‹ Les feuilles d'automne (volume 5)Chapitre 9 sur 30 · I.ES FEUILLES · texte numérisé non relu

I.ES FEUILLES

Brillante ee mer cmnoie un fanal , Salueront le vent qui t'ttilève , Puis sommeilleront sur la grève Jusqu'à ton retour triomphal !

Ah ! soit qu'au port ton vaisseau dorme ,

Soit qu'il se livre sans efiroi

Aux haisers de la mer difforme

Qui hurle béante sous moi ,

De ta sërenitë sublime

Regarde parfois dans l'abîme

Avec des yeux de pleurs remplis ,

Ce point noir dans ton ciel limpide ,

Ce tourbillon sombre et rapide

Qui roule une voile en ses plis !

d'automate* 97

C'est mon tourbiUoQ , c'est ma voile ! C'est l'ouragan qui , furieux , ^ mesure éteint chaque étoile Qui se hasarde àass mes cieux !

C'est la tourmente qui m'emporte !

C'est la nuée ardente et forte Qui se joue avec moi dans l'air , Et , tour: oyant comme une roue , Fait étinceler sur ma proue Le glaive acéré de l'éclair!

Alors , d'un cœur tendre et fidèle, Ami , souviens-toi de l'ami

98 l'Es FEUILLES

Qui toujours poursuit à coups d'aile Le vent dans ta voile endormi I Songe que du sein de Forage Il t'a vu surgir au rivage Dans un triomphe universel , Et qu'alors il levait la tête , £t qu'il oubliait sa tempête Pour chanter l'azur de ton ciel !

Et si mon invisible monde Toujours k l'horizon me fuit y Si rien ne germe dans cette onde Que je laboure jour et nuit , Si mon navire de mystère Se brise à cette ingrate terre

d'automne. 99

Que cherchent mes yeux obstinés y Pleure , ami , mon ombre jalouse!

Colomb doit plaindre Lapeyrouse.

Tous deux cftaient prcfdestinés I

Juin 183a

JEstVMt iafelix.

Un jour au mont Atlas les collines jalouses

Dirent : — ^Vois nos prés verts , vois nos fraîches pelouses^

OÙ vient la jeune fille , errante en liberté , Chanter, rire et rêver après qu'elle a chanté; Nos pieds que Focéan baise en grondant à peine, Le sauvage océan ! notre tête sereine A qui Tété de flamme et la rosée en pleurs Font tant épanouir de couronnes de fleurs !

Mais toi , géant ! — d'oii vient que sur ta tête chauve Planent incessamment des aigles à l'oeil fauve ? Qui donc, c(»nmeunebranche où l'oiseau fait son nid, Courbe ta large épaule et ton dos de granit?

Pourquoi dans tes flancs noirs tant d'abîmes pleins d'ombre ? Quel orage étemel te bat d'un éclair sombre?

Qui t'a mis tant de neige et de rides au front? £t ce front, où jamais printemps ne souriront,

d'automne. 105

QuidonclecourbeainsiPquellesueurrinondc?... —

Atlas leur répondit : C'est que je porte un monde.

Avril 1830.

Yo coutra todos y todos contra jo.

—Romance oel Vieio Arias. ~-

DÉDAIS.

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