î LES FEUILLES
On vieillit sous le vice et Terreur abattu ^ A force de marcher rhomme erre , Tesprit doute. Tous laisseot quelque chose aux buissons de la route, Les troupeaux leur toison, et rhomme sa vertu !
Va donc prier pour moi ! . — Dis pour toute prière : — Seigneur^SeigneurmonDieu, vous être notre père, Grâce , vous êtes bon ! grâce , vous êtes grand ! — Laisse aller ta parole où ton ame l'envoie ; Ne t'inquiète pas , toute chose a sa voie , Ne t*inquiète pas du •chemin qu'elle prend !
Il n*est rien ici-bas qui ne trouve sa pente.
Le fleuve jusqu'aux mers dans les plaines serpente ;
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L'abeille sait la fleur ,qiii recèle le inicl. , Toute aile vers son but incessamment retombé : L'aigle ycÀe au soleil , le vautour à la tombe , L^hirondelle au printemps et la prière au ciel I
Lorsque pour moi vers Dieu* ta voix s'est envolée, Je suis comme l'esclave , assis dans la vallée , Qui de'pose sa charge aux bornes du chemin ^ Je me sens plus léger; car ce fardeau de peine , De fautes et d'erreurs qu'en gémissant je traîne , Ta prière en chantant l'emporte dans sa maia !
Va prier pour ton père î — Afin que je sois digne De voir passer en rêve un ange au vol de cygne ,
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Pour que mon ame brûle avec les encensoirs !
Efface mes péchés sous ton souflle candide.
Afin que mon cœur soit innocent et splendide Gomme un payé d'ai^l qu'on laTe tous les soirs !
Prie encor pour tous ceux qui passent Sur cette terre de yiyans !
Pour ceux dont les sentiers s'efiiBicent A tous les flots ! à tous les vents !
Pour l'insensé qui met sa joie Dans l'éclat d'un manteau de soie , Dans la vitesse d'im cheval !
Pour quiconque souffire et travaille ,
d'automne. 1 55
Qu'il s'en revienne ou qu'il s'en aille., Qu'il £sisse le bien ou le mal !
Pour celui que le plaisir souille D'embrassemens jusqu'au matin , Qui prend l'heure où l'on s'agenouille Pour sa d^mse et pour son festin ^ Qui fait hurler l'orgie infâme Au .même instant du soir où l'ame Répète son hymne assidu , Et , quand la prière est ëteinte, Poursuit , comme s'il avait crainte Que Dieu ne l'ait pas entendu !
Enfant ! pour les vierges voilées !
Pour le prisonnier dans sa tour !
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Pour les femmes ëchevelees Qui yeodent le doux nom d'amour!
Pour l'esprit qui rêve et médite !
Pour l'impie à la voix maudite Qui blasphème la sainte loi ! — Car la prière est iniinic !
Car tu crois pour celui qui nie !
Car Fenfance tient lieu de foi !
Prie aussi pour deux que recouvre La pierre du tombeau dormant , Noir précipice qui s'entr'ouvre Sous notre foule à t«ut mènent !
Toutes ces âmes en disgrâce Ont besoin qu'on les del)arrasse De la vieille rouille du corps.
Soufifrent-elles moins pour se taire?
d'automne. 1 5T
Enfant ! regardons sous la terre !
Il faut ayoir pitié des morts!
A genoux^ à genoux, à genoux sur la terre Où ton père a son père , où ta mère a sa mère , Où tout ce qui vécut dort d'un sommeil profond ! Abîme où la poussière est mélëe aux poussières , Où sous son père encore on retrouve des pères , Comme l'onde sous l'onde m une mer sans fond !
Enfant! quand tut' endors^ tu ris! L'essaim des songes