‹ Les feuilles d'automne (volume 5)Chapitre 21 sur 30 · Â LES FEUILLES · texte numérisé non relu

 LES FEUILLES

Ramassent som vos pieds les miettes des orgies , La hcé du Seigneur se d^onme de vous.

Doimez! afin que Dieu, qui dote les familles, Donne k vos fils la fotce et la grâce à yos filles ^ Afin que votre vigne ait toujours un doux fruit } Afin qu'un Wë plus mûr fasse plier vos granges ; Afin d'être meilleurs^ afin de voir les anges Passer dans vos rêves la nuit !

Donnek ! il vient un jour où la terre nous laisse. Vos aumônes là-baut vous fotrt une richesse.

Donnez ! afin qu'on dise : U a pitié' de nous ! Afin que Tindigent que glacent les tempêtes^

d'automne. 95

Que le pauvre qui soufi&e à eotë de vos fêtes , Au seuil de vos palais fixe un oeil moins jaloux.

Donnez ! pour être aimes du Dieu cpii se fît homme, Pour que le méchant même en s'indinant vous nonmie , Pour que votre foyer soit calme et fraternel ; Donnez ! afm qu'un jour, à votre heure dernière , Contre tous vos péchés vous ayez la prière D'un mendiant puissant au ciel !

Janvier 1830.

xxxm.

"fil vaia to struggle — Ict me perish young — Live as I hâve Ihred; and love as I hâve lovcd; To dust if I returu , from dust I sprug , And then, at least, my heart can he'er be moved.

— Byron. —

, TaAPFISXa A LJk MBUASmATE.

Mon frère , U ttmpètt a dottC été bien forte , Le rent impétueux qni scmffle et nous emporte

De récif en récif A donc,quandvoûspartiez, d'une aile bien profonde,

Creuse le vaste abîme et bouleyerse' l'onde Autour de votre esquif,

Que tour à tour, en hâte, et de peur du naufrage. Pour alléger la nef eu butte au sombre orage ,

En proie au flot amer.

Il a fallu, plaisir, liberté, fantaisie, Famille , amour, trésors , jusqu'à la poésie ,

Tout jeter à la mer !

Et qu'enfin , leul et nu , vous voguez solitaire , Allant où va le flot , sans jamais prendre teire,

Calme , vivant de peu , Ayant dans votre esquif, qui des nôtres s'isole,

d'automne. ^ 101

Deux choses seulement , la voile et la boussole , Votre ame et votre Dieu !

Mai t830.

Un horizon fiiit à souhait pour le plaisir des yeux. — FÉNELOir.—

BIÈYBE.

A llADBllOItSI.I.E LOmiE B.

.Oui y c'est bien le vallon ! le yallon calme et sombre ! Ici Tëtç plus frais s'épanouit à„ l'ombre,

Ici durent long-temps les fleurs qui durent peu. Ici Famé contemple , écoute , adore , aspire , £t prend pitié du monde , étroit et fol empire Où rhommes tou les Jour^ 6it moins de place à Dieu !

Une rivière mi lÎMid) des boia mut let deux pentes. Là des ormeaux , brodés de cent vignes grinq»antes ; Des prés , oà le faucheur brunit son bras nerveux ; Là , des saules pensif qui pleurent sur la rive , £t, comme une baigneuse indolente et naïve , Laissent tremper dans l'eau le bout de leurs cheveux.

Là-bas , un gué bruyant dans des eaux poissonneuses Qui montrent aux passans les pieds nus des faneuses ;

Des carrés de blé d'or , des étalas au flot dair ; Dansrombre^unmm'decraieetdes toits noirsdesuie; Les ocres des ravins, déchirés par la pluie; Et l'aqueduc au loin <jpii semble un pont de l'air.

Et , pour couronnement à ces collines vertes , Les profondeurs du ciel toutes grandes ouvertes , Le ciel , bleu pavillon par Dieu même construit , Qui , le jour , emplissant de plis d'azur l'espace , Semble un dais suspendu sur le soleil qui passe , Et dont on ne peut voir le» clous d'or que la nuit !

Oui, c'est im de ces lieux où notre cœur sent vivre Quelque chose des cieux qui flotte et qui l'enivre;

Un de ces lieux , qu'^nûmt j'ainmis et je réyais , Dont la beauté sereine, inépuisable , intime , Verse à Pâme un oubli sërieux et sublime De tout ce que la terre et Thonmie ont de mauvais.

d'automne. 101)

Si dès Faube on suit les lisières Du bois , abri des jeunes faons , Par l'âpre cbemin dont les pierres Offensent les mains des enfans , A l'heure où le soleil s'élève , Où l'arbre sent monter la sève , La vallée est comme un beau rêve.

La brume écarte son rideau.

Partout la nature s'éveille.

^ : i.La fleur s'ouvre , rose et vermeille ;

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