LES FÊTES DE L’EXPOSITION
lles sont présentes encore à toutes les mémoires, les fêtes de l’Exposition. Nous avons indiqué au début de ce livre le caractère particulier d’unanimité et de spontanéité qu’elles ont présenté; nous n’avons pas à raconter ces journées : nos gravures se chargent d’en rappeler l’éclat à ceux qui les ont vues, de les montrer à ceux qui n’en ont pas été les témoins. Il ne rentre pas dans notre cadre non plus de faire l’histoire des Expositions qui se sont succédé en France. Nous avons suivi à travers les âges, dans un autre ouvrage, les formes différentes de ces solennités industrielles et commerciales, qui sont plus vieilles qu’on ne croit, puisque en réalité les Halles des Champeaux et la Foire Saint-Germain, où l’on appliquait déjà la division par classes, étaient des embryons de nos Expositions universelles. Nous avons décrit longuement cette Exposition de l’an VII, où pour la première fois les produits de l’industrie furent associés aux récompenses accordées aux chefs-d’œuvre des lettres
et des arts. Le mouvement industriel qui devait transformer les vieilles lois économiques et exercer sur la société une si profonde influence fut long à se prononcer. Les Expositions qui eurent lieu en 1801 et en 1802, pendant le Consulat, sur la place des Invalides; sous l’Empire, en 1806, dans la cour du Louvre; sous la Restauration, dans la salle Henri IV, où l’on avait placé le modèle en plâtre de la statue du Béarnais remplacé sur le pont Neuf par l’œuvre définitive de Lemot; enfin sous la monarchie de Juillet, dans les galeries du Louvre, ne donnent qu’une bien lointaine idée de ces concours magnifiques de 1867 et de 1878, où l’univers est accouru pour contempler les merveilles du travail humain.