‹ Les feuilles d'automne (volume 5)Chapitre 23 sur 30 · TOME IT · texte numérisé non relu

TOME IT

La brume des coteaux fait trembler le contour ; A peine un char lointain glissedans l'ombre. .Écoute! Tout rentre et se repose ; et Farbre de b route Secoue au vent du soir la poussière du jour !

Le crépuscule y ouvrant la nuit qui les recèle , Fait jaillir chaque étoile en ardente étincelle; L'occident amincit sa frange de carmin; La nuit de l'eau dans l'ombre argenté la surùce; Sillons y sentiers , buissons , tout se mêle et s'efiDaM^e ; Le passant inqijiet doute de son chemin.

Le jour est pour le mal , la Êrtigue et la haine. Prions : Voici la iinit ! la nuit grave et sereine !

d'automne. 147

Le vieux pâtre y le vent aux brèches de la tour. Les étangs y ks troupeaux , avec leur voix cassée , Tout souffire et tout se plaint. La nature lassée A besoin de sommeil , de prière et d'amour !

C'est l'heure où les enfans parlent avec les anges. Tandis que nous courons à nos plaisirs étranges Tous les petits enfans , les yeux levés au ciel , Mains jointes et pieds nus, à genoux sur la pierre, Disant à la même heure une même prière , Demandent pour nous grâce au père uniyefs^l !

Et puis ils dormiront. — Alors épars dans l'ombre, Les rêves d'or, essaim tumultueux , sans nombre ,

Qui naît aux derniers bruits du jour à son déclin y Voyant de loin leur soufAe et leursbouclies vermeilles , Comme volent aux fleurs de joyeuses abolies , Viendront s'abattre en foule à leurs rideaux de lin !

O sommeil du berceau ! prière de Fenfance l Voix qui toujours caresse et qui jamais n'offense ! Douce religion , qui s'ëgaie et qui rit !

Prélude du concert de la nuit solennelle !

Ainsi que Toiseau met sa tète sous son aile y L' enfant dans la prière endort son jeune esprit !

Ma fille , va prier ! — D'abord , surtout , pour celle Qui berça tant de nuits ta couche qui chancelle , Pour celle qui te prit jeune ame dans le ciel , Et qui te mit au monde , et depuis , tendre mère , Faisant pour toi deux parts dans cette yie amère , . Toujours a bu T absinthe et t'a laissé le miel !

Puis ensuite pour moi ! j'en ai plus besoin qu'elle^

Elle est j ainsi que toi ; bonne , simple et fidèle.

Elle a le cœur limpide et le front satisfait. Beaucoup ont sa pitié; nul ne lui fait envie; Sage et douce , elle prend patiemment la vie ; Elle souffire le mal sans savoir qui le fait.

Tout en cueillant des fleurs, jamais sa main novice

N'a touché seulement à Fécorce du vice ;

Nul pi^e ne l'attire à son riant tableau ;

Elle est pleine d'oubli pour les choses passées;

Elle ne connaît pas les mauvaises pense'es

Qui passent dans l'esprit comme une dnbre sur l'eau .

Elle ignore y — à jamais ignore-les comme elle !- Ces xnisires du aïonde w notre ame se mêle y

d'automne. 15i

Faux plaisirs , vanités , rewerds , soMcis f oageurs , . Passions sur le cœur fleUant comme une ëcusie , lotîmes souT«mrs de honte et d'amertume Qui font monter au front de subites cfMigeurs !

ftfoi je sais Qoâeux la vie ; ^ jje pourrai te dire , Quand tu serasplus^randeet^'il &udra t'instruira, Que poursuivie l'empire , et la fortune et l'art , C'est folie et néant ^ 4{uie l'unie aléatoire Nous jette him soiwent la iionte pour la gloire , Et que l'on perd ^on ame à ce jeu de iiasard I

L'ame en vivant s'allère ; et quoiqu'en toute chose La fin soit transparente et laisse voir h cause ,

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