SAINTE-BEUVE
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Dans l’alcôve sombré, Près d’un humble autel, L'enfant dort à l'ombre Du lit maternel.
Tandis qu’il repose,
-Sa paupière rose,
Pour la terre close, S'ouvre pour le ciel.
Il fait bien des réves.
Il voit par moments
Le sable des grèves
Plein de diamants;
Des soleils de flammes,
Et de belles dames
Qui portent dés âmes
Dans leurs bras charmants.
Songe qui l’enchante!
11 voit des ruisseaux;
Une voix qui chante
Sort du fond des eaux.
Ses sœurs sont plus belles.
Son père est près d'elles.
Sa mère a des ailes Comme les oiseaux.
Il voit miile choses Plus belles encor; Des lys et des roses ù Plein le corridor; Des lacs de délice, Où le poisson glisse, Où l’onde se plisse À des roseaux d’or.
Enfant, rêve encore!
Dors, Ô mes amours!
Ta jeune âme ignore
Où s’en vont tes jours.
Comme une alguc morte, Tu vas, que t’importe?
Le courant t’emporte, Mais tu dors toujours!
Sans soin, sans étude, Tu dors en chemin; Et l'inquiétude,
A la froide main,
De son ongle aride Sur ton front candide, Qui n’a point de ride, N'écrit pas : Demain!