‹ Les feuilles d'automne (volume 5)Chapitre 6 sur 30 · C.a«iM laiigor ah oiniii · texte numérisé non relu

C.a«iM laiigor ah oiniii

— Omo.—

DICTÉ Eir PRtf EfiCE DU OLACIEH DU RBOJiE.

Souvent, quand mon esprit, riche en métamorphoses? Flotte et roule endormi sur Tocean des choses , Dieu, foyer du vrai jour qui ne luit point aux yeux , Mysteneux soleil dont Famé est embrasse,

Le frappe d'un rayon, et, comme une rosëe, Le ramasse et I* enlève aux cieux.

Alors, nuage errant, ma haute poésie Vole capricieuse, et Sftns route choisie, De l'occident au sud , du nord à l'orient ; Et regarde, du haut des radieuses yoûtes.

Les cités de la terre , et , les dédaignant toutes , Leur jette son ombre en fuyant.

Puis, dans Tor du matin luisant comme une étoile, Tantôt elle y découpe une frange à son voile; Tantôt, comme un guerrier qui résonne en marchant, Elle frappe d'éclairs la forêt qui murmure;

d'automne. 65

Et tantôt en passant rougit sa noire armure Dans là fournaise du couchant.

Enfin sur un vieux mont, colosse à tête grise. Sur des Alpes de neige un vent jaloux la brise. Qu'importe! Suspendu sur l'abîme bëant, Le nuage se change en un glacier sublime , Et des mille fleurons qui he'rissent sa cime Fait une couronne au géant !

Gomme le haut cimier du mont inabordable , Alors il dresse au loin sa crête formidable.

L'arc-en-^iel vacillant joue k son flanc d'acier ^ Et, chaque soir, tandis que l'ombre en bas l'assiège ,

Le soleil y ruisselant en layes sur sa neige , Change en cratère le glacier.

Son front blanc dans la nuit semble une aube étemelle } Le chamois effare , dont le pied yaut une aile, L'aigle même le craint , sœnbre et silencieux^ La tempête à ses pieds tourbillonne et se traîne; Ti'œil ose à peine atteindre à sa &ce sereine , Tant il est avant dans les deux !

Et , seul à ces hauteurs , sans crainte et sans vertige , Mon esprit, de la terre oubliant le prestige, Voit le jour étoile , le ciel qui n'est plus bleu , Et contemple de près ces splendeurs sidérales

D AtrroMîfÊ.

Dont la nuit sème au loin ses sombres cathédrales, Jusqu'à ce qu'un rayon de Dieu

Le frappe de nouveau , le précipite , et change Les prismes du glacier en flots mêlés de fange; Alors il croule , alors , éveillant mille échos , Il retombe en torrent dans l'océan du monde , Chaos aveugle et sourd, mer immense et profonde Où se ressemblent tous les flots !

Au gré du divin soufiQe ainsi vont mes pensées , Dans un cercle étemel incessanunent poussées. Du terrestre océan dont les flots sont amers , Gomme sous un rayon monte une nue épaisse ,

Elles montent toujours vers le ciel , et sans cesse Redescendent des cieux aux mers.

Mai18S9.

D'hommes tu nous fais dieux.

Page 1