‹ Les feuilles d'automne (volume 5)Chapitre 19 sur 30 · A JOSEPH , COMTE DE S · texte numérisé non relu

A JOSEPH , COMTE DE S

Gnncta snpercilio, — UORÀT. —

SaVVeviR B'ȣHrAVCE.

Dans une grande fête , un jour, au Panthéon', J'araîs sept ans, je vis passer Napoléon.

Pour Toir cette figure auguste et solennelle ,

Je TnV't.ii*i eVltappo de l'aile maternelle^

Car il tenait déjà mon esprit incpiiet^

Mais ma mère aux doux yeux, qui souvent s'e£frayait

£n m'entendant parler guerre , assauts et bataille ,

Craignait pour moi la foule, à cause de ma taille.

Et ce qui me frappa , dans ma sainte terreur, Quant au front du cortège apparut l'empereur, Tandis que les enfans demandaient à leurs mères Si c'est là ce he'ros dont on fait cent chimères; Ce ne fut pas de voir tout ce peuple à giand bruit Le suivre comme on suit un phare dans la nuit, Et se montrer de loin sur sa tête suprême Ce chapeau tout use' plus beau qu'un^ftadême,

d'automne. 73

Ni , pressés sur ses pas , dix vassaux couronnés Regarder en tremblant ses pieds éperonnés , Ni ses vieux grenadiers, se faisant violence, Des cris universels s'enivrer en silence; Non , tandis qu'à genoux la ville tonte «n feu , Joyeuse comme on est lorsqu'on n'a qu'un seul vœu , Qu'on n'est qu'unmêmepeupleet qu'ensemble on respire, Chantait en cbœur : Veillons au salut de L'EBn?iRE; Ce qui me frappa, dis-je, et me resta gravé, Même après que le cri sur sa route élevé Se fut évanoui dans ma jeune mémoire , Ce fut de voir, parmi ces fanfares de gloire , Dan» le bruit qu'il faisait, cet bonunc souver^n Passer, muet et grave , ainsi qu'un dieu d'airain !

Et le soir, curieux , je le dis a mon père , pQlidant qu'il défaisait son vêtement de guerre ,

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