‹ Les fêtes nationales à ParisChapitre 18 sur 61 · ESTAMPE COMMÉMORATIVE DE SEBASTIEN L.ECLERC · texte numérisé non relu

ESTAMPE COMMÉMORATIVE DE SEBASTIEN L.ECLERC

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de ville, et s’y faire servir à table par MM. les échevins, et que le procureur de la commune de ce temps, qui ne se nommoit pas Manuel, une serviette sous le bras, eut la faveur de verser à boire, à genoux, à son maître. Hâtons-nous de dérober à nos neveux ces honteuses platitudes de leurs ancêties.

« L’inauguration de ce bronze insolent est du 14 juillet 1689, c’est-à-dire un siècle, jour pour joui , avant la chute de la Bastille et du despotisme en France. Ce hasard de date a son prix. »

U Almanach historique que nous reproduisons montre exactement la disposition de la table royale. En le regardant attentivement, il est facile de se rendre compte des habitudes gastronomiques d’alors et de la façon dont on comprenait le service. C était le temps des plats composés; un lièvre, par exemple, apparaissait flanqué de poulets qui eux-mêmes étaient escortés de petits oiseaux. Le Repas ridicule de Boileau, d ailleurs, nous éclaire complètement à ce sujet :

Sur un lièvre flanqué de six poulets étiques S’élevaient trois lapins, animaux domestiques Qui, dès leur tendre enfance, élevés dans Paris Sentaient encor le chou dont ils furent. nourris;

Autour de cet amas de viandes entassées Régnait un long cordon d’alouettes pressées,

Et sur les bords du plat six pigeons étalés Présentaient pour renfort leurs squelettes brfilés.

On remarquera également qu'il n’y a sur la table ni bouteilles, ni carafes, ni verres. On demandait à boiie au valet. Boileau encore nous atteste cet usage :

On a porté partout des verres à la ronde,

Où les doigts des laquais, dans la crasse tracés, Témoignaient par écrit qu’on les avait rincés.

Les hauts personnages qui servent le Roi et la Dauphine se chargent eux-mêmes, comme on le verra dans l’estampe, d’apporter un verre chaque fois que leurs convives le demandent.

Nos lecteurs nous sauront gré, je crois, d’avoir fait dans le cours de cet ouvrage quelques emprunts à cette curieuse collection d'almanachs qui sont d’une si considérable importance pour l’histoire du dix-septième siècle, et auxquels nous nous proposons de consacrer ailleurs une étude plus approfondie.

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