‹ Les feuilles d'érableChapitre 16 sur 33 · LE PALAIS DE (1LACE · texte numérisé non relu

LE PALAIS DE (1LACE

( )n ii fuit un palais avir des blues «le jjlaee.

Son portail est orné d’étranges frondaisons, léu'il, du haut de ses tours diaphanes, embrasse De ravissants aspects, d'immenses horizons.

Le nouveau palais a des reflets d emereude.

Il se rit «les assauts «pie lui livre le vent,

Et notre hiver n’a pas de bruine assez chaude IV air ternir son éclat radieux et mouvant.

Les Feuilles tV Erable

Le givre à ses flancs met de folles dentelures ; L’aurore de rubis étoile son cristal,

Et, lorsque le couchant rougit ses crénelures, L’on dirait le château d’un conte oriental.

Puis, la nuit, sous le feu des lampes électriques, Le monument se change en un fort de vermeil Dont chaque meurtrière — explosions féeriques ! — - Lancerait à l’éther des bribes de soleil.

De partout on vient voir la chose merveilleuse. Chacun s’émeut devant ce chef-d’œuvre inouï, Et la belle Créole, indolente et frileuse,

Ne peut en détacher son grand œil ébloui.

Mais il aura le sort des châteaux en Espagne. . . . Ses murs fondront avec la neige et le verglas,

Car tout près quelque folle enfant de la campagne Viendra, dans quelques jours, vous vendre des lilas.

IÆ CAKXAYAL

Les étrangers en foule accourent a la ville,

Attirés par l’éclat du prochain carnaval ;

Et, faisant taire enfin la politique vile,

Lu Hot de joie étrange envahit Montréal

<jui, depuis plus d’un mois, pris d’une ardeur fébrile.

Fait les préparatifs de son grand festival.

Le fleuve, en ce moment, avec fracas s’épanche, Délirant sous l’effort des glaçons effrénés ;

Les arbres, dont le front sous le verglas se penche, Tendent vers les passants leurs longs bras décharnés : Les vallons, aux abois, râlent sous l’avalanche,

Et la forêt se tord sous les vents déchaînés.

Mais, malgré l’ouragan hurlant sur les toitures, Malgré les tourbillons qui dérobent les cieux,

Les citadins, couverts de leurs chaudes fourrures, Se pressent en tous sens, follement anxieux ;

Et des squares, des quais, des trottoirs, des voitures Monte comme un concert de murmures joyeux.

Car c’est demain que va commencer une fête Qui durera huit jours, sans trêve et sans repos ;

Et la ville se hâte, et, narguant la tempête,

Met la dernière main aux grands arcs triomphaux Sous qui défileront, fiers et dressant la tête, D'innombrables piétons tout chargés de drapeaux.

Le ( 'amoral

La ville est dans l’attente, et la foule <|ui passe A l’air tout à la fois rieur et solennel ;

La ville est dans l’attente, et le palais de glace, Edifice inouï comme la tour Eiffel,

Profilant son sommet irisé dans l’espace, dette un rayonnement immense sur le ciel.

Enfin l’astre joyeux du carnaval se lève. . . .

() surprise ! la nuit a fait tomber le vent, L’ouragan vient de fuir ainsi qu’un mauvais rêve, Pt' soleil boréal, dérobé si souvent,

Lance dans l’éther vif des flamboiements de glaive Et plaque les clochers d’un reflet d’or mouvant.

Une procession d’équipages féeriques Défile tout à coup pour donner le signal Des divertissements bruyants et chimériques qfui commencent avec le rayon matinal. . . . Alors des coups de feu, des bravos homériques Acclament les hérauts d armes du carnaval.

Les Feuilles <l’ h’rable

De tous côtés bientôt résonne la fanfare Des trompette, s mêlant leurs sonores frissons Aux loiiLfs hennissements du choval qui s’effare fit (|Ui piaffe parmi la riei <r« î et les plaçons; lit sur les couderas rayonnant comme un phare •Se croisent îles éclats «h; rire et des chansons.

De souples raquetteurs, chantant à ror»v pleine, Passent deux h deux, fiers comme des fantassins, Portant des justaucorps, des ceintures de laine, Des bonnets phrygiens, de légers mocassins : lin folle ribambelle ils volent vers la plaine, •(Iriblés par les éclairs de beaux yeux assassins.

Sur le flanc des coteaux et des montagnes russes, {douchés sur leurs traîneaux aux lisses d’acier clair, Poussant <les cris perçants, de vrais cris de, Borusses, D’impétueux enfants fondent sans fin dans Pair, Pendant que sur ht, f'Iace, à l'éclat plein d’astuces, L’âpre patineur glisse et fuit comme l’éclair.

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