‹ Les feuilles d'automne (volume 5)Chapitre 4 sur 30 · M LES FEUILLES · texte numérisé non relu

M LES FEUILLES

De la terre et des mers s'i^nchant jusqu'au ciel , Qui chantaient à la fois le chant universel^ Et je les distinguai axas la rumeur profonde Comme on voit deux courans qui se croisent sous l'onde .

L'une venait des mers ^ chant de gloire ! hymne heureux ! C'était la voix des flots qui se parlaient entre eux; L'autre, qui s'élevait de la terre où nous sommes , Était triste : c'e'lait le murmure des hommes } Et dans ce grand concert , qui chantait jour et nuit , Chaque onde avait sa voix et chaque homme sonbruit.

Or y comme je l'ai dit , l'océan magnifique Épandait une voix joyeuse et pacijGque , Chantait comme la harpe aux temples de Sion ,• Et louait la beauté de la création.

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Sa clameur , qu'emp<»:taient la bi^e et la ra£sde , laeessamme^ vers Dieu montait plus triomphale , Et diacun de ses flots, que Dieu seul peut dompter , Quaad l'autre avait uni , se levait pour chanter. Comme ce grand lion dont Daniel fut l'hôte , L'ocëan par momens abaissait sa voix haute ^ Et moi je croyais voir, vers le couchant en feu, Sous sa crinière d'or passer la main de Dieu.

Cependant, à côte de l'auguste fanfare, L'autïe voix, comme un cri de coursier qui s'eflfare, Comme le gond rouille' d'une porte d*enfer , Comme l'archet d'airain sur la lyre de fer , Gitnçait ^ et pleurs, et cris , l'injure , l'anathème , Refus du viatique et refus du baptême , Et malédiction , et blasphème , et clameur Dans le flot tournoyant de l'humaine rumeur ,

Passaient , comme le soir ob voit dans les Tallëes . De noirs oiseaux de nuit qui s'en yont par volées. Qu'ëtait-ce que ce bruit dont mille ëchos vibraient? He'las ! c'était la terre et Thonmie qui pleuraient.

Frères ! de ces deux voix étranges , inouies , Sans cesse renaissant , sans cesse évanouies , Qu'écoute l'éternel durant l'éternité , L'une disait : nature ! et l'autre : humanité !

Alors je méditai , car mon esprit fidèle , Hélas ! n'avait jamais déployé plus grande aile; Dans mon ombrç jamais n'avait lui tant de jour; Et je rêvai long-temps^ — contemplant tour à tour^ Après l'abîme obscur que me cachait la lame y L'autre abîme sans fond qui s'ouvrait dans mon ame.

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Et je me demandai pourquoi Fon est ici ,

Quel peut être après tout le but de tout ceci.

Que fait Famé , lequel vaut mieux d'être ou de vivre ,

Et pourquoi le Seigneur , qui seul lit à son livre ,

Mêle ëtemellement dans un fatal hymen

Le chant de la nature au cri du genre humain.

Juaict 18».

L'une partie da oioïkleiie tait point comme l'autre yit et se gouverne.

— Philippe de Comines.—

A Vm VOTAOBVm*

Ami , vous revenez d'un de ces longs voyages Qui nous font vieillir vite et nous changent en sages

Au sortir du berceau.

De tous les océans votre course a vu l'onde ,

Hëlas ! et vous feriez une ceinture au monde Du sillon du yaisseau.

Le soleil de yingt cieux a mûri votre vie.

Partout où vous mena votre inconstante envie ,

Jetant et ramassant , Pareil au laboureur qui re'colte et qui sème , Vous avez pris des lieux et laisse de vou£-même

Quelque chose en passant.

Tandis que votre ami , moins heureux et moins sage , Attendait des saisons T uniforme passage

Dans le même horizon ^ Et comme Tarbre vert qui de loin la dessine ,

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A sa porte effeuillant &es jours , prenait racine Au seuil de sa maison I

Vous êtes fatigué tant vous avez vu d'hommes ! Ënûn vous revenez , las de ce que nous sommes ,

Vous reposer en Dieu.

Triste , vous me contez vos courses infécosides , Et vos pieds ont mêle la poudre de trois mondes

Aux cendres de mon feu.

Or , maintenant , le cœur ]^n de choses profondes, Des ei^ans dans vds mains tenant les têtes blondes ,

Vous me pariez ici , Et vous me demandez , sollicitude amère !

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