de leur très ancien dieu Min. à

(51) Ce n'est pas le roi qui coupe la touffe d'épeautre dans le champ, mais bien le imj-h£. Ce dernier la donne { À LS ensuite au roi, ainsi que la fauaille #$h; le roi alors, à l'aide de cette fauaille, taille à leur base et éga-

lise les épis, de façon à en constituer une gerbe digne d'être présentée au dieu.

(5a) Les deux textes du Ramesseum et de Médinet Habou s'accordent à faire suivre le mot ämÿj.t "= | 1 = À du déterminatif féminin. Il ne s'agit donc pas, comme l'ont pensé Rougé et Daressy, d'un personnage masculin, «le Mamait» (Rougé) ou «le moissonneur » (Daressy).

(7 Cette explication vant bien, en tout cas, celle de M. Wiedemann, suivant laquelle le guide d'Hérodole, qui se nourrissait de pain de doura, pain des classes pauvres, aurait répondu à la question du voyageur, lui demandant pourquoi il ne mangeait pas plutôt du pain de froment, par une plaisanterie, que ce dernier aurait prise au sérieux : tous Îles Égyptiens ne se nourrissent que d'épeauire.

La signification de ce Uitre est, d’ailleurs, beaucoup plus diffiale à préciser que le sexe du personnage qui le porte. Comme il n'existe pas, dans toutes les représentations de la fête de Min, d'autre femme que la reine, et comme celle-ci se tient debout précisément derrière le taureau et un peu au-dessus de lui, on est en droit de se demander si le titre ämzj.t ne serait pas un litre sacerdotal qu'aurait momentanément porté la femme du Pharaon régnant, au cours de la cérémonie en l'honneur de din. N’oublions pas que ce dieu était originairement le dieu de Pount et du désert arabique : n’y aurait-il pas lieu de rattacher le titre $m3.t à la racine Di $m3 «étranger, pasteur, nomade » (copie wcmmw, HEMMO, GMO, alienus, pereprinus) et de le traduire par «étrangère», «la nomade» ou «la bédouine»? Le rôle de remplaçante d'une Bédouine ayant figuré à quelque ütre dans les fêtes de Min à l’époque archaïque aurait-il été peut-être, sous le Nouvel Empire, confié, au cours de la célébration de la «sortie» du dieu, à la reine elle-même?

Au temple d'Édfou, un des tableaux de la salle spécialement consacrée à Min mentionne, dans les termes suivants, une #m.t(?), qui semble être une déesse. Le roi, s'adressant à Min, lui dit, en effet : «les deux sœurs (c'est-à-dire [sis et Nephthys) l'ont paré de leurs vêtements (et) 7, + + 8m3].t récile à ton adresse l'hymne de danse», La $my.t (lue par Piehl Schemamut) est donc ici encore en relation directe avec le culte de Min: mais son rôle concernait, à l'époque grecque, les danses à exécuter en l’honneur du dieu. Devons-nous penser qu’il en était de même sous les Ramessides, et que les phrases qu'elle «récitait sept fois en faisant le tour (?) du roi» constituaient effectivement les strophes d’un hymne de danse? La chose est évidemment possible, bien que l'expression in soit ici extrêmement vague. | |

Dans les légendes d’un autre lableau de la salle de Min à Edfou, la déesse Isis est appelée [<< Th 297% M, ce que Pichl a rendu par «/sis, la grande, la mère divine, Schemamit qui protège Amst sur l'escalier » 8), L'édition Chassinat, d’après les estampages de Rochemonteix,

9 Crassiwar, Le Temple d'Edfou, 1, p. 396. Cf. Peur, Tuseript. hiérogl., à° série, pl. XLVIT P et p. 30 «la déesse Schemamil se réjouit». ® Pieus, Inscript. hiérogl., a° série, pl. L, €. °

E Jbid., p. 31.

ne laisse Loutelois subsister aucune trace de signe avant le groupe K 20 de sorte qu'il n'est pas certain que nous ayons à reconnaître la $ny.t dans ce texte. Il aurait été du plus grand intérêt de trouver à Edfou, comme à Thèbes, cette fmy.t en relation avec le dieu Min ©.

(53) (var. ps ) LR N (var. \) en tournant autour (? ) du

roi». — Rougé a traduit m phr n par «autour de», comme s'il s'agissait d’une simple préposition composée; mais phr est un verbe qui signifie littéralement «marcher autour de, faire le tour de» (quelqu'un ou quelque chose). Dans un sens moins proche de l'étymolome, ce verbe peut aussi être rendu par «retourner d, faire retour a», surtout. lorsqu'il est suivi de la préposition », et c'est peut-être plutôt ainsi que nous avons ici à d'interpréter : «voici que la 8m2j.t récite sept fois les formules pendant qu’elle retourne(?) vers le rois. De toute façon, l'action accomplie par ce personnage féminin demeure aussi mystérieuse pour nous que son identité méme.

Quant à la traduction de M. Daressy : « Le morssonneur dit alors au roi à quatre reprises de faucher avec lui», elle ne répond en aucune manière ni au texte n1 à la réalité des choses.

(54) Le verbe h — m° (éerit 253$ à Médinet Habou) signifie, comme l'indique le déterminatil et comme l'ont bien vu les traducteurs précédents, «couper, trancher, sectionner » 5. Le nom de l'outil avec lequel on coupe peut être introduit soit par la ps h m (Ramesseum),

(M Cuassinar, Le Temple d'Edfou, 1, p. 394, où KZ est lu KA F.

® Une autre variante de ce titre sacrdotl féminin, ai n'est pas ste antérieurement aux textes de la fête de Min, était "+ 5 à A ét (cf. Enman-Grarow, Wôrier-

buch der aegypt. Sprache, IV, p. 471).

"7 Si la forme correcte est celle du Ramesseam, m$°, on pourrail y voir une formation en #» préfixe dérivée de la racine = ou La , couper (cf. Eruan- Grapow, Wüorierbuch der aegypt. Sprache, Il, p. 156); cette forme ne serait, en tout cas, connue que par notre texte, qui, bien que conservé seulement à l'époque ramesside, semble être une reproduction d'un texte beaucoup plus ancien, sinon même très ancien. Mais je serais plutôt porté à penser que c'est Ja forme 24° de Médinel Habou qui est la version correcte, et je voudrais rattacher celte forme à la racine ‘bien connue LN =. — 3h (cf. Enmax-Grapow, Wôrterbuch der aegypt. Sprache, 1

soit par la préposition ? br (Médinet Habou); la première semble, toutefois, plus correcte, et nous avons à Médinet Habou dans l'emploi de ? comme dans l'orthographe 3° la preuve que ce texte est beaucoup moins correct que celui du Ramesseum, antérieur pourlant d'environ un demisiècle.

L'opération exécutée par le roi «à l'aide de la faucille qui est dans sa main» ne consiste pas, je le répète, à moissonner les épis dans le champ même, mais simplement à élaguer et égaliser leurs longues tiges pour permettre de constituer avec ces épis untformisés une gerbe digne du

dieu. | :

I est à noter que le pronom régime du verbe m$° est le pronom mascu- Ein 4 Ÿ , alors qu'on attendrait le pronom féminin fl. puisque le substantif LIN ou | Bt tiouffe, pornée» que remplace ce pronom est nettement féminin (ce genre est attesté, d'ailleurs, par la forme féminine Ÿ nt de la préposition qui le détermine).

(55) Rougé : «il (le roi) la porte à son nez». Le verbe AŸ est, en réalité, un passif : [elle] est placée à son nez», c'est-à-dire «devant son nez» pour qu'il en respire le parfum. La phrase ne eur pas dans la traduction de M. Daressy.

(56) Rougé : «il [le roi) la place devant xem». Même observation que pour la phrase précédente : À est un passif dont Île sujet est «la gerbe » représentée plus haut par le pronom personnel AE dc «{elle] est placée devant Min». L'expression =. m Dh « devant, par-devant, en avant» est évidemment une façon de parler assez peu exacte; car le péreonnage qui porte la gerbe marche, en réalité, derrière le taureau (1).

Si le personnage appelé 3m2j.t n'était pas déterminé, tant au Ramesseum qu'à Médinet Habou, par une femme J et si le mot n'avait pas la désinence féminine =, on pourrait être tenté de croire que Îe personnage de haute taille qui a recueilli la gerbe de la main royale et qui l'élève à deux mains à hauteur de son visage avant d'en faire hommage au taureau blanc de Min est précisément ce (ou cette) 3n2j.t.

(} De même, la légende du prêtre (?) qui tient à deux mains la gerbe et qui

: de — . <= ,, , marche derrière le taureau est || | =, <= (var. —) sic ie” N «déposer le ——R Bons blé à terre devant ce dieu}r.

(57) 2 FIM & 2 Ÿ (Ramesseum), À FR ÈN

(Médinet Habou). — Ce dernier texte est incorrect : le premier des deux | doit être remplacé par Îe signe Ÿ, représentant un épi de blé et servant de déterminatif au mot &ms. Le sens de la phrase est très clair, bien que les traducteurs précédents l’aient méconnu. Rougé a rattaché la phrase au texte qui la précède immédiatement et a traduit par «1! la place devant xem, qui donne au roi les moissons (qu'elle produit)». M. Daressy, au contraire, a cru reconnaître dans cette proposition le début du développement relatif à la scène qui va suivre : « Le roi, ayant fait sa moisson, passe vers l'autel, etc.». La réalité est tout autre : cette phrase ne dépend ni de celle qui la précède, ni de celle qui la suit. Le verbe "ou À est employé au passif et le sens est le suivant : «un épi (détaché) d'elle (ÏW <— où 177, c'est-à-dire de la gerbe, toujours employée au masculin bien que le mot b.t paraisse être féminin) est donné au roi». Après que la gerbe a été déposée à terre devant le taureau blanc et qu'elle a probablement été l'objet de la part du dieu de quelque rite fécondateur, la gerbe est reprise par le personnage qui l’a déposée, et un épi (#m$) est détaché par lui de cette gerbe pour être offert au roi : par cette remise d'un épi le dieu s'engage en quelque sorte vis-à-vis du roi à assurer la moisson de la saison prochaine.

La forme #m$ (connue également avec l'orthographe mm Y (|) est un doublet archaïque du mot plus fréquent #- MIE hmé «épi», copte 2mc (S.), benc (B.) (cf. Enwan-Grarow, Aegypt. Handwërterbuch, p. 136 et Wôrterbuch der aepypt. Sprache, I, p. 367). Cette forme serait encore une preuve de plus, s'il en était besoin, de l'ancienneté de notre lexte.

Une autre scène représentant le roi en train de couper le blé devant Min se trouve sur la face est du mur d'enceinte de Karnak {Manuscrits “Burton au British Museum, n° 26538, 35: cf. Miss B. Porter and Miss

Moss, Topopraphical Bibliography, vol. IT, p. 47).

__. Dans les tombes thébaines, le roi est assez souvent, d’autre part, repréconte comme prêtre de la moisson (par exemple, Davies, Bull. of the Metropolitan Museum of Art, New York, nov. 1929 : Ÿhe Egyptian Expediton

1928-1929. p-h1-hg).

(58) L expression <= Ÿ { (Ramesseum), - == (Médinet Habon) pri m ee all «sorur du htjw» est curieuse. Si le retbe pr a bien ici le sens de

ess a

sortir, venir à l'extérieur, au delors, nous devons admettre que Îe hi de Min n'était pas seulement, comme on l’a admis jusqu'ici, une estrade à degrés, un reposoir en forme d'escalier ou précédé d’un escalier, mais un de Le édifice dans l'intérieur duquel on pouvait pénétrer et où le roi avail, effectivement, accès aux jours des fêtes célébrées en l'honneur du dieu.

On pourra objecter, toutefois, que le verbe pr n'a pas un sens aussi précis que Île verbe français «sortir» el qu'il signifie aussi «s uvancer » el monter » (cf. Ensan-Gnapow, Wôrierbuch der aepypt. Sprache, 1, p.518 et suiv. : herausgehen, hervorgehen, emporsteigen, linaufsteigen).

Rougé a rendu par «le ro quitte le yela», qui est peut-être, en somme, Ja meilleure traduction. La traduction Daressy, «le roi. .... passe vers l'autel» est, en lout cas, impossible.

Il convient de noter les deux emplois grammalicaux très différents suivant les deux textes :

a) . NE f pr. { hr n$w.l (Ramesseum ), sorte d'infiniuf de narralion construil abusivement avec la conjonction hr;

b) en L N pr nsw.i (Médinet Habou), forme $dm-f normale.

(59) Du fait que le roi a le visage tourné vers le nord (Rougé : «il se tourne vers le nord») lorsqu'il sort du hÿw, nous sommes peut-être autorisés à conclure que l'entrée de ce reposoir était orientée au nord. Geite conclusion ne s'impose pas, cependant, de façon inévitable, et nous pouvons également admettre que le Pharaon, une fois sorti du hjw, se dirigeail d'abord vers le nord pour exécuter sa marche autour du hjw. Cette direction vers le nord avail peut-être une signification rituelle précise, qui nous échappe encore. La traduction Daressy «passe vers l'autel qu est devant lui au nord» est grammaticalement impossible.

(60) ? nd n <a Fe Ars (Ramesseum), ? : e. F. (Médinet Habou ).

tandis qu'à Médinet Habou nous avons nettement le verbe phr (ancien-

Le verbe du Ramesseum semble devoir être lu dbn (| "7 ),

nement A — — pir). Ces deux verbes ont d'ailleurs des significations très opus sinon absolument identiques : «{ourner autour, faire le tour de». Le mot pr ou phr élait, 1l est vrai, susceptible d'un autre sens : «retour-

ner à, revenir d» (cf. Pyr., 3175), qui conviendrait peut-être mieux 1e : le roi quitte le hijw, s'en éloigne en marchant dans la direction du nord, puis y revient. Mais le texte du Ramesseum, nous avons déjà eu maintes fois l’occasion de le constater, est plus correct {probablement parce que pins ancien et plus proche du texte archaïque dont il est une survivance). Ov 1l donne dbn, qui n'a pas d'autre sens, lui, que «entourer, envelopper, | encercler ». Nous sommes donc amenés à préférer à tout autre la signification «faire le lour de, marcher autour de» el à admettre que le rot faisait effectivement, dans un but et pour un mouf qui, à la vérité, nous échappe encore, le {our du «reposoir» de Min. Ge sens est d’ailleurs celui qu'ont admis el Rougé «et fait le tour de ce yetan et Daressy «ei tourne autour de l'autel».

(61) « On fait avancer deux prêtres fG>, ou peut-être plus simplement «les deux prêtres ÿ\{ s'avancent». Les deux trails verticaux servant à écrire le nombre $r.w «deux» sont aussi hauts à Médinet Habou que le groupe G et oceupent, en fait, toute la hauteur de la ligne; au Ramesseum , au CS nArEs ils sont de hauteur normale.

La traduction de Rougé : « {1 (le roi) fat partir les prêtres» ne contient pas moins de trois inexactitudes :

1° À est un passif et doit être rendu par «1 est fait avancer», c'està-dire «on fait avancer »; |

2° Le verbe LS la wd; ne signifie pas «parlr», mais au contraire «venir vers, s'avancer vers, s'approcher de»);

3° Le texte porte w'b $n.w «les deux prêtres-purs » ou «deux prêtrespurs ». | | |

(62) «Les génies de l'Est.» — Ces gémies de l'Est sont représentés sur deux registres superposés immédiatement vis-à-vis du roi. Îls sont absolument identiques l'un à l'autre et en relation avec deux prêtres à la tête rasée, qui sont désignés respeclivement par les titres mn < et (+ Leur présence dans la fête de Min s'explique, selon toute vraisemblance,

) Pour les mêmes raisons la traduction Daressy #41 (le roi) envoie deux prêtres» n'est pas plus correcte.

.par le fait que ce dieu était d'origine orientale, son premier habitat ayant été la région à l'est de Coptos, la portion de ce qui est aujourd'hui le désert arabique comprise entre le Ni et la mer Rouge.

Rougé a correctement traduit «avec les esprits de l'Orient», tandis que M. Daressy a fait un double contresens en rendant ce membre de phrase par «avec les oiseaux à gauche». Le mot Re bw n’a rien à voir avec les quatre oiseaux qui sont lâchés dans les quatre directions de l’horizon pour annoncer l'avènement du roi. En outre, le mot &b.t ou &b11 ne doit pas être confondu avec le mot by, «la gauche, le côté gauche», bien que le texte du Ramesseum donne, incorrectement, # [Yi au lieu de D UD (Médinet Habou). Les «gémes de l'Est» sont mentionnés, d’ailleurs, dans l'hymne chanté en l'honneur de Min-Kamoutef au cours de la fête; un passage de cet hymne s'exprime, en effet, en ces termes en s'adressant au dieu : = À MEL DU : «lève-tor pour les gémes de l'Est» (voir ci-des-

sous, Chap. vi, p.179 et 183).

(63) Rougé : «qu sont devant ce dieu» : le mot émn (var. smn) doit être rendu de façon plus énergique que par le simple verbe «être»; 11 signilie « dressés fixement, fixés», et la représentation nous montre, en effet, que ces deux emblèmes ont leur base solidement enfoncée dans la partie supérieure d'un support.

(64) La traduction Daressy «leurs visages retournés» est préférable à «elle de Rougé «leurs faces sont en arriére». Les deux prêtres en queslion sont, en effet, représentés la tête tournée en arrière, comme s'ils observalent ou écoutaient ce que font ou disent les personnages figurés derrière eux. La lecture Pr : donnée par Rougé pour le texte du Rames-

< Ê . —t— # -. ; seum, est à corriger en Ÿ in | c- La préposition composée r } est, d’ailleurs, plus fréquente pour exprimer l’idée «derrière, en arrière»

que la préposition simple }:.

(65) Les dernières phrases de ce texte ne sont pas très claires, et l'on ne voit pas nettement comment il convient de les couper. [l me semble y avoir un parallélisme entre les deux propositions comménçant par la conjonction À fl if! (anciennement | fl: 1#), laquelle indique souvent la simultanéilé de deux actions : « Tandis que les deux mnkr.t sont aux mains

des deux prétres-purs qu'on appelle les rassasiés, ils («’est-à-dire ces deux prétres) accomplssent leurs rites, — et tandis que le roi donne la voie aux quaire oiseaut srj, tls (c'est-à-dire ces mêmes prêtres) lisent leurs formules». Si cette interprétation est exacte, l'épisode du lâcher des oiseaux et celui des deux prêtres à la queue de taureau devant les fétiches d'Osiris font partie d’un seul el unique rite. |

(66) La smnkr.t (peut-être dérivée de la racine kr «frapper ») était la queue de taureau {1 que portait le Pharaon suspendue à l'arrière de sa ceinture. Le mot est ici employé au duel, et ces deux queues de taureau sont représentées sur l'une des dernières scènes de la cérémonie. Deux prêtres, qui sont précisément ceux qui apportent {?) les deux emblèmes osiriens symbolisant les génies de l'Est (voir ci-dessus, n° 62), et qui s'inclinent chacun vers un de ces deux emblèmes, tiennent à deux mains par son extrémité supérieure une queue d'animal : c’est ce que le texle-programme exprime par les mots : «les deux queues sont aux mains des deux prêtres-purs ».

Le mot est dans nos deux textes déterminé par le signe de la queue, rigide et presque rectiligne \ au Ramesseum, largement recourbée sur elle-même (comme on Îa voit dans les mains des deux prêtres) à Médinet Habou. Mais on peut égälement le trouver suivi du déterminalif de la peau d'animal +, ou même sans aucun déterminatif (cf. Erwan-Grarow,

Wôrterbuch der aepypt. Sprache, IL, p- 91).

© «Der Schwanz am Kônigsschurz» ( Wôrterbuch der aegypt. Sprache, IT, p. 91). — Cf. Jéquier, Bulletin de l’Inst. franç. d'Archéol. orient., XV, p. 165-168; Rec. de trav., XXXIX, p. 150; Les frises d'objets des sarcophages du Moyen Empire, p. 110- 111. On l'avait d'abord identifiée à tort avec uné queue de lion ou de loup (cf. Masprro, Lectures historiques, p. ho; Bissinc, Denkmäler dgypt. Skulptur, Texte, 2,n°6,et34, n° 3; SrreceLeerG, Orientalist. Literaturzeitung , IV, p. 10), puis de chacal (Morer, Du caracière religieux de la royauté pharaonique, p. 214-215). M. Daressy (Notice. Médinet Habou, p. 126) y a vu des «queues de bœufsn. Quant à M. Wiedemann, renvoyant à Maspero (Histoire ancienne, Ï, p. 55, note 3) el à une opinion déjà émise en 1920 par lui-même (Das alle Aegypten, p. 61 et suiv.), il a supposé récemment, ‘comme jadis M. Moret, que cette queue était, en réalité, une queue de chacal (cf. Ein ägyptischer Surg der Saitenzeit im Akademischen Kunstnuseum zu Bonn ; in Jahrbuch des Vereins von Altertumsfreunden im Rheinlande = Bonner Jahrbücher, Hefl 130, 1996 ; p. 161, note 7a) : l'identification avec une queue de taureau est, suivant lni, absolument impossible. |

Ce n’est probablement pas à litre d’accessoire du costume royal que la queue de taureau Joue ie un rôle important dans l'un des rites de la célébration de la fête de Min. Peut-être existe-t-il une relation entre celle queue mnhr.i et le taureau sacré qui représentait Min et que l’on mettait à mort pour symboliser les forces de la nature périodiquement mourantes cl renaissantes. Nous savons, d’ailleurs, par le grand hymne à Min-Amon, conservé sur la statue n° 40959 du Brilish Museum et le papyrus n° 17 de à porter cetle queue, car le dieu ithyphallique y est qualifié, entre autres épithètes, de

ne No oU M = = \\ nkr.lj, forme msbe du substantif mnhkr.t «celui po <>

l'ancien Musée de Boulay, que les rois n'élaient pas seuls

qu est muni de la queue mnkr.t» (voir la dernière publication qui a été faite de cet hymne par M. Sélim Hassan, dans ses Hymnes rehpieux du Moyen Empire, p. 176-1797, où sont rassemblées un certain nombre de remarques intéressantes sur ces mots).

(67) La leçon 4" w‘b.w de Médinet Habou est fautive; les prêtres en ‘ 1171 queslion sont au nombre de deux seulement, ainsi que l'indique le texte du Ramesseum, D én.w «les deux prélres-purs ».

(68) Roupé : «Les prêtres boivent tout ce qui leur plaît, suivant leur usage»; Daressy : «(deux prélres) accomplissent les cérémonies devant les insignes ». Aucun des deux traducteurs n'a compris Île sens véritable de la proposition incidente + oŸ FL —-—- (Ramesseum) ou + <:

TE (Médinet Habou), et cette mésintelligence est due probablement au fail qu'ils avaient sous les yeux des copies incorrectes. Le sens est manifestement «les rassasiés, dit-on à leur sujet»), c’est-à-dire «on les ap- 151? il ne peut évidemment se rapporter qu'aux deux prêtres porteurs d'une queue

pelle (on les surnomme) les rassasiés». Quant au pronom personnel {=

de taureau et inclinés devant l'emblème des génies de l'Est. Mais que penser de ce surnom 58 thjw «les rassasiés » @), qui leur est attribué? Devons-nous

(® Pour les prépositions composées = hr.f «ditlr, El A: ou ns hr.tw «diton», voir : Erman, Agypt. Gramm., 4° édit., $$ 317-319 et 501; Garnniner, Egypt. Grammar, $ 436; Enman-Grarow, Wôrterbuch der aegypt. Sprache, IT, p. 317. Le verbe n] dd «dire» est sous-entendu avant la préposition kr.

C1 Plutôt que cles eniprésn. Cf. Ernax-Grarow, Aepypl. Handwërterbuch > p. 206: kjo + (Lil), e I «sich betrinken; trunken sein». Gopte 42e.

le prendre au sens hitéral et admettre, avec Rougé, que ces deux prêtres recevaient, à l'occasion de la fête de Min, une ration supplémentaire de boissons (), ou qu'ils avaient peut-être même le droit de boire à discrétion? Ou bien l'expression ne doit-elle être entendue que dans un sens métaphorique, el le mot thjw fait-il allusion à quelque geste accompli par ces prétres ou à quelque rite spécial, encore mystémeux pour nous? |

(69) ESLES irlirw sn. — Ces rois mots sont, en quelque sorle, en l'air, el n'apparaissent comme reliés ni à ce qui précède ni à ce qui suit. Le texte du Ramesseum est fort malencontreusement détruit à partir de ces mots, et dans le texte de Médinet Habou il y a peut-être lieu de restituer avant eux la préposition ?, qui les ratlacherait aux mots précédents, ce qui permettrait de traduire l’ensemble par «les rassasiés (comme?) on les appelle accomplissent leur fonchon (ou exécutent leurs rites) ». Si l'on n'accepte pas cette restitution, 1l faut, au contraire, rattacher ces trois mols au contexte qui les suil el comprendre peut-être « [après (?)] l’accomplissement de leur fonction, voici que le roi fait envoler les oiseaux, ele. ».

Rougé a rattaché ces trois mots au contexte précédent et a rendu l'ensemble, probablement à lort, par «les prêtres boivent lout ce qui leur plait, suivant leur usage». M. Daressy a ajoulé au texte en interprétant par nel accomplhssent les cérémonies devant les insignes ».

(70) Le complément indirect de l'expression À . « donner la voie» est mutilé; l'article féminin =% qui le détermine indique qu'il s’agit d'un collectif. Nous avons ici, en lout cas, la mention d’un des épisodes essentiels de Ja fête : le lâcher vers les quatre points cardinaux des quatre oiseaux srj chargés d'annoncer au monde entier l'avènement du nouvel Horus, le Pharaon régnant. Mais nous devons noter qu'il y a désaccord, en ce qui concerne l’ordre relalif des divers épisodes, entre le texte-programme et Îles scènes représentées au-dessous. Tandis que l'ailusion à l'envol des oiseaux est rejelée ici tout à la fin du texte-programme, la scène qui représente le lâcher de ces oiseaux et qui relate les paroles prononcées à l’occasion de

() Mélanges d'archéologie, 1, p. 129, note 4 : «En effet, les offrandes de Medinet- Abou portent pour Îles graudes fêles un supplément d'offrandes, pour le sura en uab-u ‘Je boire des prélres ”’n. |

leur envol n'est pas du tout la dernière dans l'ordre de succession des divers actes de la cérémonie.

(71) La traduction Daressy : «puis le roi met en route les oiseaux en leur indiquant leur voie» est certainement impossible, le mot 7 ne pouvant avoir le sens de «voien.

Il manque avant le verbe XX: «hre» un substantif pluriel sujet de ce verbe, et peut-être aussi la préposilion Ÿ indiquant la simultan“ité des deux actions, lâcher des oiseaux et lecture des formules sacrées. Le sens est probablement : « Voici que le roi donne la voie aux oiseaux, [tandis que les prêtres? | récitent leurs formules». Ces formules sont probablement les divers hymnes dont a été conservé le texte tant au Ramesseum qu'a Médinet Habou; mais 1l se peut aussi que l'allusion vise seulement les formules spéciales accompagnant l'envol des oiseaux. — Une autre interprétation, qui cadrerait micux avec les exigences de la grammaire, consisterait à voir dans le mot “Ÿ; un parlicipe pluriel se rapportant au substantif pluriel qui le précède immédiatement, le srj; on aurait alors - le roi donne la voie aux quatre oiseaux srj chantant [avec] leur bec-. Le mot 7 «bouche» serait pris ainsi dans son sens originel, et non dans Îe sens dérivé de «chapitre, formule » (d'un texte). Mais le terme $d peut-il s'appliquer au chant ou au cri des oiseaux ?

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