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LES ENTRÉES D’AMBASSADEURS

ÉS entrées d'ambassadeurs jouaient également, dans les fêtes d’autrefois un rôk considérable dont ne donne pas l'idée aujourd’hui la simple remise des lettre, qui accréditent un envoyé près le Président de la République.

Éblouir la population par le luxe de leurs équipages et le nombre de leur, gens était l'unique préoccupation des grands seigneurs de tous les pays, auxquels les fonétions d’ambassadeur offraient une occasion d’affirmer par leui . .. faste la magnificence du monarque qu’ils représentaient.

De son côté, le souverain qui recevait l’ambassade d’une puissance, avec laquelle on était souvenl d’autant mieux qu’on venait de se battre avec elle, n’épargnait rien pour que la réception fût superbe. La France, particulièrement, toujours si hospitalière et si courtoise, laissait bien loin derrière elle toutes les nations par la générosité qu’elle montrait dans ces circonstances. Un hôtel spécial était destiné aux ambassadeurs extraordinaires. On attribua d’abord à cet usage l’ancienne demeure de Concino Concini, située rue de Tournon, et transformée maintenant en caserne pour la garde républicaine, puis un hôtel de la rue des Petits-Champs, enfin le palais Bourbon. Les ambassadeurs y étaient traités aux frais du roi

Parmi les entrées d’ambassadeurs, une de celles qui produisirent la plus vive sensation fut l’entrée du cardinal Chigi. Chigi venait, on le sait, apporter des excuses au roi à la suite de cette affaire des Corses, simple rixe dont Louis XIV, affolé déjà par la toute-puissance, se saisit comme d’un prétexte pour humilier le chef de la chrétienté. Au déclin de sa vie il devait payer, par des humiliations plus poignantes encore, les outrages qu’il avait prodigués à un vieillard auguste.

Ce fut aussi une grande et fastueuse entrée que celle de l’ambassadeur de l’Empereur, le dimanche 17 décembre 1752, entrée dont Barbier nous indique en quelques lignes l’itinéraire :

« Dimanche dix-sept décembre, le comte Kaunitz Ritber, ambassadeur de l’Empereur et de l’Impéra- « trice-Reine de Hongrie et de Bohême, a fait son entrée publique à Paris qui a été fort belle. Il avait cinq « carrosses, belles livrées riches et quantité de domestiques, huit pages. Il a fait une furieuse marche le long « de la rue Saint-Honoré, le tour de la place Vendôme, a passé devant le’ Pont Tournant des Tuileries, les <1 quais des Tuileries et du Louvre, le pont Neuf, le quai des Théatins, la rue de Grenelle, pour va-me'r le « palais Bourbon grès des Invalides où il demeure. Depuis Picpus la tournée est grande. Tout son chemin « était garni de monde et de carrosses, il a vu ce que c’est que Paris. »

La curiosité qu’éveillaient les entrées des ambassadeurs redoublait quand il s'agissait de ces envoyés d’Orient, qui alors semblaient véritablement sortir de pays chimériques.

L’ambassade siamoise, plus ou moins apocryphe, avait mis en émoi la Cour et la Ville; l’arrivée d’un ambassadeur persan fut un événement du même ordre; on s’étouffait littéralement sur le passade de ce personnage extraordinaire, qu’on s’étonnait de trouver bâti comme les autres hommes. Dans la gravure qui représente le passage de l’ambassadeur sur la place Royale, nos lecteurs n’apercevront que perruques arrachées, curieux piétines par la foule, petits gâteaux de marchands forains roulant sur le pavé à la suite de la bousculade,

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Lh««vh: Kaaihnl, Stoaar.

Un Ecuyer de son Excellence, suivi par

Vingt quatre Palfreniers, dont huit à cheval et seize à pied, conduisant huit chevaux de main, richement harnachés,

Le Maitre d'Hotel de S. E. à cheval, suivi par Douze Officiers à cheval marchant deux à deux,

Le premier Ecuyer de S. E. Suivi par Huit Pages à cheval marchant deux à deux

et de l’Imperatrice, Reine de Hongrie et de Boh telle qu’elle s’est présentée sur les-deux

L'Intendant de Monsieur l'Ambassadeur, précédé par le carosse de l'Introducteur des Ambassadeurs et celui d’un Maréchal de France (j ’oyés la lettre a.) suivi par

Deux Suisses à cheval ; tenant leurs grands bâtons dans la main droite Six Coureurs, marchant, deux à deux,

Deux Negres, le Turban sur la tête,

Trente hommes de livrée, la canne à la main, marchant sur deux files,

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