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La baisse des prix des feuillards et dagues est donc d'environ 20 à 25 0/0, elle est d'autant plus sensible pour les marchands de bois, que le prix de la façon a augmenté à la même époque de 25 à 30 0/0. Leurs profits ont, dès lors,
considérablement diminué, et il est facile de s’en rendre compte, connaissant les prix des marchandises, de la maind'œuvre, et de la coupe de bois : prenons, par exemple, le feuillard de 8 pieds, en meule, ou en lattes en 1900 et en 1906. En 1900, la meule de feuillard de 8 pieds valait 1 fr. en Limousin, la part de l’ouvrier était de 0 fr. 37, le transport revenait à 0 fr.05, et le propriétaire foncier touchait 0 fr. 23, au total 0 fr. 65 de frais, il restait donc 0 fr. 35 de bénéfice au marchand, c’est-à-dire du 35 0/0; le paquet de 50 du même feuillard en lattes se vendait 1 fr. 90, dont 0 fr. 95 de frais, pour le marchand, qui gagnait ainsi 50 0/0. Ajouter à cela les petits profits résultant de la vente des fagots, qui compensaient largement les pertes du marchand, et nous pourrons dire qu’en 1900 le profit du marchand de bois s'élevait à environ 40 0/0. Aujourd'hui, il est tombé à la moitié, la meule de 8 pieds se vend 0 fr. 85, sur lesquels il reste au marchand 0 fr. 15, les frais s’élevant à O fr. 70, 0 fr. 05 de plus qu’en 1900 par suite de l’augmentation du prix de façon ; en paquet de 50, le feuillard de 8 pieds vaut 1 fr. 40, il y a 0 fr. 95 de frais, le marchand prélève donc 0 fr. 45. Le commerce du feuillard, en Limousin, est en ce moment dans une période difficile, due à la surproduetion, et les revendications ouvrières, toujours menacantes, ne sont pas faites pour en faciliter le dénouement et garantir l'avenir.