‹ Les feuilles d'automne (volume 2)Chapitre 24 sur 38 · DANS L'ALCOVE SOMBRE · texte numérisé non relu

DANS L'ALCOVE SOMBRE

Il dort, innocence!

Les anges sereins

Qui savent d'avance

Le sort des humains,

Le voyant sans armes, Sans peur, sans alarmes, Baisent avec larmes

Ses petites mains.

Leurs lèvres effleurent

Ses lèvres de miel.

L'enfant voit qu'ils pleurent Et dit : Gabriel!

Mais l'ange le touche,

Et, berçant sa couche,

Un doigt sur sa bouche, Lève l’autre au ciel.

Cependant sa mère, Promp‘e à le bercer, Croit qu’une chimère Le vient oppresser.

Fière, elle l’admire, L’entend qui soupire, Et le fait sourire Avec un baiser.

19 novembre 1831,

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MABC-AURÈLE,

Parfois, lorsque tout dort, Je m'assieds plein de joie Sous le dôme étoilé qui sur nos fronts flamboie ; J'écoute si d’en haut il tombe quelque bruit;

Et l'heure vainement me frappe de son aile

Quand je contemple, ému, cette fête éternelle

Que le ciel rayonnant donne au monde la nuit.

Souvent alors j'ai cru que ces soleils de flamme

Dans ce monde endormi n’échauffaient que mon âme; Qu’à les comprendre seul j'étais prédestiné;

Que j'étais, moi, vaine ombre obscure et taciturne, Le roi mystérieux de la pompe nocturne;

Que le ciel pour moi seul s'était illuminé!

Novembre 1829.

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